Le tribunal pénal numéro 4 de Saragosse a jugé ce mercredi trois hommes d’origine algérienne, accusés d’avoir agressé un autre maghrébin à coups de chaîne et avec une arme blanche. Les accusés, Hakim B., Mohamed B. et Sadik S., ont tous nié leur présence sur les lieux des faits survenus dans la nuit du 17 juin 2024. Cependant, la victime a modifié sa déclaration initiale, affirmant ne pas se souvenir des détails de l’agression après avoir été laissée inconsciente. « J’étais très ivre, j’avais aussi consommé, il y avait beaucoup de monde et je ne pouvais pas voir qui me frappait par derrière. Je ne veux nuire à personne. Ils m’ont frappé avec plusieurs objets… », a expliqué la victime, qui a également mentionné que l’incident avait commencé à cause d’une dette non réglée.
Ces affirmations ont été contredites par les déclarations antérieures, où la victime avait témoigné que les trois accusés l’avaient poursuivie et agressée au point de l’inconscience. Le chef du groupe des homicides a rappelé que la victime avait progressivement donné les noms des agresseurs au fil des jours suivants. « Elle a commencé à nous fournir des informations et a effectué plusieurs repérages dans la rue. Elle les désignait toujours comme ses agresseurs, » a précisé l’inspecteur.
Les identifications
Le 27 juin, la victime a appelé le 091 pour signaler que Mohamed B. se trouvait dans le bar ‘Buenos Aires’ sur la rue Graus, à Las Delicias. « Elle a désigné cette personne, et le requérant a quitté les lieux, » a expliqué un agent de la brigade de sécurité citoyenne concernant cette intervention. Des policiers locaux ont ensuite tenté d’intercepter Mohamed B. avant d’identifier Sadik S. le 25 juillet, après que la victime ait interpellé le véhicule de police.
Pour ces faits, le parquet réclame une peine de trois ans de prison pour blessures, ainsi qu’une indemnisation de 4 320 euros à la victime, se répartissant entre 3 600 euros pour les blessures subies et 800 euros pour les séquelles. L’affaire a été instruite par le Juzgado de Instrucción numéro 8 de Saragosse, et le jugement est désormais en délibéré.
Points importants à retenir
- Les accusés nient les faits et se défendent en invoquant leur absence sur les lieux de l’agression.
- La victime a révisé sa déclaration initiale durant le procès, compliquant l’accusation.
- Les policiers ont agi rapidement suite à des indications données par la victime lors de plusieurs signalements.
- Le montant de l’indemnisation demandée représente une pénalité significative pour les accusés.
- La procédure judiciaire met en lumière les complexités de la reconnaissance des faits dans des situations d’agression.
Ce dossier soulève des questions cruciales sur la mémoire des témoins et la loyauté de leurs déclarations. Dans un climat où la violence pourrait surgir à tout moment, quelles réponses pouvons-nous donner aux victimes qui, sous l’influence de la peur ou de la consommation, se retrouvent incapables de livrer des témoignages clairs ? En fin de compte, faut-il revoir nos structures judiciaires pour qu’elles soient mieux adaptées aux réalités mouvantes des incidents criminels contemporains ?





