Le 30 janvier dernier, un nouvel acte d’imprudence sur la côte de Gáldar a soulevé des questions sur la conscience collective face aux dangers que présentent les falaises des Canaries. Un groupe de touristes a forcé l’accès à une zone protégée près du phare de Sardina du Nord en franchissant des barrières de sécurité pour s’approcher d’un promontoire culminant à plus de 10 mètres de hauteur. Cette scène, dénoncée par l’association Canarias, 1500 km de Costa, met de nouveau en lumière un problème récurrent : le mépris pour les panneaux d’avertissement dans des zones critiques de l’archipel.
Cette action imprudente, qui n’a heureusement pas eu de conséquences tragiques, s’est déroulée dans un mois particulièrement sombre pour les îles : janvier 2026 a vu au moins six noyades, en plus de la disparition d’une femme à Tenerife.
Les noyades aux Canaries : un problème persistant et évitable
Le rapport mensuel de Canarias, 1500 km de Costa révèle que 25 personnes ont été impliquées dans des incidents aquatiques en janvier, beaucoup dans des circonstances évitables. Parmi elles, 6 personnes ont perdu la vie, dont cinq hommes et une femme; 1 baigneur est dans un état critique, 3 personnes ont subi des blessures modérées, 4 des blessures légères et 10 ont été secourues sans blessure.
La situation la plus préoccupante concerne une femme vénézuélienne de 30 ans, tombée à la mer sur la côte de Tenerife après avoir été frappée par une vague. Son corps n’a pas été retrouvé, ce qui pourrait alourdir le bilan final.
Cette scène rappelle la tragédie survenue en décembre à Los Gigantes, également à Tenerife, où quatre touristes ont perdu la vie après avoir été emportés par une vague dans une piscine naturelle close au public. Le schéma se répète : des avertissements visibles, des barrières actives, et une décision malheureuse qui entraîne des pertes humaines.
Zones à risque : un dénominateur commun dans la majorité des accidents
D’après les données recueillies, 23 des 25 personnes affectées se trouvaient dans des zones d’alerte ou de préalerte activées par des phénomènes côtiers dangereux, émis par le gouvernement des Canaries. Malgré les alertes météorologiques officielles, les barrières visibles et les panneaux d’avertissement, beaucoup d’individus ont ignoré ces recommandations.
Les données révèlent également que :
- 83 % des accidents se sont produits l’après-midi.
- Trois décès sont classés comme “autres”, c’est-à-dire des chutes depuis des quais, des falaises ou des promenades.
- D’autres victimes étaient des baigneurs (2) et un pêcheur.
Au niveau des nationalités, cinq des décédés étaient étrangers : deux Allemands, un Américain et deux sans nationalité spécifiée. Une seule personne était d’origine espagnole.
Les imprudences : une menace aussi pour les services d’urgence
Canarias, 1500 km de Costa souligne que ce type de comportements met non seulement en danger la vie des personnes concernées, mais compromet également la sécurité des équipes de secours. Des vidéos enregistrées par des citoyens en janvier montrent des scènes alarmantes : des individus marchant sur des rochers glissants, nageant dans des zones interdites ou escaladant des structures côtières malgré les avertissements.
Ces enregistrements montrent que ce n’est pas un manque de signalisation qui pose problème, mais une inquiétante méconnaissance du risque, particulièrement chez les visiteurs peu familiarisés avec la force de l’océan canarien.
La carte des incidents survenus en janvier montre que Tenerife est en tête des statistiques avec 24 % des cas. Vient ensuite Lanzarote (16 %) et Gran Canaria (8 %).
Par type d’environnement, les plages représentent 68 % des accidents, suivies de piscines naturelles (28 %) et zones portuaires (4 %).
Parmi les épisodes les plus tragiques, Los Charcones (Lanzarote) où un jeune a perdu la vie, son corps récupéré à 13 mètres de profondeur; San Sebastián (La Gomera) : un pêcheur a été retrouvé mort en mer. À Betancuria (Fuerteventura), une femme est tombée des rochers. Des décès ont également été signalés à Adeje, Puerto de la Cruz (Tenerife) et San Bartolomé de Tirajana (Gran Canaria).
Points importants à retenir
- Un comportement imprudent peut avoir des conséquences fatales, comme l’illustre le récent incident du phare de Sardina.
- Les mois d’hiver présentent souvent des conditions de mer dangereuses, exacerbant les risques de noyade.
- Il existe un besoin urgent d’éducation des visiteurs sur les dangers des côtes canariennes.
- Les zones à risque sont souvent signalées, mais beaucoup choisissent de les ignorer.
- Les équipes de secours sont mises en danger par les imprudences des autres.
Il est crucial de réfléchir à la façon dont nous pouvons tous agir pour préserver la sécurité sur nos côtes. Sommes-nous prêts à respecter les avertissements et à prendre la mer avec prudence ? Il est temps d’élever notre conscience collective pour garantir que les plages restent des lieux de plaisir, non de tragédies.





