Le combat d’un chroniqueur culinaire pour se débarrasser du gluten

Le combat d'un chroniqueur culinaire pour se débarrasser du gluten

Régime sans gluten : un défi quotidien

Baguettes dans une boulangerie.
Baguettes dans une boulangerie.

Bien que je ne sois pas atteinte de la maladie cœliaque, j’éprouve une réelle sensibilité au gluten. Cela se traduit par de la fatigue, un gonflement et un malaise après les repas. Mon visage gonfle, des migraines m’assaillent, rendant la concentration difficile, et des douleurs abdominales peuvent persister pendant des jours.

Au début, j’ai voulu éliminer d’autres groupes alimentaires, persuadée que mes plats préférés ne pouvaient pas être en cause. Était-ce le lactose ? Le sucre ? Non, c’était bel et bien le gluten.

En théorie, un régime sans gluten peut sembler facile à gérer. Mais en pratique, cela représente un véritable défi mental au quotidien.

Chaque repas devient une enquête. Je scrute les menus à la recherche d’indices : de la farine cachée dans une sauce ou un bouillon, des miettes dans une boule de viande, de la sauce soja dans une marinade ? J’ai compris que le gluten est plus qu’un ingrédient ; c’est un choix de consommation que l’industrie alimentaire a imposé. Il est omniprésent, insidieux et parfois même désagréable.

Chef Giuseppe Bello préparant des plats.
Chef Giuseppe Bello préparant des plats au restaurant Saltimbocca.

Sortir au restaurant, qui était autrefois l’une des plus grandes joies de mon métier, s’apparente désormais à un parcours d’obstacles.

« Est-ce que c’est frit ? Utilisez-vous une friteuse partagée ? »

« Avez-vous des pâtes sans gluten ? »

« Pouvez-vous ne pas paner l’aubergine ? »

Chaque fois que le serveur doit « vérifier avec la cuisine », je sens que mes dîners vont devenir compliqués.

Parfois, j’observe le panier de pain sur la table, tandis que les autres se beurrent généreusement leurs tranches. Devant des plats, je demande souvent : « Qu’est-ce qui est sans gluten ici ? » et je me retrouve avec une salade, me sentant comme un lapin pour le jour.

Il est intriguant de constater à quel point notre personnalité peut être façonnée par la nourriture. Je préparais moi-même des pâtes et j’avais même un t-shirt arborant les mots « LES FILLES CHAUDES MANGENT DU PAIN ». J’ai toujours été une mangeuse aventureuse, prête à tout goûter, et je croyais que le meilleur moyen de découvrir un endroit était de goûter à sa cuisine.

À présent, je me demande si les chips sont réellement sans gluten ou simplement « dans l’esprit ». Je ne suis pas parfaite dans ce nouveau régime. Manger mon plat de cacio e pepe préféré ou une pizza pepperoni, tout en sachant que je vais souffrir ensuite, est devenu une réalité.

Verveine, boulangerie sans gluten.
Verveine, boulangerie sans gluten à Cambridge.

Cependant, j’ai découvert d’excellents établissements qui répondent à mes besoins, comme Verveine Café & Bakery, entièrement sans gluten, où je savoure leurs pains et leurs brownies. Nicks on Broadway à Providence propose des crostinis et biscuits qui rivalisent avec les classiques. Et je me tourne aussi vers des cuisines naturellement sans gluten comme la cuisine vietnamienne. Les restaurants comme Le Madeline à Quincy et Gao à Dorchester deviennent mes adresses incontournables.

Bien que je continue d’aimer sortir et de découvrir de nouvelles saveurs, je dois désormais faire une pause avant chaque bouchée et évaluer la situation, un réflexe que je n’avais jamais eu auparavant.

Points importants à retenir

  • La sensibilité au gluten peut provoquer divers symptômes, rendant la vie quotidienne complexe.
  • Chaque repas nécessite une vigilance constante concernant les ingrédients.
  • Les sorties au restaurant nécessitent souvent des questions auprès des serveurs sur les contenus des plats.
  • Il est possible de trouver des options délicieuses sans gluten dans différents types de cuisines.
  • La cuisine vietnamienne est particulièrement riche en choix sans gluten.

Réfléchissons ensemble : notre rapport à la nourriture est-il inéluctablement lié à notre identité ? En tant que gastronomes, devrions-nous nous adapter aux impératifs d’une cuisine inclusive tout en préservant les plaisirs gustatifs que nous chérissons tant ? Je vous invite à en discuter.



Votez pour cet post

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *