Une mère courage face à son passé : « Le silence favorise l’agresseur »

Une mère courage face à son passé : « Le silence favorise l'agresseur »

Hier a marqué une étape cruciale pour Carmen, qui espère mettre fin à un parcours qu’elle endure depuis l’âge de neuf ans. C’est à cette époque que, selon l’accusation, les abus présumés de son oncle ont commencé. Elle n’a pu se résoudre à porter plainte qu’en apprenant sa grossesse, il y a six ans. Le chemin vers le tribunal pour voir son agresseur face à la justice a été semé d’embûches, comme l’a expliqué Carmen à SUR après le procès. Visiblement émue, elle a souhaité adresser un message à la société, particulièrement aux victimes d’agressions sexuelles durant l’enfance : « Il faut qu’on parle. Le silence ne fait que renforcer l’agresseur. »

L’accusé, qui a nié les faits lors de l’audience, fait face à une demande de dix ans de prison de la part du procureur. L’avocat de l’accusation, Carlos Andrade, réclame quant à lui quinze ans d’emprisonnement. Bien que le ministère public ait également demandé une indemnisation de 50 000 euros pour préjudice moral, Carmen a décliné cette somme, affirmant : « Je ne veux pas de son argent, je veux de la justice. »

À l’entrée des juges, Carmen a partagé que son parcours judiciaire a été « très difficile », car l’attente entraîne un « fort détérioration psychologique ». La plainte a été déposée juste avant l’expiration des délais légaux, et le processus a été compliqué par la pandémie. Toutefois, entourée de sa famille et de son avocat, elle se sentait déjà victorieuse avant d’avoir connaissance du verdict. « Aujourd’hui, je tourne une page et ma vie commence à avoir un sens », a-t-elle déclaré.

Pour Carmen, le déclencheur de son silence a été ses trois filles. « Grâce à elles, tout cela a explosé en moi », a-t-elle avoué. Jeune, elle a souvent craint de ne pas être crue, ou de provoquer une rupture familiale en raison des relations proches avec l’accusé. Ses enfants ont été le moteur qui l’a poussée à affronter un processus douloureux : « Certaines personnes ont abandonné en cours de route, car elles ne m’ont pas crue, mais je suis reconnaissante de tout ce que j’ai, car c’est beaucoup. »

Carmen a reconnu avoir traversé « de nombreux moments difficiles » durant le processus, se demandant si cela valait vraiment la peine de se battre. « Mais je suis là aujourd’hui et je crois que ça en valait la peine ; ma vie recommence aujourd’hui », a-t-elle ajouté. Son souhait, désormais, va au-delà de la simple validation de sa plainte : elle espère inciter d’autres victimes à rompre le silence pour commencer leur processus de guérison. « N’ayez pas honte. Il faut se battre pour le respect et l’estime de soi que l’on nous a un jour enlevés. Vous n’êtes pas seules. »

Selon son avocat, peu importe le jugement, l’essentiel est que la victime n’aura plus à revivre son traumatisme. « Ce qui est crucial, c’est qu’elle n’aura plus à affronter la complexité de témoigner sur ce qu’elle a vécu; c’est pourquoi, avant le procès, nous savions que ce chapitre se clôturait aujourd’hui », a-t-il souligné.

Les faits examinés remontent à 2002. Selon l’accusation, Carmen, alors mineure, se rendait fréquemment chez son oncle pour jouer avec une cousine. C’est dans ce cadre que l’accusé aurait profité de la confiance familiale pour commettre ces agressions, qui, selon la version des faits, se seraient prolongées durant plusieurs mois.

Points importants à retenir

  • Carmen a commencé son parcours judiciaire à l’âge de neuf ans face à des abus de son oncle.
  • Elle a choisi de porter plainte en découvrant sa grossesse il y a six ans.
  • Le procès a été difficile, exacerbant son stress psychologique.
  • Elle réclame avant tout de la justice, et non une compensation financière.
  • Ses trois filles ont été sa source de motivation pour briser le silence.
  • Le jugement est attendu de la part de la Cour d’appel de Malaga.

Cette histoire fait écho à tant d’autres, nous rappelant combien le chemin vers la justice est souvent criblé d’obstacles, et analogues aux luttes de nombreux autres individus face aux abus. Dans mon esprit, je me demande comment nous pouvons, en tant que société, créer un environnement plus sûr, et surtout encourager d’autres voix à se lever. Ne devrions-nous pas promouvoir la résilience et le soutien face à ces injustices ? Les paroles de Carmen résonnent comme un appel à l’action. Il est de notre devoir d’écouter, de soutenir et d’agir.



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