Lumière sur une artiste : la psychologue d’entreprise de Paignton redéfinit la vie après 40 ans

Lumière sur une artiste : la psychologue d'entreprise de Paignton redéfinit la vie après 40 ans

Cette quinzaine, nous avons le plaisir de vous présenter Allison McSparron-Edwards, une artiste peintre en huile basée à Paignton, qui a troqué une carrière de 40 ans dans le monde des affaires pour vivre pleinement sa passion artistique.

Son parcours, marqué par la persévérance et la rébellion, l’a conduite à créer des portraits puissants d’animaux et d’humains, après avoir été confrontée à des discriminations liées à son genre dans ses débuts professionnels.

Parlez-nous de votre transition, en passant de comptable diplômée à artiste à plein temps – un vrai saut ! Qu’est-ce qui vous a décidé en 2020 ?

“J’étais douée en art à l’école, mais par manque de moyens, j’ai dû me tourner vers des études plus pratiques. J’étais également une rebelle qui croyait fermement en l’égalité des sexes, ce qui m’a poussée à évoluer dans des carrières masculines.”

“Je suis devenue géologue, mais on m’a dit que je ne pouvais pas travailler en mine à cause de mon sexe. J’ai alors choisi Londres et suis devenue comptable, mais force est de constater que je n’aimais pas cela. Le statut financier n’alimente pas l’âme !

“Je préférais trouver des solutions aux problèmes et travailler avec les gens. J’ai donc évolué vers le conseil en management, me formant en psychologie et en conseil. J’ai adoré ce parcours, rencontrant des gens à travers le Royaume-Uni et me nourrissant de l’art dans les galeries et musées.”

“Lorsque la pandémie a frappé, j’étais sur le point de prendre ma retraite, et j’ai réalisé que c’était le moment idéal pour me consacrer entièrement à l’art. En 2024/2025, j’ai obtenu un diplôme en peinture avec Martin Kinnear RCA, un artiste contemporain primé.”

Vous avez vécu dans de nombreux endroits – de Newcastle au Canada, avant de vous installer à Paignton. Comment ces lieux ont-ils influencé votre travail ?

“Avoir vécu dans tant d’endroits m’a permis d’explorer d’autres cultures, des sites archéologiques, des musées, et de peindre en aquarelle tout en esquissant.

“Le Pérou, l’Inde et la Chine sont parmi mes destinations favorites. Les couleurs et la vitalité de ces pays contrastaient avec la monotonie de l’Angleterre d’après-guerre. Ces voyages m’ont également permis de rencontrer des animaux exotiques, dont l’essence se retrouve dans certaines de mes œuvres.”

Votre spécialité est le portrait d’animaux et d’humains : qu’est-ce qui vous attire dans ce type de peinture ?

“Je pense qu’il y a quelque chose dans la capacité à capturer les pensées intérieures des personnes et des animaux qui tient à ma formation en psychologie. Je plaisante en disant que ‘les yeux sont le miroir de l’âme’. Si je les réussis, le reste vient tout seul.”

À quoi ressemble votre studio et avez-vous des rituels créatifs ?

“Bien que je sois de nature très organisée, lorsque je commence à peindre, cela change. Je range de temps en temps mon studio, mais chaque nouvelle toile me plonge dans le chaos. Je perd le fil, laissant les tubes de peinture ouverts, les pinceaux dans des jarres.”

“Je suis tellement concentrée sur mon travail que je ne joue même pas de musique, car cela me distrait. J’ai un chien de studio qui, parfois, se retrouve coincé sous ma chaise pendant que je peins.”

Quel artiste, vivant ou décédé, aimeriez-vous rencontrer autour d’un café et pourquoi ?

“C’est une question difficile. J’aime une grande variété d’artistes, allant des techniques de Caravage et Van Eyck aux modernistes comme Gustav Klimt et Egon Schiele. Chuck Close, qui est passé du réalisme photographique à l’abstraction après une grave maladie, m’intrigue particulièrement.”

Sur quoi travaillez-vous en ce moment qui vous enthousiasme ?

“Je crée actuellement un flamant en abstraction, cherchant à obtenir un bon contraste entre l’arrière-plan et le premier plan. C’est un vrai défi, car pousser la couleur peut parfois être en désavantage par rapport aux valeurs que je souhaite.”

Où peut-on voir vos œuvres et découvrir vos cours ?

“J’expose mes travaux dans des expositions comme les Devon Open Studios, auprès de diverses sociétés artistiques locales et à travers des compétitions en ligne. Mon studio-galerie est ouvert sur rendez-vous, où vous pouvez découvrir un large éventail de mes œuvres.”

“Je propose également des ateliers sur demande et des cours particuliers, axés sur la gestion des couleurs, le dessin au fusain, le dessin de modèles vivants et le portrait.”

Quel est votre grand rêve pour 2026 ?

“Mon rêve est de continuer à préciser ma pratique. Cela inclura une œuvre figurative contemporaine narrative ainsi que de grands portraits d’animaux. Je souhaite être acceptée dans une grande compétition, comme la Summer Exhibition à Londres, et construire une clientèle de collectionneurs intéressés.”

L’histoire d’Allison m’émeut. Elle a toujours nourri son artiste intérieur, naviguant au milieu de carrières peu satisfaisantes. Ces visites de galeries lors de ses voyages d’affaires, ses aquarelles entre les missions de conseil, ses croquis en voyage au Pérou, en Inde et en Chine – elle était toujours une artiste, attendant le bon moment pour s’épanouir.

Son bagage en psychologie confère à ses portraits une profondeur unique. Elle ne se limite pas à capturer une ressemblance, mais parvient à révéler une parcelle de vie intérieure. Ce talent, aiguisé au fil des décennies à côtoyer les gens et à résoudre des problèmes, trouve aujourd’hui un autre sens : révéler l’âme par les yeux sur la toile.

Points importants à retenir

  • Allison McSparron-Edwards a fait le choix audacieux de quitter une carrière bien établie pour se consacrer à l’art.
  • Son parcours témoigne de l’importance d’écouter ses aspirations profondes, même face à des obstacles.
  • Sa formation en psychologie enrichit ses créations, offrant une perspective émotionnelle forte dans ses portraits.
  • Elle encourage le partage de ses compétences à travers des ateliers et cours particuliers.
  • Les voyages ont joué un rôle clé dans son inspiration artistique, lui permettant d’observer diverses cultures et d’assimiler des influences variées.

Pour ma part, je ne peux m’empêcher de constater combien il est essentiel de se reconnecter à ses passions, même lorsque la vie nous pousse sur des chemins différents. Dans un monde en perpétuelle évolution, où tant de voix s’élèvent pour rappeler l’importance de la créativité, l’histoire d’Allison rappelle la force de notre choix de vie. Qui d’entre nous n’a pas rêvé de franchir le pas ? C’est peut-être le moment pour chacun de se demander quelles voies nous n’avons pas encore osé explorer.



Votez pour cet post

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *