Renforcez vos liens : le fitness, secret d’une relation père-fils indestructible

Par Lee-Anna Maharaj

Les liens entre les pères et leurs enfants sont souvent empreints de moments particuliers. À 80 ans, Chanka Ramrattan savoure cette complicité à travers une passion commune pour le fitness avec son fils de 46 ans, Nari.

Résidant à Rousillac, Chanka se remémore ses débuts dans le monde de l’exercice physique à l’âge de 14 ans. Entre courses à pied et levées de poids, il a cultivé une passion intacte. Alors qu’il travaillait comme commis chez Texaco, il parcourait chaque jour à pied les 12 kilomètres qui séparaient la forêt de son domicile à Rousillac.

« J’ai participé à tous les marathons de Trinidad ; peu importe lequel, je le connais. Le marathon de Miami, le Tobago Sea-to-Sea, qui est le plus exigeant que j’aie jamais fait. J’ai même remporté un trophée pour le marcheur le plus rapide et j’ai conservé toutes mes médailles », se souvient-il fièrement.

Le dernier marathon auquel Chanka a participé était virtuel, en 2021. Depuis, son médecin lui a recommandé de ralentir le rythme. Aujourd’hui, il s’entraîne au Health and Fitness Gym à Debe et South Oropouche trois fois par semaine, marchant sur le tapis de course comme s’il participait à un marathon personnel.

« Je fais une heure de marche cardio, suivie d’une heure d’entraînement avec des poids, puis je nage et plonge pendant une heure », précise-t-il.

Chanka est convaincu que son engagement envers l’exercice a joué un rôle clé dans sa longévité. Il envisage de continuer sur cette voie. « L’exercice est très important, et j’apprécie profondément cette activité. À Miami, vous croisez des centenaires dans les salles de sport. Si vous ne bougez pas, vous vous sentez apathique et déprimé. Il faut aussi stimuler son esprit par la lecture », insiste-t-il.

Pour Nari, la ténacité est l’un des plus précieux enseignements que lui a transmis son père, aux côtés de l’amour pour l’exercice. « En voyant mes parents s’entraîner et rester en forme, pourquoi ne pas faire de même ? C’était une habitude que nous avons tous adoptée, mes deux frères et moi », explique-t-il.

Ingénieur et homme d’affaires, Nari se souvient avoir commencé à soulever des poids avec son père et son oncle dès son jeune âge, forgeant ainsi une discipline qui demeure encore aujourd’hui. Cependant, une tragédie survient en 2016 lorsqu’il se blesse à la tête lors d’un accident de plongée, endommageant ses vertèbres C6 et C7 ainsi que sa moelle épinière.

« À 37 ans, j’ai perdu toute sensation dans mon corps. La personne que vous voyez ici aujourd’hui n’est pas celle d’il y a trois ans. À l’époque, je ne pouvais que bouger un doigt. Cela m’a demandé beaucoup de travail et de volonté pour m’en sortir. J’ai finalement réussi à me transférer de mon fauteuil roulant à un lit, puis à une voiture. J’ai même construit une machine avec un harnais pour m’aider à me dresser », raconte Nari.

S’il est actuellement quadraplégique, Nari souligne que sa progression a été possible grâce à sa persévérance et à l’aide de ses proches. Chanka admet que cette période a été l’une des plus difficiles de sa vie de père. « Je ne préfère pas en parler, c’était une épreuve. Il a passé six mois à Mount Hope, j’y allais tous les jours. C’était vraiment éprouvant, mais il se rétablit », confie-t-il.

Leur lien a néanmoins perduré. Pendant la pandémie de COVID-19, Nari a aidé son père à reprendre l’entraînement à domicile. « Quand mon père était coincé à la maison, il était malheureux. Nous avons alors établi un programme d’exercices que j’ai adaptés, et il en est même ressorti avec des abdominaux ! », se remémore Nari.

Chanka avoue que la détermination de son fils lui inspire courage et motivation. « Quand vous voyez quelqu’un avec un handicap s’exercer, cela vous pousse à faire de même. Si lui peut le faire, pourquoi pas moi ? Je souhaite à Nari tout le meilleur. Il suit ses exercices avec une volonté incroyable, c’est sans doute un peu de mes gènes qui lui ont été transmis », déclare Chanka.

Nari exprime sa gratitude envers son père : « Papa, merci d’être là pour nous. Tu nous apportes l’encouragement nécessaire pour avancer au quotidien. Continue d’être qui tu es, car ta force et ta détermination nous inspirent tous ».

Points importants à retenir

  • La passion pour l’exercice de Chanka Ramrattan illustre combien l’activité physique est essentielle pour le bien-être.
  • Les valeurs de persévérance et de discipline peuvent se transmettre de génération en génération.
  • Une complicité familiale peut se renforcer à travers des activités communes, comme le sport.
  • Les épreuves de la vie, même difficiles, peuvent renforcer les liens entre les proches.
  • Un accompagnement et un soutien moral sont cruciaux dans le parcours de réhabilitation.

En constatant l’importance du sport et des liens familiaux dans cette histoire, je me demande comment chacun d’entre nous peut cultiver ces valeurs au quotidien. Chacun fait face à des défis, mais à travers le soutien et l’engagement, nous pouvons transformer des obstacles en opportunités. Quelle place accordons-nous à l’exercice dans notre vie et comment en faisons-nous un vecteur de partage et d’inspiration au sein de nos familles ?



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