WestJet règle une action collective pour harcèlement sexuel des agents de bord

WestJet règle une action collective pour harcèlement sexuel des agents de bord

WestJet : Un Accord sur les Allégations de Harcèlement Sexuel

La compagnie aérienne canadienne WestJet a accepté de verser 4,5 millions de dollars canadiens (environ 2,4 millions de livres) pour clore une action collective concernant le harcèlement sexuel intentée par ses hôtesses de l’air. Celles-ci avaient dénoncé l’absence de mesures adéquates de sécurité au travail.

Cette procédure a été provoquée par des allégations de Mandalena Lewis, une ancienne hôtesse de l’air, qui a déclaré qu’un pilote l’avait agressée sexuellement, elle et une collègue. Malgré cela, WestJet avait maintenu ce pilote en activité, exposant ainsi d’autres employés à des risques.

Un juge de la Colombie-Britannique a approuvé les termes de l’accord lundi, finalisé le 22 juin, après plusieurs mois de négociations. La somme sera répartie entre les 3 452 hôtesses de l’air concernées, après déduction des frais, y compris les honoraires d’avocat.

WestJet s’est engagé à faire appel à un tiers pour mener une enquête sur le milieu de travail, afin d’examiner la prévalence du harcèlement, l’ampleur de la sous-déclaration et l’efficacité des systèmes de signalement.

Cependant, l’accord n’inclut pas la formation obligatoire sur le harcèlement pour les pilotes, ni une reconnaissance de faute de la part de l’entreprise, bien que ces demandes aient été formulées dans le cadre de la plainte.

Mandalena Lewis avait introduit l’action collective en avril 2016. Elle s’est dite déçue par les résultats, surtout en tenant compte qu’il y a deux ans, WestJet avait déboursé 12,5 millions de dollars dans une autre affaire liée à des frais de bagages, soit près de trois fois le montant de l’accord sur le harcèlement.

« Je suis soulagée que ce soit fini… mais je suis épuisée. Je secoue la tête », a-t-elle déclaré, notant que le montant était celui qui pouvait être obtenu, les frais juridiques étant très élevés.

Conformément à la loi de la Colombie-Britannique, l’action incluait toutes les hôtesses de l’air ayant travaillé pour la compagnie entre le 4 avril 2014 et le 28 février 2021. La plainte soutenait que toutes avaient vu leurs contrats violés en raison d’une promesse de l’entreprise de maintenir un environnement de travail exempt de harcèlement.

Lewis a relaté avoir été agressée par un pilote WestJet lors d’une escale à Hawaï en 2010, alors qu’elle avait 25 ans. Dans les documents judiciaires, elle indique que le même pilote avait également agressé une autre hôtesse en 2008.

Bien qu’elle ait signalé l’agression à WestJet, le pilote est resté en poste et Lewis a finalement été licenciée en 2016 pour « insubordination grossière », une décision que ses avocats estiment constituer une représaille après avoir tenté d’exiger des comptes à la compagnie.

Elle a abandonné sa poursuite individuelle pour créer l’action collective, ayant appris que d’autres hôtesses avaient également vécu des situations similaires.

Lewis a aussi signalé l’agression à la police de Maui, mais accuse WestJet d’avoir déplacé le pilote pour éviter qu’il ne soit interrogé à Hawaï.

Des membres de l’action collective ont exprimé leur déception quant à l’issue de cette affaire. Huit d’entre eux avaient demandé à la cour suprême de la province de ne pas approuver l’accord, dénonçant un montant insuffisant et l’absence de prise de responsabilité de la part de l’entreprise.

« Nous n’avons pas obtenu justice ici », a souligné Lewis.

Cette affaire a suscité une attention nationale, faisant émerger des comportements inacceptables de la part de pilotes à l’égard des hôtesses de l’air, ainsi que la vulnérabilité de ces jeunes femmes, souvent la cible lors de ce type de profession.

Un sondage mené en 2018 auprès de plus de 3 500 hôtesses par l’Association des Hôtesses de l’Air des États-Unis a révélé que 68 % avaient été confrontées au harcèlement sexuel au cours de leur carrière, alors que seulement 7 % avaient signalé un incident à leur employeur.

Dans une déclaration, WestJet a affirmé être « satisfaite d’avoir atteint un accord mutuellement convenu » et a réitéré son engagement pour le renforcement de ses opérations et la sécurité de tous ses employés.

Points importants à retenir

  • WestJet a accepté de verser 4,5 millions de dollars canadiens pour régler un litige de harcèlement sexuel.
  • Les allégations concernent des comportements inappropriés d’un pilote à l’encontre d’hôtesses de l’air.
  • Une enquête indépendante sera réalisée pour examiner le harcèlement au sein de la compagnie.
  • Aucune formation obligatoire sur le harcèlement n’a été intégrée dans l’accord.
  • Le sentiment de déception est présent parmi les plaignantes concernant l’issue de ce procès.

En tant que voyageuse et observatrice des dynamiques professionnelles, cet événement me pousse à réfléchir aux réservoirs de résilience et de solidarité qui se tissent entre les femmes dans un univers où leur sécurité est souvent remise en question. Le combat pour un environnement de travail respectueux et sûr devrait nous unifier, au-delà des frontières et des priorités individuelles. Comment, ensemble, pouvons-nous garantir que ces voix soient non seulement entendues, mais aussi respectées et protégées ?



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