Lorsqu’on traverse la maison du cantor au Kirchberg en compagnie d’Elmar Belthle, on comprend rapidement que pour ce Sigmaringois de 71 ans, ce bâtiment est bien plus qu’une simple construction ancienne en bois. Il évoque l’histoire de sa ville avec passion et émotion.
“J’ai travaillé pendant 40 ans à la Südwestbank, juste à côté de la maison du cantor. Cet endroit m’a toujours fasciné”, confie Belthle. Le dimanche 16 août, il guidera les visiteurs à travers cette maison, les plongeant dans un voyage qui remonte à plus de 550 ans.
Des poutres séculaires
Également connue sous le nom de “Dorn’sches Häusle” parmi les Sigmaringois plus âgés, la maison du cantor a été construite en 1464 dans le style traditionnel alémanique. Elle fait partie des plus anciens édifices encore debout dans la ville, bien qu’il soit difficile de dire si elle est réellement la plus ancienne. La structure a été entièrement réalisée en chêne, et ses solides poutres ont su résister à l’épreuve du temps et aux nombreuses transformations.
La Bohlenstube, une pièce particulière de la maison, était jadis un espace de vie chaleureux, protégé. Ses murs sont formés de grandes planches en bois placées horizontalement, et un poêle permettait de chauffer l’endroit. “La conception de la maison du cantor témoigne encore aujourd’hui de la manière de vivre et de bâtir d’il y a plus de 550 ans”, souligne Belthle.
La maison du cantor construite au XVe siècle, avec une Bohlenstube notoire.
Le bâtiment a lui-même une histoire façonnée par les événements. Après la guerre de Trente Ans, il a subi plusieurs modifications et a été rénové en 1649, 1690 et 1760. En 1787, il est acquis par le cantor Anton Stocker, ce qui lui a valu son appellation actuelle. En 1856, il devient propriété de Jakob Dorn, un comptable de la ville, et se voit également surnommé “Dorn’sches Haus”.
Sauvetage par l’architecte Stegmaier
En 1929, la paroisse St. Johann rachète le bâtiment. À l’étage, la Congrégation des Vierges y tient ses réunions, et le lieu accueille également la bibliothèque Borromäus. Pendant l’ère nazie, l’éducation religieuse y est également dispensée.
Après la Seconde Guerre mondiale, la paroisse vend le lieu à la famille Gauggel, qui y ouvre un magasin de meubles et d’articles pour enfants. Beaucoup de Sigmaringois se remémorent l’imposante vitrine avec poussettes au premier étage.
Aujourd’hui, grâce à l’architecte Roland Stegmaier, la maison du cantor a retrouvé toute sa splendeur. En 2016, il a acheté le bâtiment et l’a restauré avec soin pour le ramener à son état d’origine. “J’admire profondément Roland Stegmaier. C’est incroyable ce qu’il a réalisé avec cette maison”, affirme Belthle.
Un lieu vivant pour la jeunesse
Le processus de restauration n’a pas effacé toutes les traces du temps. Des marques d’âge sont visibles, car tout n’a pas été rénové à la perfection. “Je ne vais pas nettoyer le grenier pour les visites. Je veux qu’il conserve son aspect d’époque”, sourit Belthle.
La maison est aujourd’hui un espace vivant. Après sa restauration, les jeunes de St. Johann y ont établi leur “Katholisch Offener Treff”, un lieu de rencontre pour les jeunes. Ainsi, un bâtiment datant de 1464 demeure, après plus de cinq siècles, un lieu de rassemblement pour la jeunesse.
Ceux qui souhaitent vivre cette histoire peuvent le faire le dimanche 16 août, avec des visites guidées par Elmar Belthle toutes les heures, de 10 à 13 heures, à partir du parvis de la maison.
Points importants à retenir
- La maison du cantor a été construite en 1464 et représente un exemple précieux de l’architecture alémanique.
- Le bâtiment a connu de multiples transformations au cours des siècles, notamment après la guerre de Trente Ans.
- Roland Stegmaier a joué un rôle clé dans sa restauration récente, redonnant vie à cette structure historique.
- Le lieu est devenu un centre de rencontre pour les jeunes de la communauté, illustrant sa fonction sociale continue.
En tant que voyageuse passionnée par l’histoire et la culture des lieux, je trouve fascinant de voir comment un bâtiment peut traverser les âges tout en restant pertinent. C’est un rappel que chaque pierre parle, et que chaque espace peut devenir un point de ralliement pour les générations. J’invite chacun à explorer ces trésors architecturaux, car ils sont des témoins vivants de notre passé.





