Trieste True Crime : Plongée dans l’univers du crime
Les 7 et 8 novembre, le festival Trieste True Crime s’installera à Trieste, une ville qui prendra les couleurs du crime pour aborder ce sujet avec sérieux plutôt que sensationnalisme.
Ce rendez-vous, qui s’adresse aux passionnés de faits divers et de justice, explorera les mécanismes de la manipulation médiatique et les méthodes pour traiter des affaires dramatiques sans verser dans la vulgarité. Des experts parleront également des coulisses du journalisme dinvestigation et de la manière dont le public s’approprie les affaires criminelles les plus troublantes de ces dernières années.
Le festival se déroulera dans la salle Luttazzi du Magazzino 26 au port de Trieste. Notons qu’un événement présenté le 7 novembre à 16 heures se tiendra également au musée Schmidl.
À la faveur d’une approche pluridisciplinaire, le festival est soutenu par un comité scientifique. Il est organisé par l’Accademia Veneta en collaboration avec la municipalité de Trieste et la Fondation CRTrieste. Des institutions telles que l’Université de Trieste et la Rai apportent aussi leur soutien à cet événement, qui sera par ailleurs médiatisé par le groupe Nord Est Multimedia.
La présidente de l’Accademia Veneta, Lisa Marra, et le criminologue Pierluigi Granata justifient le choix de Trieste par une décision historique de la Cour d’Assises d’appel. Celle-ci a en effet introduit les neurosciences dans le droit pénal, ouvrant ainsi la voie à une évaluation nouvelle du comportement humain, qui est l’un des objectifs du festival.
Le 1er octobre 2009, la Cour d’Assises d’appel de Trieste a réduit la peine d’un meurtrier en se basant sur une expertise indiquant que ce dernier, en raison d’une variante génétique, était prédisposé à des comportements violents.
L’assesseur à la culture, Giorgio Rossi, exprime son enthousiasme pour le festival. Il souligne l’intérêt croissant pour la chroniques criminelles, souvent accompagné de véritables « fan clubs » autour des protagonistes des affaires. Cela a motivé l’organisation d’un événement qui aborde ces thèmes de manière professionnelle.
Le premier jour, à partir de 8h45, un séminaire pour les écoles permettra de traiter du langage violent sur les réseaux sociaux, suivi à 11 heures par la présentation du livre “Incolpevoli per aver commesso il fatto” de Gianluca Ascione.
Dans l’après-midi, à 16 heures au musée Schmidl, l’événement se poursuivra avec “Non solo Lilly : i misteri di Trieste”, un débat mené par le groupe Nem sur les affaires non résolues de la ville, en lien avec l’affaire de Liliana Resinovich. Ce sera aussi l’occasion de présenter la collection “True Crime a Nordest”, déjà disponible en librairie.
À 18 heures, un échange entre les journalistes Stefano Nazzi et Alessandro Politi portera sur l’avenir des podcasts et les outils pour couvrir des affaires criminelles.
Le 8 novembre, la journée débutera à 16 heures avec un débat sur la fascination pour le mal dans la littérature et le cinéma, impliquant l’écrivain Giancarlo De Cataldo et des universitaires comme Elvio Guagnini.
À 17h30, le général Luciano Garofano, ancien commandant du Ris de Parme, s’entretiendra avec Alessandro Politi sur les raisons pour lesquelles la vérité judiciaire semble souvent éclipsée par de fausses informations dans les affaires criminelles.
Le festival se clôturera à 19h par une intervention du journaliste et écrivain Gianluigi Nuzzi, qui partagera ses expériences et réflexions sur les défis du journalisme d’enquête.
Les discussions seront accessibles en streaming sur la chaîne YouTube du journal Le Piccolo. Des prix seront également remis pour récompenser les professionnels de la communication qui se sont distingués dans le domaine du true crime.
Points importants à retenir
- Le festival Trieste True Crime met l’accent sur l’analyse sérieuse des faits divers.
- Il propose des échanges multidisciplinaires, impliquant experts et journalistes.
- Les neurosciences font leur entrée dans le droit pénal grâce à une décision historique.
- Des événements sont prévus pour le grand public et les écoles autour des thèmes du crime.
- Le festival se conclut par des réflexions sur le journalisme et la désinformation.
En fin de compte, ce festival représente davantage qu’un simple aperçu du crime : il ouvre la porte à une réflexion sur la manière dont notre société consomme et interprète la violence. En tant que journaliste, je ne peux m’empêcher de me demander comment cette fascination pour le crime influence notre culture populaire et nos perceptions de la justice. Est-il temps de redéfinir notre approche collective face à la vulgarité médiatique entourant ces drames, ou devrions-nous l’accueillir comme un reflet de nos propres angoisses et curiosités ?





