Les Australiens achètent des compléments de fer presque aussi pauvres en fer qu’une tranche de pain, alertent les experts.

Les Australiens achètent des compléments de fer presque aussi pauvres en fer qu'une tranche de pain, alertent les experts.

La professeure Géraldine Moses a récemment échangé avec une infirmière au sujet d’un constat préoccupant : des patients atteints d’insuffisance rénale consomment des « suppléments de fer » contenant presque aucune quantité de fer. Ces patients, souvent sous dialyse, nécessitent en effet des suppléments en raison de leur incapacité à produire des globules rouges, entraînant ainsi des carences et de l’anémie.

Spécialiste en pharmacie clinique, le Dr Moses a exprimé son étonnement face à la commercialisation excessive de produits contenant peu ou pas de fer. Vendus en ligne et dans les magasins, ces comprimés affichent des quantités minimes – souvent 5 mg ou moins par prise – tout en laissant entendre qu’ils peuvent remédier aux carences en fer.

Elle souligne que certains de ces produits à faible dosage se présentent comme « doux pour l’estomac », en réalité, la raison pour laquelle ils ne provoquent pas de troubles est qu’ils ne contiennent pratiquement aucun fer. « On trouve des poudres, des liquides, des comprimés, et même des sachets coûteux d’eau supposément enrichie en fer, mais qui contiennent moins de fer qu’un bol de céréales », précise-t-elle.

Les femmes, notamment, peuvent avoir des besoins accrus en fer en raison des pertes sanguines pendant leurs menstruations ou la grossesse. Si une femme achète un produit prétendu être un supplément de fer mais qui en contient presque pas, sa carence ne sera pas corrigée.

Ce point de vue est soutenu par la présidente du Royal Australian College of Physicians, Professeur Jennifer Martin, qui appelle à un meilleur contrôle des suppléments par les autorités. Elle rappelle que de nombreux suppléments de fer sont classés comme des « aliments » ou des médicaments « listés » par l’agence de réglementation australienne, obligés de prouver moins d’efficacité que les médicaments sur ordonnance.

Selon elle, une solution immédiate serait que les médecins détaillent précisément le produit à prescrire et que les patients posent des questions en cas de doute. Néanmoins, il est essentiel d’améliorer la régulation de ces produits et leur mode de marketing.

Pour traiter l’anémie ferriprive, la Croix-Rouge australienne recommande une dose quotidienne de 100 à 200 mg de fer élémentaire. Leur site souligne qu’il existe plus de 100 préparations contenant du fer disponibles sans ordonnance en Australie, mais peu d’entre elles sont réellement efficaces pour traiter l’anémie.

Moses, aussi professeure associée à l’Université du Queensland, insiste sur le fait que plusieurs de ces produits à faible dosage sont déjà régulés comme des médicaments. « Il est illogique que la TGA permette à ces produits de prétendre prévenir la carence en fer », déplore-t-elle.

Un porte-parole de la TGA n’a pas fourni de réponse directe aux préoccupations concernant la possibilité que ces produits induisent les consommateurs en erreur, indiquant qu’aucune action n’était prévue pour renforcer les exigences liées aux doses thérapeutiques minimales.

Points importants à retenir

  • Consultez toujours votre médecin pour des tests et des conseils, car d’autres médicaments et problèmes de santé peuvent influencer vos besoins en fer.
  • La dose quotidienne recommandée pour les personnes anémiques se situe entre 150 mg et 200 mg de fer élémentaire.
  • De nombreux suppléments de fer sont considérés comme des « aliments » par la TGA, avec des exigences de preuve d’efficacité moindres.
  • Vérifiez la présence d’un numéro AUST R pour les produits anti-anémie, garantissant une évaluation complète par la TGA.
  • Demandez à votre médecin des recommandations spécifiques de produits.

En somme, il est crucial de rester vigilant face aux promesses souvent exagérées des suppléments de fer. La santé est un domaine où chaque détail compte, et il est essentiel que nous, consommateurs, prenions le temps de comprendre et d’analyser ce que nous mettons dans notre corps. Quel rôle devrions-nous jouer dans la régulation des produits de santé ? C’est une question qui mérite d’être posée et débattue.



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