Pourquoi des trains plus rapides incitent aux trajets plus longs

Pourquoi des trains plus rapides incitent aux trajets plus longs

Peu importe le mode de transport ou le lieu de résidence, il s’avère que la plupart d’entre nous passent approximativement le même temps en trajet vers le travail.

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Longtemps soupçonnée et parfois contestée, une nouvelle étude portant sur les trajets de travail dans 43 pays révèle une tendance marquée vers un temps de trajet quotidien d’environ 78 minutes (1,3 heures), quel que soit le mode de transport utilisé.

Que ce soit en voiture, en bus, tramway, train, à pied ou à vélo, l’étude menée par l’ICTA-UAB et l’Université McGill au Canada démontre que cette règle des 1,3 heures se vérifie. Ainsi, des trajets de 30 à 50 minutes aller semblent être la norme pour bon nombre d’entre nous.

Cette observation est intéressante, car elle a des répercussions pour les urbanistes et les politiques de transport.

Si un trajet en train peut être plus rapide, cela pourrait inciter les gens à s’installer plus loin de leur lieu de travail, tant que le temps de trajet moyen ne dépasse pas ce chiffre magique.

En d’autres termes, l’étude révèle que lorsque les chemins de fer s’accélèrent, les usagers n’utilisent pas le temps économisé pour se détendre chez eux, mais pour aller encore plus loin.

Ainsi, s’il était possible de construire des logements aux abords de Londres, il serait judicieux d’opter pour une densification dans des zones qui offriraient des liaisons de transport respectant la zone de préférence des 1,3 heures.

Cela pourrait également encourager la priorisation de l’amélioration des transports afin de créer de meilleures services dans des zones actuellement sous-développées pour le logement, tant que ces améliorations rapprochent ces zones de la zone commuter préférée.

On pourrait même en déduire que la mise en place de services de train rapides, par le biais de modernisations de lignes pour permettre des trains non-stop, pourrait offrir des opportunités de développement bien au-delà du centre de Londres. Par exemple, un usager d’Est Croydon peut rejoindre London Bridge plus rapidement qu’une personne vivant plus près, grâce aux services non-stop disponibles à Est Croydon.

Cependant, Est Croydon est déjà très développé, mais d’autres zones pourraient offrir des occasions de développement si les temps de trajet pouvaient être réduits à une zone viable.

Évidemment, cela soulève la question de Crossrail 2, qui traversera de nombreuses zones faiblement densifiées et des terrains ouverts en périphérie de Londres, et qui pourrait convenir à des projets de logements plus denses, de manière similaire à la ligne Elizabeth.

Comme le rapporte l’étude, les implications d’une préférence commune pour un temps de trajet sont frappantes. De grandes améliorations ferroviaires ne réduiront pas les heures de commutation. Au contraire, elles renforceront l’attraction de la ville dans la région, ouvrant de nouveaux marchés immobiliers et permettant aux gens de commuter depuis des distances de 30, 50, voire 80 kilomètres au-delà des limites actuelles sans allonger leur temps de trajet porte à porte.

Améliorez les voies ferrées, et le secteur des navetteurs s’étend.

Il ne s’agit pas seulement de voyage vers Londres, car des témoignages anecdotiques montrent que le sens inverse peut également se produire. Certaines personnes choisissent de vivre suffisamment près de Londres pour bénéficier de sa culture, mais effectuent le trajet vers l’extérieur pour le travail si le voyage est fiable.

Au final, les améliorations ferroviaires redéfinissent la géographie. Elles ne raccourcissent pas les temps de trajet, mais redessinent la carte des endroits où il est possible de vivre tout en parvenant au travail à l’heure.

Points importants à retenir

  • L’étude couvre 43 pays, confirmant la tendance des trajets d’environ 78 minutes.
  • Des trajets de 30 à 50 minutes sont perçus comme idéaux pour les navetteurs.
  • Les améliorations du transport pourraient inciter à développer des zones sub-urbaines.
  • La mise en place de trains non-stop peut ouvrir des opportunités de logement éloigné.
  • Le projet Crossrail 2 pourrait transformer des zones peu densifiées en espaces résidentiels attractifs.

En tant que voyageuse, je me demande comment ces dynamiques d’urbanisation influencent notre rapport à l’espace et à la mobilité. La question qui se pose à moi est : jusqu’où serions-nous prêts à aller pour bénéficier d’un équilibre entre le lieu de vie et le travail, tout en préservant notre qualité de vie ? Avoir une vision plus large sur le logement et les transports, c’est également redéfinir notre cadre de vie quotidien, et c’est un véritable enjeu pour les années à venir.



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