Une enquête a été lancée suite à des signalements adressés à la Fédération nationale des Ordres des biologistes (Fnob), concernant une femme exerçant comme nutritionniste à Correggio sans les qualifications requises par la législation. Les investigations des carabiniers du Nas ont mené à la mise en cause d’une femme, aujourd’hui âgée de 64 ans, qui a résidé dans la localité et qui est désormais poursuivie pour exercice illégal de la profession entre mai et décembre 2020. Son cabinet a été fermé à son départ à la retraite. Selon les informations fournies au procureur Isabella Chiesi, elle aurait délivré des conseils nutritionnels personnalisés, tant oralement que par des programmes alimentaires, sans l’autorisation de l’État. Ces actes nécessitent des compétences spécifiques réservées aux biologistes, médecins, diététiciens ou pharmaciens. La Fnob, présidée par l’ancien sénateur Vincenzo D’Anna, s’est constituée partie civile.
Lors de l’audience devant la juge Michela Caputo, l’accusée, défendue par l’avocate Roberta Dall’Argine, a été entendue. Elle s’est décrite comme une “consultante en nutrition”, expliquant qu’elle fournissait des recettes de cuisine et des conseils sur les méthodes de cuisson tout en portant attention aux ingrédients. Elle a fait valoir qu’elle précise dans les documents de consentement remise aux patients qu’elle n’était ni docteure ni biologiste et que ces propositions de régimes devaient être soumises au médecin traitant. Des témoins ont rapporté qu’elle indiquait des grammes de nourriture : “Je donnais une idée de ce qu’il fallait manger, un plat étant composé de glucides, de protéines et de légumes. Beaucoup insistaient pour connaître les quantités.”
Interrogée par le procureur sur sa qualification, elle a répondu que “nutritionniste veut dire consultante en nutrition : ce sont des synonymes, il n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme.” Sur les “fiches alimentaires avec les grammes” qu’elle aurait fournies, elle a expliqué qu’elle indiquait simplement “pas plus de 100 grammes” pour une semaine type. L’avocate de la partie civile, Laura Chabry, lui a contesté que les personnes lui apportaient leurs analyses de sang : “Je les regardais et c’est tout, je leur disais d’aller voir le médecin.”
Un témoignage a été évoqué concernant une femme qui aurait reçu de l’accusée un régime rapide de 30 jours pendant l’allaitement, proposé pour stimuler la thyroïde, mais celui-ci aurait été interrompu en raison de la réduction du lait. L’accusée a déclaré avoir conseillé à cette femme de consulter un médecin et ne se souvenait pas de l’avoir visitée ou de lui avoir prescrit un régime. Selon l’avocate de la partie civile, pour devenir nutritionniste, il faut un diplôme, une habilitation professionnelle et s’inscrire à un ordre professionnel. Cependant, l’avocate Dall’Argine soutient que le rôle de nutritionniste “n’est pas restreint à une catégorie spécifique nécessitant un diplôme, mais est encadré par la loi 4/2013 sur les professions non organisées en Ordres ou en collèges”, ajoutant que la femme détient “un diplôme de consultante en nutrition de l’Université populaire de Sciences de la santé à Turin et est inscrite au registre national des professionnels en Sciences et disciplines du bien-être.”
Points importants à retenir
- Signalements à la Fnob concernant l’exercice illégal de la profession.
- Examen par les carabiniers du Nas ayant conduit à une mise en cause de l’accusée.
- La strictes qualifications nécessaires pour offrir des services de nutrition.
- Défense de l’accusée soulignant l’absence d’obligation de diplôme pour le titre de nutritionniste.
- Témoignages contradictoires concernant la nature des conseils donnés.
- Discussion sur la réglementation des professions non organisées.
Il est essentiel de réfléchir à la frontière entre conseils informels et prescriptions médicales en matière de santé et de nutrition. Chaque individu a le droit d’accéder à des informations claires et appropriées concernant son alimentation, mais cela doit se faire dans un cadre légal et professionnel. La question de la réglementation des métiers liés à la santé est cruciale, et il est de notre responsabilité collective d’interroger cette complexité, non seulement pour protéger le public, mais aussi pour garantir que les professionnels, quel que soit leur statut, agissent dans le respect de normes éthiques et professionnelles.





