Les dates de péremption : une occasion de réduire le gaspillage alimentaire
Vous n’hésiteriez peut-être pas à déguster un sac de chips qui a dépassé sa date limite de consommation, mais qu’en est-il d’un yaourt un mois après sa date de péremption ? Est-ce vraiment sans danger ?
Dans un contexte économique où les prix alimentaires grimpent, de nombreux consommateurs se tournent vers des produits dont la date de péremption est proche, voire dépassée, dans une quête d’économies.
Des experts soulignent que cela n’est pas nécessairement problématique, car les dates de péremption concernent souvent la qualité des aliments, et non leur sécurité. Emily Browning, responsable des opérations pour Second Harvest dans l’Atlantique canadien, explique : « Les dates de consommation optimale sont souvent confondues avec les dates de péremption. ‘Best before’ ne signifie pas ‘mauvais après’…. Légalement, seuls les produits ayant une durée de conservation de 90 jours ou moins doivent afficher une date. »

Second Harvest collecte des denrées alimentaires à travers la chaîne d’approvisionnement, provenant à la fois des producteurs et des détaillants. En raison de ce qu’on appelle le “date coding”, de nombreux aliments que l’on pourrait encore consommer sont jetés alors qu’ils pourraient nourrir des personnes dans le besoin.
La demande pour des produits à prix réduits a conduit à l’apparition de supermarchés discount et d’applications de lutte contre le gaspillage alimentaire comme Flashfood, Too Good To Go ou FoodHero, visant à aider les consommateurs à sauver des produits proches de leur date de péremption.
Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire d’agri-alimentaire et d’analyse de l’Université Dalhousie, note que ces enseignes et applications propose souvent des produits à des remises allant de 40 à 80 %. « Je vois des gens vérifier les dates dans les magasins… Ils cherchent à acheter les produits dont la date limite est la plus éloignée possible », dit-il. « Les Canadiens font-ils des compromis en matière de nourriture ? Absolument. Mais souvent, c’est par nécessité. »
Des milliards de gaspillage alimentaire évitable
Charlebois met en lumière l’impact potentiel de cette tendance sur les banques alimentaires, qui pourraient devoir acheter davantage de produits alors que les dons diminuent. C’est un défi que Second Harvest tente de relever : elle œuvre uniquement pour redistribuer les denrées aux banques alimentaires et autres associations à but non lucratif, et assure que les dons n’ont pas subi de dommages liés à la température et qu’ils ne montrent pas de signes de détérioration.

Second Harvest s’appuie également sur un outil développé avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments pour aider les consommateurs à déterminer combien de temps après une date limite un aliment reste consommable. Par exemple, la viande hachée doit être consommée avant la date indiquée, mais peut être congelée pendant deux à trois mois supplémentaires. D’autres viandes comme le mouton ou le porc peuvent être conservées congelées jusqu’à un an après leur date limite.
« C’est intéressant de voir l’évolution des mentalités concernant la consommation de produits après leur date de péremption », conclut Browning. « Au Canada, près d’un quart du gaspillage alimentaire évitable est dû aux pratiques de date coding, représentant environ 12,4 milliards de dollars de nourriture encore consommable qui est jetée chaque année. »
Points importants à retenir
- Les dates de consommation optimale indiquent la qualité, pas nécessairement la sécurité.
- Seules les denrées avec une durée de conservation de trois mois ou moins ont légalement besoin d’une date de péremption.
- Des initiatives comme Second Harvest œuvrent pour réduire le gaspillage en redistribuant les surplus alimentaires.
- Les applications contre le gaspillage alimentaire gagnent en popularité et aident les consommateurs à économiser.
- Une prise de conscience croissante des pratiques de conservation et de consommation responsable est notée.
Réfléchissons à la manière dont chacun de nous peut agir pour réduire le gaspillage alimentaire. Accepter de consommer des denrées dépassant leur date de consommation optimale pourrait non seulement contribuer à la lutte contre la précarité alimentaire, mais aussi à la préservation de notre environnement. Quelles autres solutions pourraient être mises en place pour encourager cette pratique ?




