(Adnkronos) – Lors de son intervention au Dialogue Méditerranéen Italo-Espagnol, organisé à Rome par Med-Or et le Real Instituto Elcano, Marco Minniti, président de la fondation du même nom, a esquissé les enjeux majeurs qui se profilent dans la région. Il a mis en exergue la quête d’une paix durable au Moyen-Orient, l’instabilité croissante en Afrique ainsi que la compétition mondiale pour les ressources stratégiques. Son message à l’Europe était clair : “Ne croyez pas ceux qui affirment que les équilibres mondiaux se définissent ailleurs. La Méditerranée est redevenue le centre de la scène mondiale, et il serait dramatique de manquer cette occasion historique”.
Avant le discours de l’ancienne ministre des Affaires étrangères espagnole Ana Palacio, Minniti a évoqué une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU concernant la crise au Moyen-Orient, saluant ce progrès, même si, selon lui, il ne fait pas l’Histoire : “C’est une résolutions très significative, marquant un véritable point de départ, grâce notamment à l’initiative américaine”.
L’ancien ministre de l’Intérieur a averti qu’il ne fallait pas se focaliser uniquement sur Gaza. Il y a d’autres fronts inquiétants, comme au Liban, avec le désarmement d’Hezbollah : “La date limite approche, et la situation est hors de contrôle”, a-t-il déclaré, soulevant des inquiétudes concernant d’éventuels morts dans des incidents récents impliquant les forces de l’ONU et l’armée israélienne.
Il a également évoqué les tensions en Cisjordanie, avec des violences liées à des évacuations d’implantations illégales et des conflits autour de la récolte des olives : “Tout est dramatiquement interconnecté”. Cette instabilité remet en question la crédibilité des processus de désarmement, imposant des réflexions sur la sécurité d’Israël : “Si Hezbollah ne se désarme pas, pourquoi le ferait Hamas?”
Minniti a également établi un lien entre la crise au Moyen-Orient et les fragilités africaines, annonçant une croissance démographique en Afrique qui suscite des craintes en Europe, déjà confrontée à une récession démographique. “Cette question doit être gérée, et ne peut pas être laissée aux trafiquants d’êtres humains”, a-t-il averti, plaidant pour davantage de coopération légale sur les questions migratoires.
Son analyse est soutenue par une stratégie qui privilégie le dialogue et les investissements en Afrique, citant Lao Tzu : “Une stratégie sans tactique est la plus longue route vers la victoire.” Il fait remarquer que la Tunisie respecte ses engagements migratoires suite à leur instabilité politique : “C’est une période turbulente, avec une présence chinoise grandissante”.
Dans un contexte où l’Afrique attire de nouveaux acteurs comme la Chine, la Russie et cette année la Turquie, Minniti appelle à une réflexion sur l’impact d’une Turquie renforcée en Afrique et la nécessité d’une vigilance européenne face à une dynamique qui pourrait évoluer. Sa vision offre un regard lucide sur les initiatives régionales et souligne l’importance des engagements passés tout en alertant sur les défis à venir.
Enfin, il a terminé son discours en soulignant : “L’Afrique est essentielle à la stabilité de l’Union européenne. Nous devons agir maintenant car la situation peut devenir inextricable.” Les discussions ultérieures se sont concentrées sur les enjeux sécuritaires en Méditerranée, le rapport entre l’Occident et le Sud global, et les opportunités de coopération entre l’Europe et l’Amérique Latine.
Points importants à retenir
- La Méditerranée est au cœur des enjeux géopolitiques actuels, et son importance est redéfinie.
- Il est essentiel d’observer la dynamique au Liban et en Cisjordanie, car des escalades pourraient survenir.
- Une gestion proactive des migrations est nécessaire pour éviter la mainmise des réseaux criminels.
- La coopération entre l’Europe et les pays africains doit être renforcée pour faire face aux défis migratoires et sécuritaires.
- La stratégie à long terme doit inclure des investissements en Afrique et un dialogue constant.
En tant qu’observatrice de ces développements, j’ai l’impression qu’un tournant s’annonce. La Méditerranée, à la croisée des chemins, devient le prisme à travers lequel nous devons reconsidérer notre avenir collectif. Si les acteurs européens ne s’engagent pas profondément dans cette dynamique, nous risquons d’être à la traîne, alors même que les défis globaux s’intensifient. À quel point devons-nous être inquiets de cette passive résignation face à ces enjeux cruciaux ? Une réflexion est indispensable.





