TfL et GLA : 20 milliards de dettes en tête des collectivités britanniques

TfL et GLA : 20 milliards de dettes en tête des collectivités britanniques

Transport for London (TfL) s’est révélée être l’autorité locale la plus endettée du Royaume-Uni l’année dernière, selon une analyse récente de la TaxPayers’ Alliance (TPA). La dette de cette entité de transport s’élève à près de 14 milliards de livres sterling, représentant une part significative des 155 milliards de livres sterling de dettes totales des autorités locales au Royaume-Uni.

Les responsables de TfL expliquent que cette dette, d’un montant actuel de 13,9 milliards de livres, est le résultat d’un emprunt destiné à financer divers projets de transformation du réseau, tels que la modernisation des stations de métro, l’amélioration de l’accessibilité, la mise à niveau des systèmes de signalisation et le renouvellement des rames sur la ligne DLR et la Piccadilly.

Ils ont également souligné qu’au cours des trois dernières années, TfL a généré un excédent d’exploitation.

Le financement de TfL provient d’un mélange de subventions du gouvernement central et local, ainsi que des recettes des voyageurs et des charges de conformité sur le réseau routier, comme la Congestion Charge et l’ULEZ.

Sadiq Khan (London Assembly)

Sadiq Khan (London Assembly)

Malgré le réinvestissement des revenus dans des projets d’envergure, TfL fait face à une baisse du nombre de voyageurs qui peine à retrouver son niveau d’avant la pandémie, ainsi qu’à des problèmes d’évasion tarifaire et de recouvrement des amendes.

Le Greater London Authority (GLA) se trouve en seconde position dans ce classement de la dette, avec 4,7 milliards de livres. Ses responsables estiment que ce niveau d’emprunt a permis la réalisation de projets comme la ligne Elizabeth et l’extension de la Northern Line.

Dans l’ensemble, les entités du GLA détenaient 20,1 milliards de livres de dettes en 2025-26, un record parmi les catégories d’autorités locales.

Benjamin Elks, responsable du développement communautaire à la TaxPayers’ Alliance, a déclaré : “Les Londoniens seront choqués d’apprendre que les organismes du GLA accumulent plus de 20 milliards de livres de dettes, dont 14 milliards pour TfL seul. Sous la surveillance du maire, les contribuables et les usagers des transports sont exposés à un fardeau de dettes, tandis que la performance des transports reste source de frustration. Sadiq Khan doit prendre en main les finances de la mairie, réduire la dette de TfL et abandonner cette approche de vache à lait envers les Londoniens.”

Plus d’un tiers de la dette de TfL et du GLA provient d’emprunts réalisés auprès du Public Works Loan Board (PWLB) pour l’achat de biens immobiliers, pratique qui a été largement interdite en 2020 sous le précédent gouvernement. Cela a mis de nombreuses autorités locales dans une position délicate, car la valeur de ces actifs est parfois tombée en dessous du montant d’emprunt initial, tout en continuant à rembourser le total versé avec intérêts.

Avec les nouvelles règles, les autorités doivent prouver qu’elles n’ont pas l’intention d’emprunter principalement pour générer des profits à travers l’achat de biens ou d’autres actifs.

Un porte-parole de TfL a précisé : “L’emprunt a été, et reste, une source importante de financement pour Transport for London, soutenant notre programme d’investissement qui bénéficie non seulement à la ville, mais aussi au Royaume-Uni grâce à notre vaste chaîne d’approvisionnement.”

Ainsi, tout emprunt supplémentaire est conforme à des limites prudentes autorisées par notre conseil, dans le respect de nos propres capacités financières. L’emprunt est exclusivement destiné à des dépenses d’investissement, et pour les trois dernières années, TfL a affiché un excédent d’exploitation, ce qui signifie que nos revenus couvrent les coûts d’exploitation tout en participant au financement des renouvellements et des projets d’investissement. Chaque excédent est ensuite réinvesti dans des améliorations capitales, réduisant ainsi le besoin d’emprunts additionnels.

Un responsable du GLA a ajouté : “La possibilité d’emprunter a permis au GLA et à TfL de réaliser de grandes choses pour Londres, comme la ligne Elizabeth et l’extension de la Northern Line – deux projets d’infrastructure majeurs qui ont créé de l’emploi et contribué à la croissance de Londres et au-delà.”

Que signifie un tel niveau de dette ?

Les autorités locales empruntent souvent de grosses sommes pour financer d’importants projets, mais elles doivent s’assurer qu’elles ne s’engagent qu’à hauteur de leurs capacités de remboursement. Dans le cas du GLA, la loi sur le gouvernement local précise que le maire est en charge de déterminer le montant que l’autorité et ses organismes fonctionnels comme TfL peuvent se permettre d’emprunter.

Le principal risque associé à une dette élevée réside dans le fait que le service de cette dette – c’est-à-dire le remboursement des intérêts et la restitution du capital – peut absorber des fonds indispensables au fonctionnement des services. Plusieurs autorités locales en Angleterre, dont Croydon, ont déclaré une forme de faillite (Section 114) ces dernières années en raison de cette situation. Bien qu’une autorité locale ne puisse pas vraiment faire faillite, un avis de Section 114 annonce que les revenus de l’année à venir ne couvriront pas les dépenses prévues.

Il n’y a cependant aucune indication que TfL ou le GLA soient proches d’émettre de tels avis, mais plus leur dette est élevée, plus l’argent des contribuables est utilisé pour son remboursement, au lieu de financer des services essentiels.

Points importants à retenir

  • TfL est la plus endettée des autorités locales britanniques avec près de 14 milliards de livres.
  • La dette est principalement due à des projets d’infrastructure et d’amélioration du service.
  • TfL a généré un excédent d’exploitation depuis trois ans.
  • Le GLA accumule également une dette significative, mais assure que cela a permis des avancées comme la ligne Elizabeth.
  • La gestion de cette dette pourrait entraver les finances des services publics si aucune mesure n’est prise.

Il est crucial de rester vigilant face à cette situation financière. Alors que le besoin d’investissement dans des infrastructures continues de croître, les enjeux de dette soulèvent une question fondamentale : comment équilibrer le financement des projets nécessaires sans compromettre la viabilité des services en place ? La nécessité d’une gestion rigoureuse et d’une bonne gouvernance n’aura jamais été aussi pressante. Que devrions-nous attendre des prochains élus pour sortir de cette spirale de dettes ? Le débat est ouvert.



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