L’affaire de Nataliia Solomykina, une femme ukrainienne disparue à Valence il y a deux ans, se distingue par un nouveau développement judiciaire. Un rapport médical récent, auquel a eu accès le média LAS PROVINCIAS, remet en question la thèse selon laquelle les blessures observées sur Vitalii Solomykin, le principal suspect et mari de la victime, seraient le résultat d’une lutte le jour de la disparition, survenue le 16 juin 2024. Cette conclusion affaiblit l’une des hypothèses explorées par la police, suggérant une possible altercation à leur domicile.
Le document, signé par une médecin légiste du laboratoire de médecine légale de Valence, évalue les blessures sur la main droite de l’accusé. Selon ce rapport, ces blessures auraient été causées dans les 24 heures précédant la prise des images, capturées quatre jours après les faits. L’expert précise que les marques n’affichaient aucune croûte, ce qui situe leur origine trois jours après la disparition de Nataliia. De plus, le rapport souligne qu’elles résultent d’un « mécanisme contondant » et ne peuvent être clairement attribuées à une scène de défense ou de lutte.
Un crime sans traces
Nataliia Solomykina a disparu à Valence en juin 2024. Depuis lors, la police nationale a maintenu l’hypothèse d’un homicide, bien que le corps n’ait jamais été retrouvé. L’enquête, qui semble tourner autour d’un crime, se heurte à l’absence de preuves biologiques convaincantes et repose principalement sur les mouvements de téléphone mobile de Vitalii et les incohérences dans ses déclarations.
Malgré les éléments qui incriminent le suspect, ce nouveau rapport médical éloigne l’idée d’une dispute physique le jour de la disparition. Deux ans après, le sort de Nataliia demeure un mystère, tandis que la justice peine à assembler les morceaux d’un puzzle tragique.
En plus des blessures suspectes, les enquêteurs notent un « trou numérique » de sept heures le jour où Nataliia a disparu, ainsi qu’un achat préalable d’une broyeur à viande professionnel. Ces détails, conjugués au délai de 48 heures avant de signaler sa disparition et à la précipitation notable de Vitalii à nettoyer le coffre de son véhicule, renforcent la possibilité d’une mort violente suivie d’un plan d’occultation du corps.
La défense en première ligne
Face à l’enquête, la défense de Vitalii, représentée par l’avocat pénaliste Ramiro Blasco, critique la manière dont l’instruction est menée : « La police s’est initialement concentrée sur l’incrimination de Vitalii, sans chercher véritablement à savoir où se trouve Nataliia ou ce qui lui est arrivé. »
« Ils prétendaient que les faits auraient eu lieu dans un local, et la police a complètement saccagé l’endroit sans y trouver le moindre indice », souligne Blasco. « De manière déconcertante, ils spéculent sur l’achat d’un broyeur à viande, dont la taille rendrait impossible la réduction en morceaux des plus petits os », ajoute le défenseur.
Il souligne également le fait que la police a tenté de discréditer les témoins qui ont vu Nataliia après sa disparition, notamment le matin même avec un homme inconnu.
Le suspect a déclaré que sa femme était partie avec un petit sac à dos, son passeport, un ordinateur portable et une somme d’argent allant de 10 000 à 30 000 euros, sans être précis sur le montant. Lorsqu’interrogé sur une dispute précédant sa disparition, Vitalii a minimisé l’incident, déclarant qu’il ne pensait pas que cela l’amènerait à quitter leur domicile.
Points importants à retenir
- Nataliia Solomykina a disparu à Valence en juin 2024, et son corps n’a jamais été retrouvé.
- Les conclusions médicales remettent en question la théorie d’une lutte le jour de sa disparition.
- Des incohérences dans les déclarations de Vitalii Soulomykin suscitent des interrogations.
- Le délai de 48 heures avant le signalement de la disparition soulève des soupçons.
- Les éléments d’enquête incluent un « trou numérique » et l’achat d’un broyeur à viande.
La situation de Nataliia est, sans conteste, préoccupante. À l’heure où la justice cherche à aplanir les incohérences, je ne peux m’empêcher de me demander quelles vérités demeurent enfouies, attendant d’être révélées. La façon dont une vie peut disparaître sans laisser de traces pose des questions sur la fragilité de nos existences et sur l’importance de l’attention que nous portons à celles des autres. Qui, parmi nous, pourrait un jour être confronté à la même tragédie, silencieuse et dévastatrice?



