Trio de suppléments booste le comportement social des souris

Trio de suppléments booste le comportement social des souris
Des suppléments se déversent d'un contenant, illuminés par le soleilUne étude menée sur des souris révèle des bénéfices liés à l’autisme grâce à un mélange de trois suppléments. Photo : Olga Pankova/Getty Images

Une récente étude animale parue dans PLoS Biology met en lumière l’impact d’un complément alimentaire combinant trois éléments sur la connectivité cérébrale et le comportement social dans différents modèles murins de troubles du spectre autistique (TSA).

Fait intéressant, lorsque les suppléments étaient administrés individuellement, bien qu’à des doses identiques, aucun changement n’était observé dans les cerveaux ou le comportement des animaux.

Selon Ming-Hui Lin, co-auteur de l’étude, ces résultats soutiennent l’idée que les combinaisons de suppléments nutritifs à faibles doses peuvent être bénéfiques.

Malgré l’attention médiatique qu’ils suscitent, les TSA demeurent encore mal compris. Des études montrent que 60 à 90 % du risque est d’origine génétique, et avoir un proche atteint d’autisme constitue un facteur de risque important. Plus de 900 gènes ont été identifiés comme étant impliqués dans le risque de TSA.

De plus, certains facteurs environnementaux, tels que des parents plus âgés, le diabète gestationnel ou la hypertension durant la grossesse, ainsi qu’une mauvaise santé mentale maternelle, jouent un rôle. Les scientifiques ont également établi qu’aucun vaccin n’est lié au risque d’autisme.

Cependant, la recherche sur les animaux présente des limites, notamment parce que de nombreux experts considèrent que “l’autisme est un trouble exclusivement humain”. Il est par conséquent essentiel d’approcher les résultats de ces études avec un certain scepticisme, en particulier pour des conditions neurodéveloppementales comme les TSA.

Bien que les résultats de cette étude soient prometteurs, les modèles murins ne répliquent pas fidèlement l’autisme chez les humains. Maria Knöbel, Directrice Médicale chez MedicalCert, explique que les modèles animaux ne peuvent pas refléter les perceptions sensorielles et émotionnelles humaines.

“Les conclusions de l’étude devraient être considérées comme des indicateurs préliminaires qui influencent la recherche, et non comme des recommandations cliniques directes.”
— Maria Knöbel, MBBS

Globalement, les experts s’accordent à dire que les traits associés aux TSA proviennent de problèmes survenant durant le développement, affectant la signalisation cérébrale et la formation des synapses.

Les auteurs de la dernière étude ont donc sélectionné les suppléments susceptibles de soutenir ces fonctions :

  • Zinc : Micronutriment essentiel à la formation des synapses, une carence en zinc est liée à des comportements semblables à l’autisme chez les modèles animaux.
  • Serine : Cet acide aminé non essentiel joue un rôle dans le métabolisme et la signalisation entre les cellules cérébrales.
  • Aminoacides à chaîne ramifiée (BCAA) : Comprenant trois acides aminés essentiels, leucine, isoleucine et valine, certains gènes associés aux TSA régulent leur transport ou métabolisme.

Les scientifiques ont choisi de les combiner pour réduire le risque d’effets secondaires liés à des doses élevées tout en profitant d’effets synergiques.

Les chercheurs ont administré le supplément à trois modèles murins différents de TSA, mesurant les changements d’expression protéique et d’activité neuronale dans une partie de l’amygdale, souvent modifiée chez les personnes atteintes d’autisme.

Bien que les suppléments de BCAA, de serine ou de zinc pris séparément n’aient provoqué aucune modification, leur administration en trio a entraîné des améliorations dans la synthèse protéique, l’activité synaptique et le comportement des animaux.

Les auteurs concluent : “Les suppléments alimentaires qui améliorent l’activité synaptique et la synthèse protéique peuvent corriger l’activation neuronale anormale et améliorer les comportements sociaux dans plusieurs modèles murins de TSA.”

Ming-Hui Lin se déclare “ravie d’observer qu’il a suffi de 7 jours de traitement avec le mélange nutritif pour moduler de manière significative l’activité et la connectivité des circuits neuronaux.” Ces résultats soutiennent les effets bénéfiques des combinaisons de suppléments à faibles doses.

Il est tentant, dans un contexte où les traitements pour le TSA sont limités, d’expérimenter sur soi ou ses enfants. Cependant, cela comporte des risques. Maria Knöbel signale des cas d’insomnie liés à des changements d’apports en compléments, et souligne que les enfants, en raison de leur taille réduite, peuvent facilement subir des “charges métaboliques dangereuses”.

La psychologue clinicienne Eleni Nicolaou avertit également que des doses inappropriées de suppléments peuvent entraîner des modifications significatives du sommeil, du rythme cardiaque et interagir avec des médicaments, ajoutant qu’elle a personnellement observé de la fatigue, des nausées et des sautes d’humeur dues à des suppléments apparemment sûrs.

En somme, cette étude enrichit notre compréhension des TSA et pourrait constituer une première étape vers un traitement simple pour atténuer certains symptômes. Cependant, un travail supplémentaire est nécessaire.

Points importants à retenir

  • Les résultats d’une étude menée sur des souris montrent des bénéfices potentiels d’un mélange de suppléments.
  • Aucun effet n’a été observé lorsque les suppléments étaient donnés individuellement.
  • Les gènes jouent un rôle majeur dans les risques de TSA tandis que des facteurs environnementaux contribuent également.
  • La prudence est de mise avec l’utilisation de suppléments, surtout chez les enfants.
  • La recherche sur les modèles animaux a ses limites et ne peut pas toujours être extrapolée aux humains.

En tant que citoyenne engagée et observatrice de l’évolution des connaissances en matière de santé, je me pose des questions sur les implications de ces découvertes. Est-il judicieux d’attendre de tels résultats pour progressions thérapeutiques dans le domaine de l’autisme ? Nous devons continuer à nous informer et à échanger sur les enjeux liés à cette pathologie, afin de soutenir les initiatives qui favorisent une recherche responsable et éthique.



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