Machu Picchu : Conflits Localisés et Défis de Transport
Machu Picchu, vestiges d’une cité inca du XVème siècle, est le site touristique le plus prisé du Pérou et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Toutefois, un conflit persistant concernant les bus qui transportent les visiteurs vers ce site majestueux a récemment conduit à l’évacuation de 1 400 touristes.
Cristian Alberto Caballero Chacón, responsable des opérations de la société de bus Consettur, transporte quotidiennement environ 4 500 personnes depuis Aguas Calientes vers Machu Picchu depuis 30 ans. Le trajet, qui prend 20 minutes, est le seul moyen d’accéder au site sans marcher pendant deux heures sur un sentier ardu.
Ces derniers mois, des tensions sont apparues entre diverses communautés locales. Ce conflit repose sur la perte par Consettur de son contrat au profit d’une entreprise concurrente dans cette région reculée, où l’accès se fait principalement par les transports publics.
Pour atteindre Machu Picchu sans marcher, les touristes doivent d’abord prendre un train depuis Aguas Calientes, ce qui peut prendre entre deux et trois heures, puis transférer à un bus pour le dernier tronçon.
En septembre, des manifestants mécontents de la manière dont le marché des bus a été attribué ont bloqué la ligne de chemin de fer avec des pierres. Cela a entraîné l’évacuation des touristes par des trains spéciaux gérés par les autorités péruviennes. De nombreux habitants ont exprimé des réticences à témoigner, mais rapportent que les protestations sont nées d’un mécontentement face à la position monopolistique qu’occupait Consettur.
Malgré l’expiration de sa licence, Consettur continue de faire fonctionner ses bus en attendant la résolution des différends judiciaires concernant la nouvelle société, San Antonio de Torontoy. Selon le responsable de Consettur, cette entreprise est constituée de 12 sociétés partenaires, dont l’une est le conseil municipal local, détenant 38 % de la société.
A Aguas Calientes, les visiteurs comme Annalise Jaksic font part de leurs préoccupations vis-à-vis des prix des billets de train, en disant qu’ils ne s’attendaient pas à devoir payer autant pour le transport jusqu’à Machu Picchu, pensant que le billet incluait tout. De plus, le maire d’Aguas Calientes, Elvis La Torre, a mentionné que seulement 10 % des recettes des tickets restent dans la région, le reste étant destiné au Ministère de la Culture pour d’autres sites archéologiques.
Les préoccupations locales sont complétées par les défis liés à l’absence de services de base comme l’eau courante dans certaines communautés. Carlos González, président de la chambre de tourisme de la région, pousse pour une prise en charge complète des transports publics par l’État, souhaitant une amélioration de l’expérience touristique à Machu Picchu avec des zones spécifiques pour différents types de visiteurs.
Points importants à retenir
- Machu Picchu est un site UNESCO, attirant plus de 1,6 million de touristes par an.
- Les bus sont le seul moyen d’accéder facilement à Machu Picchu sans marcher pendant deux heures.
- Les tensions entre communautés locales concernent principalement les contrats de transport.
- Un tarif de transport de deux à trois heures peut varier jusqu’à 2000 $ pour le luxueux.
- Seulement 10 % des revenus des billets restent à Aguas Calientes, renforçant le besoin de développement local.
En tant que voyageuse, je remarque combien le défi de concilier tourisme et développement local est crucial. Les ruines d’un passé glorieux doivent non seulement être préservées, mais aussi permettre aux communautés environnantes de prospérer. Comment pouvons-nous soutenir une approche équilibrée qui profite à la fois aux visiteurs et aux habitants ? C’est une question que nous devrions tous nous poser avant de pousser les portes de ces merveilles du monde.





