La Cour d’Appel d’Almería s’apprête à juger, à partir de ce lundi, deux femmes, une mère et sa fille, accusées de traite d’êtres humains et de prostitution forcée d’un nombre indéterminé de femmes extrêmement vulnérables entre 2017 et 2023. Ces faits se seraient produits dans un bar qu’elles géraient à Roquetas de Mar, en Almería.
Le parquet demande 25 ans de prison pour chacune des accusées, qui sont également incriminées pour des délits liés à la santé publique. En effet, elles auraient exploité leurs victimes pour vendre des drogues, principalement du hachich et de la marijuana, tout en les forçant elles-mêmes à consommer ces substances, selon l’accusation examinée par Europa Press.
Le procès concerne aussi un autre fils de la principale accusée, ainsi qu’un complice, tous deux accusés de violations de la législation sur la santé publique en raison d’une plantation intérieure de marijuana découverte par la Garde Civile. Pour eux, le parquet réclame des peines de deux à trois ans d’incarcération.
Selon l’accusation, les femmes auraient fait de la prostitution leur principal moyen de subsistance, recrutant des victimes étrangères, en situation irrégulière, jeunes et sans ressources, pour les exploiter dans leur établissement, situé en périphérie de la ville.
Les victimes étaient soumises à une “dette” envers les accusées, devant rembourser des frais liés à l’utilisation des lieux, mais aussi pour des besoins essentiels tels que la nourriture et même les contraceptifs, malgré le fait que certaines d’entre elles se soient retrouvées enceintes.
Une exploitation quotidienne et intense
La procureure souligne que les victimes, déjà dans une situation économique précaire, étaient contraintes à une prostitution “quotidienne et intense” sans même savoir qu’elles perdraient leur liberté de choix, devant être disponibles “24 heures sur 24” avec peu de temps de repos.
Certaines victimes ont contacté les accusées en connaissance de cause, bien que beaucoup aient été “recrutées par la tromperie”, croyant initialement à une offre d’emploi différente. Elles ont ainsi été amenées à Roquetas de Mar par divers moyens, y compris des taxis clandestins.
D’après l’enquête, le ministère public rapporte que la mère et la fille exerçaient un contrôle strict sur les victimes pour les contraindre à se prostituer dans des conditions dégradantes, sans accès à des soins médicaux, et en leur retirant parfois leurs papiers d’identité.
Une des victimes aurait été menacée de “graves représailles” par son supposé proxénète, qui lui aurait pris ses documents pour maintenir cette exploitation, faisant valoir de faux contacts au sein de la Garde Civile.
Les accusées auraient aussi fourni des drogues aux victimes, d’abord à titre gratuit pour les rendre dépendantes, aggravant ainsi leur “dette”. Ces dernières étaient également contraintes de vendre des stupéfiants aux clients.
Une découverte de plus de 400 plants de marijuana
Les arrestations des suspectes ont eu lieu en février 2023, lors d’une opération de la section de lutte contre la traite des êtres humains de la Garde Civile, qui a perquisitionné quatre propriétés liées aux accusées. L’une d’elles contenait une plantation intérieure de marijuana avec 229 plantes et 208 boutures, estimée à environ 35 000 euros.
De plus, plusieurs plaques de hachisch et des sachets de cannabis ont été retrouvés, d’une valeur totale de 7 715 euros sur le marché noir. L’opération a également permis de saisir de l’argent liquide, des bijoux, des notes concernant les victimes et des téléphones portables.
Points importants à retenir
- Le procès s’ouvre pour deux femmes accusées de traite d’êtres humains.
- Les victimes étaient souvent recrutées avec des fausses promesses d’emploi.
- Les accusées exerçaient un contrôle rigoureux pour maintenir leur emprise.
- Des drogues étaient fournies aux victimes, augmentant leur dépendance.
- Une découverte significative de plants de marijuana a été faite lors des perquisitions.
À l’heure où certaines voix s’élèvent pour dénoncer ces pratiques inacceptables, je ne peux m’empêcher de me demander : comment en est-on arrivé là ? Quelle est notre responsabilité collective face à la souffrance de ces femmes ? Ces histoires révèlent une réalité troublante de l’exploitation humaine, et un défi que notre société doit affronter avec urgence.





