Plus de 2000 patients par médecin. Parmi les territoires les plus touchés dans la région de Comas concernant les médecins généralistes, on trouve l’Erbese, qui doit gérer une population de 73 000 habitants répartis sur 29 communes, dont environ 26 000 sont des patients souffrant de maladies chroniques. D’après les statistiques de l’ASST Lariana, la situation est décrite comme critique, voire pire que celle du Haut Lac, une autre zone de notre province déjà en difficulté depuis un certain temps.
Actuellement, les 35 médecins généralistes en service dans l’Erbese, dont six pédiatres, doivent faire face à un nombre élevé de patients, sans nouvel arrivant pour assurer la relève. L’âge moyen de ces médecins étant relativement élevé, environ un sur quatre est sur le point de prendre sa retraite d’ici cinq ans. Parallèlement, la population âgée, nécessitant un suivi parfois complexe, continue de croître.
Depuis septembre, un accord au niveau national impose à tous les médecins généralistes de consacrer un certain nombre d’heures par semaine aux maisons de communauté, y compris celle de Ponte Lambro. Le gouvernement et les représentants des médecins ont décidé que ce serait jusqu’à six heures par semaine. Cependant, selon les projections de l’ASST Lariana, cela se traduit par un engagement moyen de six heures par mois, représentant deux ou trois tours pour chaque médecin. Ainsi, dans l’Erbese, un peu plus de 200 heures de service sont couvertes par les médecins de famille dans ces maisons communautaires. Il s’agit d’un service complémentaire dont les missions restent encore à préciser, notamment pour l’orientation des patients fragiles et la vaccination, si les 235 médecins restants parviennent à répondre à ces nouvelles exigences tout en gérant leur forte charge de travail actuelle.
« Historiquement, Erba et ses environs souffrent d’un manque de médecins généralistes, » explique Enrico Giuseppe Rivolta, médecin de famille et ancien membre du conseil de l’Ordre des médecins de Como, qui a pris sa retraite en juillet. Lors d’un événement qu’il a organisé récemment pour saluer ses amis et ses patients, il a appelé les forces civiques à créer un comité visant à renforcer les soins de santé locaux. Selon lui, il est essentiel de rassembler des ressources, des représentants et des financements pour soutenir la médecine de base afin d’éviter sa disparition. Les hôpitaux et les maisons de santé ne suffisent pas. Les médecins généralistes ont besoin de soutien, d’incitations, de cabinets partagés, et la municipalité doit également s’engager à créer un environnement propice afin d’attirer de jeunes médecins dans notre région. Cela pourrait se traduire par la mise à disposition de salles pour des consultations, avec des frais partagés afin de réduire les coûts fixes, particulièrement lourds pour les jeunes médecins récemment formés.
Points importants à retenir
- Population de 73 000 habitants dans l’Erbese, dont un nombre significatif de patients chroniques.
- 35 médecins généralistes en activité, dont six pédiatres.
- La majorité des médecins approchent de la retraite.
- Accord national sur l’implication des médecins dans les maisons de santé, mais engagements limités à quelques heures par mois.
- Appel à la création d’un comité pour renforcer la médecine locale et attirer de nouveaux praticiens.
Alors que le système de santé s’élève en défi permanent, je ne peux m’empêcher de réfléchir à l’urgence d’agir. La situation est critique et nous devons nous demander quel avenir nous réservons à notre santé collective. Quelles solutions pour un système en détresse peuvent être mises en œuvre pour assurer un accès équitable aux soins pour tous ? Les discussions autour de ce sujet doivent s’intensifier, car la santé d’une communauté repose sur sa capacité à maintenir une médecine de proximité.





