Un couple accusé d’avoir abusé sexuellement de leur fille et de leur petite-fille pendant près de quarante ans n’a pas été puni, du moins pas par la justice. L’octogénaire, qui était le seul condamné — sa femme ayant été acquittée par la Cour d’appel de Valence —, est décédé avant l’exécution de sa peine de trois ans et onze mois d’emprisonnement pour abus sexuels envers sa petite-fille mineure, souffrant d’un léger handicap mental.
Peu après avoir été notifié de la décision du Tribunal supérieur de justice de la Communauté valencienne, qui a rejeté le recours de sa défense, l’homme a subi un AVC. Après plusieurs jours à l’hôpital, son décès a été confirmé le 19 décembre.
Avec sa disparition, la procédure d’appel, qui venait d’être introduite devant la Cour suprême par sa défense, est suspendue. Aucune responsabilité pénale n’est maintenue après la mort du condamné. La condamnation prononcée par la section seconde de la Cour d’appel de Valence comportait également une indemnisation de 30 000 euros pour dommages civils.
La décision confirmée par le TSJCV a établi que le défunt avait régulièrement soumis sa fille et sa petite-fille à des actes à caractère sexuel. Sa fille a été victime d’abus de l’âge de 10 à 19 ans, tandis que sa petite-fille, avec un handicap de 39 %, a été abusée dès l’âge de 8 ou 9 ans, des faits qui se sont poursuivis jusqu’en novembre 2021, lorsque la plainte a été déposée.
La retrait de l’accusation par la fille
Bien que les abus subis par sa fille aient été prouvés, ce dernier a été acquitté car celle-ci a retiré sa plainte lors du procès. D’après les éléments établis, les abus envers la petite-fille se produisaient fréquemment au domicile familial de Valence, tirant parti de moments d’intimité ou alors que la grand-mère, qui ne semblait pas consciente des agissements de son mari, était endormie. Le tribunal a mis en exergue un schéma de comportements indécents, impliquant des actes d’exhibition et de masturbation, où le grand-père s’asseyait sur le canapé à côté de sa petite-fille, se masturbant sous une couverture. Des menaces ainsi que des insinuations étaient proférées pour l’inciter à garder le silence, avec des phrases du type : « tais-toi, que mamie ne l’apprenne pas », utilisant ainsi son autorité familiale.
Des cas de toucher inapproprié ont également été relevés, comme celui survenu le 7 octobre 2021, lorsque le grand-père est entré dans la salle de bain pendant que l’adolescente y était, et a commencé à se masturber tout en tentant de la toucher. La jeune fille a réussi à le faire sortir et à se verrouiller à l’intérieur.
Points importants à retenir
- Le condamné est décédé avant l’exécution de sa peine, empêchant la justice de poursuivre la procédure.
- La femme de l’accusé a été acquittée, et aucune action en justice n’a été engagée contre elle.
- La condamnation était liée à des abus qui se sont étendus sur plusieurs décennies.
- La petite-fille souffrait d’un léger handicap mental, ce qui a compliqué la nature des abus.
- L’un des éléments marquants fut le retrait de l’accusation par la fille, qui a contribué à l’acquittement de son père.
Dans cette affaire tragique, nous sommes confrontés à une double réflexion : comment la justice peut-elle demeurer impuissante face à des crimes aussi odieux ? Et que dire des victimes prises dans ce cycle de violences et de silences, souvent incapables de se libérer de l’emprise familiale ? Cette situation soulève des questions sur la protection et le soutien aux personnes vulnérables, rappelant l’importance cruciale d’une vigilance collective.





