Lutte des équipes de santé contre la désinformation sur les compléments alimentaires

Lutte des équipes de santé contre la désinformation sur les compléments alimentaires

La désinformation sur l’utilisation de compléments alimentaires tels que le curcuma, le millepertuis et le magnésium est désormais si répandue que les cliniciens de la NHS doivent régulièrement démentir ces affirmations en ligne. Deux travailleurs de santé sur cinq rencontrent des patients qui soulèvent des informations inexactes ou trompeuses sur les compléments au moins une fois par semaine.

Une enquête menée par YouGov pour le World Cancer Research Fund (WCRF) a révélé que ce chiffre atteint même 53 % chez les infirmiers et infirmières. Les fausses informations sur la nutrition et les compléments occupent ainsi un temps précieux lors des consultations médicales, selon les praticiens.

Le WCRF s’inquiète des croyances des patients en des régimes alimentaires non prouvés, en des vitamines et minéraux qui pourraient mettre leur santé en danger et accroître leur risque de cancer. La Dr Philippa Kaye observe les conséquences de cette désinformation dans son cabinet chaque semaine. Elle raconte que ses patients arrivent souvent avec des articles de presse, des captures d’écran de réseaux sociaux ou des vidéos TikTok, convaincus que ces sources en ligne garantissent la sécurité des produits classés « naturels ».

“Il est alarmant de constater que beaucoup pensent que ces produits sont forcément sans danger, alors que nous savons que ce n’est pas toujours le cas,” ajoute-t-elle. Certains compléments peuvent présenter des risques cachés, tels que des lésions hépatiques liées aux compléments de curcuma ou des interactions entre le millepertuis et d’autres médicaments.

À l’approche de la Semaine de l’Action pour la Prévention du Cancer, le WCRF a commandé cette enquête auprès de 795 membres du personnel de la NHS. Les spécialistes du cancer s’inquiètent de la compréhension erronée de la santé par le public et comptent mener des actions les trois prochaines années pour mettre en lumière les dangers de la désinformation.

Steven Greenberg, directeur du WCRF au Royaume-Uni, met en garde contre les conseils douteux sur l’alimentation et les compléments alimentaires. “Les réseaux sociaux regorgent de promesses mensongères et de déclarations dangereuses sur la prévention du cancer,” souligne-t-il.

Sharron Moffatt, qui est devenue militante après un diagnostic de cancer du sein en 2024, témoigne que son expérience révélait à quel point les patients sont vulnérables face à la désinformation. Elle a constaté une vague de recommandations sans fondement provenant de ses proches, mais a aussi appris que ces promesses de guérison miracle peuvent souvent ne pas avoir de base solide.

Rachel White, diététicienne en oncologie, ajoute que cette désinformation rend son travail “difficile,” car les patients, en quête d’amélioration de leur condition, peuvent adopter des comportements nuisibles. Elle encourage toujours ses patients à discuter des compléments avec des professionnels et à se fier aux preuves scientifiques.

Les autorités de santé rappellent que pour des questions de santé, il est primordial de consulter un médecin qualifié et non de s’en remettre aux conseils trouvés sur Internet. Elles attendent des réseaux sociaux qu’ils agissent rapidement contre la désinformation sur la santé.

Points importants à retenir

  • La désinformation sur les compléments alimentaires est un défi de taille pour les professionnels de santé.
  • Les patients se fient souvent à des sources non vérifiées sur les réseaux sociaux, générant des malentendus.
  • Les effets secondaires des compléments sont parfois méconnus des utilisateurs, soulignant la nécessité d’une communication claire.
  • Des experts mettent en garde sur le risque accru pour la santé si des régimes non prouvés sont adoptés sans supervision médicale.
  • La sensibilisation face à cette désinformation est en cours, avec un appel à former le personnel médical à mieux répondre aux préoccupations des patients.

Réfléchissant à l’impact de cette désinformation, je constate qu’il est essentiel d’encourager la recherche de preuves fiables et de recommandations médicales fondées. L’auto-diagnostic et l’auto-médication, bien que compréhensibles face à l’incertitude, peuvent avoir des conséquences néfastes. Il est donc crucial de rester attentif et critique vis-à-vis des informations que nous consommons, surtout en matière de santé.



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