Tempête Leonardo frappe la Giralda !

Tempête Leonardo frappe la Giralda !

Cette nuit, de violents vents supérieurs à 70 kilomètres par heure, causés par la tempête Leonardo, ont entraîné la chute d’une des quatre azucenas qui surplombent le campanile de la Giralda à Séville. Ce matin, à 6h15, une structure en pierre et bronze pesant environ 120 kilos s’est détachée d’une hauteur de 69 mètres, heureusement sans blesser personne. Après une inspection technique, le conseil de la cathédrale a décidé d’ouvrir la tour aux visiteurs tout en maintenant un périmètre de sécurité.

Selon l’architecte conservateur de la cathédrale, Miguel Ángel López, l’incident a été causé par un défaut caché, indétectable lors des contrôles habituels. Cette azucena faisait partie d’un ensemble de quatre sphères en pierre, qui soutiennent une cloche de la même matière datant du XVIe siècle et qui est surmontée d’une sphère appelée eolípila, autrefois utilisée pour des éléments pyrotechniques. En 1980, les azucenas métalliques initiales ont été remplacées par des versions en bronze plus résistantes à la corrosion. Ce matin, ce qui est tombé représente l’une de ces eolípilas et les azucenas pesaient ensemble 120 kilos pour une hauteur de 3,85 mètres.

López a précisé que le problème devait être vu à l’intérieur de la structure sur laquelle repose l’élément tombé. Ce défaut n’a pas pu être détecté par les inspections régulières menées dans le cadre du plan de conservation préventive de la cathédrale. Ce plan comprend quatre inspections annuelles, dont trois sont visuelles et permettent de repérer des variations notables, ainsi qu’une quatrième, juste avant Pâques, qui se concentre sur des éléments potentiellement dangereux.

Quelques Sévillans passant près de la cathédrale, observant le périmètre de sécurité, n’ont pas manqué de faire des commentaires humoristiques, notant que “la Giralda a survécu au tremblement de terre de Lisbonne, mais Leonardo a eu raison d’elle”, en référence au séisme dévastateur de 1755.

Croquis de la structure de la Giralda qui s'est effondrée.
Croquis de la structure de la Giralda touchée par le vent. CABILDO DE SEVILLA

José Miguel Puerta Víchez, expert en culture andalouse et professeur d’Histoire de l’Art, a exprimé son étonnement face à cet incident, soulignant la nécessité d’un contrôle rigoureux des éléments pouvant présenter un risque, surtout avec des vents de cette intensité qui se reproduiront à l’avenir. Il a également mis en avant le professionnalisme des équipes travaillant sur la cathédrale.

Pour sa part, José Manuel Baena, président d’une association de défense du patrimoine, a mis en question les mesures de prévention, arguant qu’il est essentiel que les décisions concernant un patrimoine mondial bénéficient d’une supervision adéquate.

Le groupe technique de la cathédrale a effectué une inspection visuelle des autres éléments de la Giralda. Les experts ont ensuite recommandé l’ouverture de la tour almohade, un monument emblématique de Séville. La décision a été prise en concertation avec le conseil, sans nécessiter l’approbation de la municipalité, en vue d’assurer la sécurité publique. Un contrôle plus approfondi sera réalisé ultérieurement pour évaluer tout risque potentiel.

Ce jeudi, alors que le vent a balayé la pluie laissée par Leonardo, les touristes ont levé les yeux vers la Giralda, mais leur attention a été attirée par la perte des azucenas. Magda Logan, une écossaise retraitée, a évoqué la difficulté de son voyage à cause des conditions météorologiques, faisant remarquer que “la pluie à Séville n’est pas une merveille”.

Bien que peu en aient conscience, l’ensemble des azucenas est emblématique pour la ville. En effet, la Giralda, accompagnée des azucenas, en est le symbole même. L’azucena tombée est intégrée dans un chantier de restauration prévu. Suite à cet incident, les techniciens envisagent d’accélérer certains travaux et de démonter les azucenas restantes dès que les conditions le permettront.

Points importants à retenir

  • Les vents violents causés par la tempête Leonardo ont conduit à la chute d’une azucena de la Giralda.
  • Aucune victime n’a été signalée, et un périmètre de sécurité a été établi.
  • Un essai d’inspection des composants de la tour a été fait après l’incident, renvoyant à un plan de conservation en place.
  • Des experts, tout en saluant le travail de l’équipe technique, ont soulevé des questions sur les mesures de prévention actuelles.
  • La restauration de la Giralda, commencée en 2017, semble nécessiter une réévaluation à la lumière de cet incident.

À travers cette affaire, je me rends compte de l’importance de la préservation de notre patrimoine. Chaque élément architectonique raconte une histoire et soulève une multitude de questions sur notre capacité à les protéger face aux éléments naturels. Cela me pousse à réfléchir sur la résilience de nos monuments historiques, non seulement en tant que témoins du passé, mais aussi en tant que symboles de notre avenir commun.



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