Le 12 juillet 2009, Françoise Dasnois, une Belge de 48 ans, disparut en montagne dans les environs de Colungo, en compagnie de son partenaire et de ses deux enfants. Près de 17 ans se sont écoulés sans que l’on n’ait retrouvé la moindre trace d’elle, plongeant son cas dans le mystère. Aujourd’hui, alors que la petite commune oscense est à nouveau marquée par une tragédie, l’homicide de María Paloma, les souvenirs de cette disparition refont surface, tandis que la justice belge prend un virage significatif pour le dossier.
Pedro, ancien maire de Colungo et membre des équipes de recherche, se souvient avec précision de ces jours de recherche : « Il y a 17 ans, une femme belge d’environ 40 ans a disparu ici. Nous avons effectué des battues pendant plus de 30 jours, avec un minimum de 500 personnes, dont la Guardia Civil et la Croix-Rouge. C’était incroyable, tout le monde était mobilisé. »
Ce voisin de Colungo évoque les longues journées passées à fouiller : « J’ai passé 12 heures à arpenter la montagne. Cela fait 17 ans, et nous n’avons toujours rien trouvé. Aucun os, aucune trace. »
Pedro poursuit, inquiet du silence entourant cette affaire. « Les gens ont un peu oublié, car nous ne savons pas ce qui s’est passé. Si elle a été tuée, si elle s’est blessée ou si elle a chuté… C’est étrange qu’aucun chien de recherche n’ait pu déceler quoi que ce soit. Nous avions des chiens très entraînés. Normalement, une personne décédée en montagne laisse des traces, en un jour les charognards auraient agi. Mais ici, rien, absolument rien », explique-t-il.
Pedro donne aussi des précisions sur Françoise et sa dernière journée : « Je ne sais pas grand-chose d’elle, si ce n’est qu’elle avait deux enfants, un de 9 ans et un autre de 11. Elle était avec un homme qui, je crois, n’était pas son mari. Ils ont voulu atteindre le barranco de la Palomera, mais elle ne se sentait pas bien et a décidé de rester au croisement. Les autres sont montés, et elle a disparu. »
L’opération de recherche fut massive : « Un déploiement impressionnant, avec hélicoptères et équipes de la Croix-Rouge. Nous avons tout parcouru, jour après jour, pendant un mois ou plus. C’est étonnant que cela se reproduise ici, après tant d’années », poursuit Pedro.
Évolution judiciaire
Aujourd’hui, la situation du dossier de Françoise a connu un tournant notable. Le parquet de Namur, en Belgique, a rouvert l’enquête, et le 21 novembre 2025, l’ancien compagnon de Françoise a été mis en examen pour homicide. Un juge à Barbastro a décidé de rouvrir le cas en Espagne, collaborant avec les autorités belges pour élucider les faits.
Pedro souligne qu’il suit de près les développements : « Le compagnon de Françoise sera jugé en Belgique pour sa disparition. On parle de suicide, mais avec deux enfants, un de 11 ans et un de 9, je me demande s’il est envisageable qu’elle ait pris une telle décision. »
Colungo, un village paisible niché au cœur de la Sierra de Guara, ravive les souvenirs de cette disparition qui reste sans réponse. Alors que la justice belge avance dans l’affaire, la douleur refait surface dans cette petite commune aragonaise, amplifiant la tristesse qui l’entoure.
Points importants à retenir
- Françoise Dasnois a disparu il y a près de 17 ans sans laisser de trace.
- Les recherches menées à l’époque mobilisèrent plus de 500 personnes.
- Aucune preuve tangible n’a été retrouvée malgré les efforts de recherche intensive.
- Un tournant judiciaire a eu lieu avec la réouverture de l’enquête en Belgique.
- Le compagnon de Françoise est maintenant inculpé pour homicide.
Le cheminement de cette affaire soulève de nombreuses questions éternelles : Que se passe-t-il réellement lorsque des personnes disparaissent sans explication ? Quelles conséquences cela a-t-il sur les proches et la communauté ? L’absence de réponses tangibles ne fait qu’alimenter des spéculations autour des événements tragiques. En tant que journaliste, je me demande quel impact ces histoires non résolues peuvent avoir sur notre société : nous poussent-elles à la réflexion ou à l’indifférence, à l’empathie ou à la peur ? Ce cas rappelle l’importance de la justice et du soutien aux familles touchées par de telles tragédies, qui ne devraient jamais s’estomper dans l’oubli.





