La Cour Suprême examine le recours d’un condamné à mort noir contre les préjugés raciaux dans un jury du Mississippi

La Cour Suprême examine le recours d'un condamné à mort noir contre les préjugés raciaux dans un jury du Mississippi

WASHINGTON – La Cour Suprême a décidé, ce lundi, d’examiner l’appel d’un condamné à mort noir du Mississippi, dont l’affaire a été gérée par un procureur ayant un passé de rejet de jurés noirs pour des raisons discriminatoires.

Un juge fédéral avait précédemment annulé la condamnation pour meurtre de Terry Pitchford, mais une cour d’appel a inversé cette décision.

Les juges se penchent ainsi sur ce dossier impliquant le même procureur, l’ancien procureur de district Doug Evans, qui était au cœur d’une affaire judiciaire ayant conduit en 2019 à l’annulation de la peine de mort et de la condamnation de Curtis Flowers.

L’argumentation sur cette affaire est prévue pour le printemps.

Le juge de district américain, Michael P. Mills, a estimé que le juge ayant supervisé le procès de Pitchford n’avait pas accordé suffisamment d’opportunités à l’avocat de défendre la thèse selon laquelle le parquet avait injustement écarté des jurés noirs.

Mills a précisé que sa décision était partiellement motivée par le comportement d’Evans dans des affaires antérieures.

Pitchford a été condamné à mort pour son implication dans le meurtre de Reuben Britt, propriétaire d’une épicerie à Grenada, au nord du Mississippi, en 2004.

Dans cette affaire, le jury d’origine, composé de 61 jurés blancs et 35 jurés noirs, a été réduit à 36 jurés blancs et 5 jurés noirs, en partie parce qu’un grand nombre de jurés noirs s’étaient opposés à la peine de mort pour Pitchford. Par la suite, les procureurs ont écarté quatre jurés noirs supplémentaires, n’en laissant qu’un seul dans le jury final.

La Cour Suprême avait tenté d’éradiquer la discrimination dans la composition des jurys dans l’affaire Batson c. Kentucky en 1986, en statuant que les jurés ne pouvaient être écartés de leur service en raison de leur race et en instaurant un système permettant aux juges de tribunal d’évaluer les allégations de discrimination et les explications neutres fournies par les procureurs.

Lorsque la Cour Suprême a tranché en faveur de Curtis Flowers, le juge Brett Kavanaugh a affirmé qu’Evans avait engagé une « effort incessant et déterminé pour éliminer les membres noirs du jury ».

Flowers a été jugé six fois pour l’assassinat de quatre personnes. Il a été libéré en 2019, et l’État a abandonné les charges contre lui l’année suivante, après qu’Evans a transféré l’affaire aux autorités étatiques.

Points importants à retenir

  • La Cour Suprême examinera un cas lié à la discrimination raciale dans le choix des jurés.
  • Terry Pitchford a été condamné à mort pour un meurtre en 2004, ce qui a soulevé des questions sur le procès équitable.
  • Un jugement antérieur avait annulé sa condamnation, mais une cour d’appel l’a rétablie.
  • Le procureur Doug Evans a été impliqué dans des cas précédents de discrimination qui ont conduit à des réexamens de condamnations.
  • La structure des jurys a été critiquée, révélant une tendance à écarter les jurés noirs.

En tournant les pages de l’histoire judiciaire, je suis frappée par la récurrence de ces questions de race et de justice. Que dit ce cycle sur notre société ? Alors que nous nous confrontons à des injustices signalées, il devient évident que des voix doivent s’élever pour remettre en question des pratiques ancrées. Dans quelle mesure sommes-nous prêts à aller pour tout remettre en question ?



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