L’huile de krill surpasse l’huile de poisson pour augmenter les acides gras plasmatiques, avec des effets selon le sexe

L'huile de krill surpasse l'huile de poisson pour augmenter les acides gras plasmatiques, avec des effets selon le sexe

Des chercheurs de l’Université de Sherbrooke, au Canada, ont mené un essai contrôlé randomisé de 12 semaines avec 72 adultes en bonne santé. Les résultats ont révélé que les participants prenant de l’huile de krill ont montré des augmentations d’EPA et de DHA plasmatiques environ 1,5 fois plus importantes que ceux prenant de l’huile de poisson, bien que les deux groupes aient reçu environ 1,1 gramme par jour d’acides gras oméga-3.

« Les acides gras oméga-3, notamment l’acide éicosapentaénoïque (EPA) et l’acide docosahexaénoïque (DHA), sont reconnus pour leurs bienfaits pour la santé », ont écrit les chercheurs dans The American Journal of Clinical Nutrition.

« Cependant, leurs niveaux circulants après supplémentation peuvent être modifiés par plusieurs facteurs, tels que le sexe, la présence de l’allèle apolipoprotéine E4 (APOE4) et la forme chimique du supplément. L’huile de krill fournit principalement des oméga-3 sous forme de phospholipides, tandis que l’huile de poisson les délivre sous forme de triglycérides. »

L’étude, financée par les Instituts canadiens de recherche en santé, a utilisé des capsules d’huile de poisson fournies par Neptune Wellness Solutions et des capsules d’huile de krill SuperbaBoost d’Aker BioMarine.

Au-delà de la dose : vers des phospholipides de nouvelle génération

Ces découvertes alimentent un débat sur la manière dont la forme chimique des oméga-3 peut influencer leur biodisponibilité, leur rétention et éventuellement leurs effets sur la santé. Bien que l’huile de poisson reste dominante dans cette catégorie, les oméga-3 liés à des phospholipides sont de plus en plus perçus comme un système de délivrance plus efficace. L’étude souligne que la structure des phospholipides de l’huile de krill, en particulier sa teneur en phosphatidylcholine, pourrait justifier la réponse plasmatique plus forte observée.

« La concentration plus élevée d’EPA et de DHA dans le plasma avec l’huile de krill observée dans cette étude n’est probablement pas liée à une absorption supérieure de ces acides gras, mais plutôt à des différences dans la gestion digestive et post-absorption entre acides gras liés à des phospholipides et à des triglycérides », ont expliqué les chercheurs.

Des études antérieures suggèrent que la structure des phospholipides du krill favorise leur incorporation dans les lipides membranaires circulants, ce qui pourrait mener à des niveaux sanguins plus élevés et plus durables d’acides gras oméga-3. En revanche, les oméga-3 de l’huile de poisson sont souvent incorporés dans des graisses de stockage neutres.

Effets du sexe, pas de différences génétiques

Les chercheurs de l’Université de Sherbrooke ont également examiné si le sexe et le statut de porteur d’APOE4 influençaient la réponse à la supplémentation. Chaque groupe d’essai comprenait 10 porteurs d’APOE4 et 26 non-porteurs, avec une distribution par sexe comparable et un âge médian de 59 ans.

Les résultats ont montré une interaction significative entre le temps et le sexe pour l’EPA, les femmes présentant des augmentations plus importantes que les hommes au cours de l’essai. Cependant, les réponses en DHA ne différaient pas significativement selon le sexe.

« Cela correspond à des résultats antérieurs où les femmes avaient des niveaux d’EPA plus élevés dans le plasma après supplémentation, tandis que les augmentations de DHA n’étaient pas influencées par le sexe », ont affirmé les chercheurs. Ces résultats mettent en avant que la physiologie spécifique au sexe et la formulation des suppléments jouent un rôle crucial dans la modulation des concentrations d’oméga-3 dans le plasma.

Bien que les porteurs et les non-porteurs d’APOE4 aient montré des augmentations des niveaux d’oméga-3, les différences entre les groupes génétiques n’étaient pas statistiquement significatives, suggérant que l’avantage de l’huile de krill observé dans l’étude était maintenu quelles que soient les caractéristiques d’APOE4 au sein de ce groupe.

Les porteurs du gène APOE4, un facteur génétique majeur du risque de la maladie d’Alzheimer, ont rencontré des difficultés dans le transport des oméga-3 à travers le cerveau. Cependant, l’huile de krill a augmenté les acides gras oméga-3 plasmatiques plus que l’huile de poisson, quel que soit le génotype APOE4.

Bien que les résultats soient prometteurs, les chercheurs ont averti qu’ils ne doivent pas être extrapolés à des populations de personnes âgées, à celles souffrant de maladies chroniques ou à des groupes cognitivement déficients.

Ils ont en outre souligné que des niveaux plasmatiques plus élevés d’EPA et de DHA ne se traduisent pas nécessairement par de meilleurs résultats cliniques et qu’un enrichissement plasmatique seul ne garantit pas une meilleure absorption tissulaire ou un bénéfice fonctionnel.

Points importants à retenir

  • Les compléments d’huile de krill semblent offrir une meilleure biodisponibilité des oméga-3 par rapport à l’huile de poisson.
  • Les femmes pourraient avoir une réponse plus favorable en termes d’EPA après supplémentation.
  • Les différences de réponses en oméga-3 pourraient ne pas dépendre du statut génétique d’APOE4.
  • Les résultats demandent des interprétations prudentes en raison de la composition de l’échantillon.

Il est évident que la discussion sur l’impact des différentes sources d’oméga-3 est essentielle pour notre compréhension de la nutrition. Personnellement, je suis curieuse de savoir comment ces résultats pourraient influencer nos choix en matière de suppléments et les recommandations nutritionnelles futures. Cela soulève également une question : à quel point devrions-nous adapter nos régimes alimentaires en fonction de notre propre biologie ?



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