La stratégie adoptée par Jesús Rafael Hernández Dual, connu sous le nom de Paletas, lors de son arrivée à l’Audience Provinciale de Saragosse était nette : faire suspendre et retarder son procès pour avoir tiré sur Chiqui et son fils dans la rue Lasierra Purroy, le 23 juillet 2023. Face aux manœuvres de son avocat, le tribunal de la Section Troisième a dû intervenir fermement pour rappeler que cette audience devait se tenir, quoi qu’il arrive, malgré le tumulte qui régnait autour de lui. Pourtant, même cette mise en garde n’a pas suffi à calmer l’avocat, qui a depuis accusé les juges de soumettre son client à une “orgie inquisitive.”
L’accusé, condamné à 17 ans de prison, a tenté de se présenter comme un individu perturbé lors du procès le 2 juillet. Se frappant la tête avec ses menottes, il a enchaîné les scènes de colère, malgré la présence d’un psychologue censé l’assister. “Je veux qu’on me conduise à Madrid et qu’on m’exécute devant toute l’Espagne pour montrer le fascisme qui règne dans ce pays”, a-t-il clamé. La salle d’audience est restée perplexe quand son comportement a radicalement changé pour répondre aux questions de son avocat, laissant de côté son image de “malade mental.”
Recours en appel
Actuellement, l’avocat madrilène Fernando Pamos de la Hoz mentionne ce dossier dans le recours en appel qu’il a déposé auprès du Tribunal Supérieur de Justice d’Aragon (TSJA). Les avocats Alejandro Giménez Planas et Octavio Sesma del Val contestent cette démarche. Dans ce recours, il demande la répétition du procès en raison d’un manque de défense, “portant atteinte à sa dignité et à ses garanties procédurales”. Il évoque une “orgie inquisitive” et dénonce que les médecins ont appliqué une “pratique déplorable de la psychiatrie institutionnalisée.”
Dans ce cadre, Pamos de la Hoz écrit également une “réflexion personnelle et professionnelle”, concluant que le Paletas est une victime d’un “État défaillant.” “C’est un être humain que la société a broyé depuis son enfance (…) L’État a systématiquement failli : il ne lui a pas fourni les soins, l’éducation ou les outils nécessaires pour améliorer sa situation, ni traité comme un malade. Cela a profondément atteint sa dignité”, expose l’avocat.
Le tribunal qui a jugé les faits a pour sa part déjà affirmé que “tout signe d’impulsivité” a été écarté. Il a constaté que l’accusé a planifié son acte, tirant depuis un véhicule Citröen Picasso et s’enfuyant ensuite en direction de Balaguer (Lleida). “Il a minutieusement envisagé les modalités de l’acte et de sa fuite, ce qui contredit une atteinte associée aux pathologies,” a conclu le jugement présidé par la magistrate Nicolasa García Roncero.
Points importants à retenir
- Hernández Dual a été condamné à 17 ans pour une tentative de meurtre planifiée.
- Son avocat dénonce une procédure qu’il considère inéquitable, plaçant son client dans une situation de vulnérabilité.
- Le tribunal a mis en lumière la prémeditation des actes de l’accusé.
- Une réflexion sur l’échec de l’État à fournir un encadrement adéquat pour des individus vulnérables a été soulevée.
Derrière les faits qui se déroulent au sein du système judiciaire, se cache une question cruciale : jusqu’où peut-on aller dans la réparation de la dignité d’une personne considérée comme un délinquant ? Ce cas soulève des interrogations sur la manière dont la société aborde les problèmes de santé mentale et se questionne sur la justice elle-même. Peut-on réellement dissocier l’individu de son passé et de ses souffrances ? C’est une réflexion à laquelle nous sommes tous confrontés, et qui mérite une attention soutenue.





