Course à pied : risque de taille fine ou visage stressé ?

Course à pied : risque de taille fine ou visage stressé ?

Une nouvelle tendance sur les réseaux sociaux concernant l’exercice physique soulève des inquiétudes quant à la manière dont les jeunes femmes néo-zélandaises perçoivent l’activité sportive. Des termes tels que « taille de coureur » et « visage de cortisol » ont été mis en avant par l’organisation à but non lucratif ExerciseNZ, qui dénonce une manipulation des craintes liées à l’apparence pour détourner ces jeunes femmes des salles de sport.

Ces tendances, non soutenues par des données scientifiques, affirment que l’exercice régulier entraîne une apparence plus large et plus « volumineuse ». Richard Beddie, directeur général d’ExerciseNZ, déplore ces croyances qui viennent remettre en question des décennies d’efforts visant à promouvoir une image positive de l’activité physique.

« La santé et le bien-être mental sont les principales motivations pour faire de l’exercice. Or, ces nouvelles tendances sur les réseaux sociaux vont à l’encontre de cette logique, souvent véhiculées par des influenceurs peu ou pas formés dans le domaine de la santé », précise-t-il.

Le mythe de la « taille de coureur » suggère que la course à pied élargit la taille, en raison de l’activation des muscles obliques. Cependant, une étude scientifique publiée par Healthline démontre que la course améliore l’endurance et la santé cardiovasculaire sans engendrer une hypertrophie musculaire significative, rendant cette idée physiquement peu plausible.

Concernant le « visage de cortisol », il est avancé que l’exercice pourrait entraîner des gonflements faciaux à cause de niveaux de stress augmentés. Néanmoins, des experts médicaux de l’Ohio State Wexner Medical Centre mettent en avant que ce n’est pas une condition reconnue. « Les stress quotidiens n’induisent pas les transformations faciales spectaculaires décrites sur TikTok et Instagram », affirme Beddie.

Un autre mythe réside dans l’idée que l’haltérophilie conduit à une musculature excessive. Richard Beddie souligne qu’acquérir une masse musculaire conséquente nécessite des années d’entraînement et de nutrition soigneusement gérées, sans oublier des facteurs génétiques.

Richard Beddie, directeur général d'ExerciseNZ
Richard Beddie, directeur général d’ExerciseNZ

Beddie exprime sa préoccupation non quant aux tendances elles-mêmes, mais sur la manière dont ces dernières influencent l’image corporelle des jeunes femmes. « Nous sommes passés de la célébration des capacités de notre corps à une préoccupation quant à l’adéquation de notre taille ou de notre visage aux dernières tendances TikTok. C’est un recul », explique-t-il.

Il souligne que des activités bénéfiques pour la santé, telles que l’exercice régulier et l’haltérophilie, sont injustement critiquées. « L’exercice ne devrait pas être une course à la tendance suprême sur les réseaux sociaux, mais plutôt un moyen d’améliorer la santé, de renforcer la confiance en soi et de s’assurer une vie longue et en santé. Cela ne devrait jamais être mis en question par une mode passagère », conclut-il. « Votre corps n’est pas une mode. »

Points importants à retenir

  • Les nouvelles tendances sur les réseaux sociaux peuvent avoir un impact négatif sur l’image corporelle des jeunes femmes.
  • Des termes comme « taille de coureur » et « visage de cortisol » sont souvent dénués de fondements scientifiques.
  • La course améliore l’endurance sans entraîner d’augmentation significative de la taille abdominale.
  • Les changements faciaux dramatiques évoqués dans ces tendances ne sont pas fondés sur des preuves médicales reconnues.
  • Pour développer une masse musculaire, un processus rigoureux et temps est nécessaire, contrairement aux idées reçues.

Face à cette réalité, je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi certaines idéologies prennent le pas sur les vérités scientifiques. Pourquoi est-il aussi difficile de se concentrer sur les vrai bienfaits de l’exercice, tels que la santé physique et mentale, alors que la société semble constamment redéfinir les standards de la beauté ? La promotion d’une image corporelle positive ne devrait-elle pas primer sur les discours sensationnalistes des réseaux sociaux ? Je crois qu’il est essentiel de nicher un retour à l’authenticité, pour nous-mêmes et les générations futures.



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