Qu’est-ce que signifie « cuisine bienveillante » ? Cela dépend de la personne à qui vous le demandez. C’est pourquoi chaque mois, notre plan de « cuisine bienveillante » – avec des recettes délicieuses et quelques surprises – est animé par une nouvelle personnalité. Ce mois-ci, Aran Goyoaga partage son parcours de retour au pain.
J’ai grandi dans la pâtisserie de mes grands-parents en Espagne, au milieu des sacs de farine et du bruit des mélangeurs. C’est là que j’ai appris à faire confiance au pouvoir du gluten. La farine de blé, élastique et fiable, était la base de presque tout ce qu’ils créaient. C’était le fondement de notre familiale et comment nous prenions soin de notre communauté. Je n’aurais jamais imaginé devoir m’en séparer.
Mais notre corps a sa propre sagesse, et le mien a finalement demandé quelque chose de différent. Après avoir déménagé aux États-Unis, suivi une école culinaire et travaillé dans des cuisines professionnelles, j’ai compris que ma souffrance chronique était liée à mon incapacité à digérer le gluten. L’éliminer est devenu un changement nécessaire pour ma santé, mais s’est transformé en un profond soulagement et une joie inattendue. Comprendre mon intolérance m’a permis de mieux appréhender ce que je pouvais maîtriser et comment je pouvais me sentir mieux.
Ce changement a modifié bien plus que mon alimentation. Faire du pain sans blé signifiait abandonner tout ce que je pensais savoir. J’ai dû recommencer avec curiosité, car les anciennes règles ne s’appliquaient plus. Ma réapprentissage s’est fait lentement et souvent de manière désordonnée. J’ai expérimenté avec des ingrédients ayant des comportements différents de celui du blé : des flocons d’avoine apportant du croquant mais sans élasticité, de la gomme de xanthane et des graines de chia qui lient plus doucement que le gluten. J’ai aussi découvert que la fermentation (et ainsi le pain au levain) pouvait prospérer sans gluten, et que le pain sans blé pouvait être riche en texture et en saveur.
Cette recette de pain à l’avoine et aux graines de chia, préparée dans un seul bol et sans pétrissage, reflète toutes ces expérimentations et le changement mental qui les a accompagnées. C’est une recette pratique et indulgente, démontrant comment une contrainte peut ouvrir la voie à de nouvelles possibilités. J’ai trouvé une nouvelle manière de me connecter avec ceux qui cherchent également à se sentir mieux dans leur corps sans renoncer au plaisir de la bonne cuisine. Pour moi, c’est cela la cuisine bienveillante : un repas qui vous rencontre là où vous êtes et soutient silencieusement vos aspirations futures.
Points importants à retenir
- La cuisine bienveillante peut varier d’une personne à l’autre, chaque expérience alimentaire étant unique.
- Un changement dans l’alimentation peut révéler des pathologies non diagnostiquées, comme l’intolérance au gluten.
- Adopter une nouvelle approche en cuisine nécessite parfois de lâcher prise sur d’anciennes habitudes.
- Des ingrédients alternatifs comme l’avoine, la gomme de xanthane et les graines de chia peuvent enrichir les recettes sans gluten.
- La cuisine doit être un espace de plaisir et de découverte, même face à des restrictions alimentaires.
À travers ce parcours, j’ai réalisé combien notre relation à la nourriture est intimement liée à notre bien-être. Chaque plat, chaque recette, est une nouvelle opportunité de redécouvrir notre corps et nos goûts. Un échange précieux qui mérite d’être cultivé avec soin et attention. Quelles décisions alimentaires seriez-vous prêt(e) à explorer pour améliorer votre bien-être ?





