Le conflit autour des suppressions d’emplois chez Micron se poursuit, comme l’a souligné Fiom suite à l’ultime rencontre avec la multinationale américaine des semi-conducteurs. Lors d’une grève mardi dernier, les employés ont manifesté devant les portes de l’Energy Park à Vimercate, laissant les bureaux vides et envahissant les rues. Au total, 23 postes sont menacés en Italie, dont 9 à Vimercate, avec seulement un reclassement à Arzano, la seule note positive dans ce climat tendu, selon les syndicats. Comme l’indique Pietro Occhiuto, le secrétaire provincial, les employés se retrouvent face à un choix difficile : accepter une sortie incitative ou faire face à un licenciement.
Vendredi, au ministère du Travail, les représentants des travailleurs ont dénoncé un “chantage”, alors même que l’entreprise affiche des résultats financiers qui battent des records sur le Nasdaq. Les prochaines étapes comprendront l’envoi de lettres d’information aux employés, suivies d’éventuelles actions judiciaires. “Ce n’est pas terminé”, prévient Occhiuto, signalant la volonté de demander l’intervention du ministère des Entreprises et du Made in Italy pour apaiser le climat interne, perçu comme délicat face à ces menaces de licenciement.
Pour les syndicats, il est essentiel que ce géant de la microélectronique assume sa responsabilité. Bien qu’il évolue dans un secteur stratégique, les dirigeants de l’entreprise n’ont pas présenté de plan industriel solide pour maintenir les opérations en Italie. “Nous avons besoin d’une stratégie pour éviter de futures restructurations qui impactent les employés”, explique le secrétaire. Le passé est lourd : en 2013, la cession d’une partie des opérations à LFoundry a entraîné des suppressions, tout comme la fermeture de Catania en 2019 et celle de Padova en 2023. Cette nouvelle restructuration met en péril la présence même de l’entreprise sur le territoire.
Cette dernière annonce de licenciements serait liée à la délocalisation d’activités vers l’Inde et la Malaisie, touchant des employés directement concernés par les coupes. Les inquiétudes se multiplient, de nombreux acteurs du secteur craignant qu’un projet plus vaste ne soit en cours, d’autant plus après l’échec des négociations à Rome.
Points importants à retenir
- La situation des employés de Micron est tendue, avec 23 postes à risque en Italie.
- La grève de Vimercate a mis en lumière le mécontentement des travailleurs face aux choix difficiles qui leur sont imposés.
- Les syndicats dénoncent un climat de “chantage” malgré les bénéfices records de l’entreprise.
- Des demandes d’intervention gouvernementale ont été formulées pour soutenir la négociation.
- Les restructurations passées continuent d’affecter la perception de la pérennité de Micron en Italie.
- Des craintes de délocalisation et d’un plan caché se dessinent parmi les travailleurs.
La situation chez Micron est révélatrice d’un malaise plus profond dans la relation entre les grandes entreprises et leurs employés. Alors que les bénéfices augmentent, la sécurité de l’emploi semble se fragiliser, laissant un goût amer et des questions sur la responsabilité sociale des entreprises. La lutte des travailleurs pour leur avenir n’est pas simplement une affaire locale; elle résonne dans un contexte global où les choix stratégiques des multinationales peuvent avoir des conséquences durables sur des vies humaines. Une réflexion s’impose : jusqu’où les coûts de la compétitivité peuvent-ils s’étendre sans conséquence sur le tissu social?





