Les vidéos virales et les tendances de “fitspiration” peuvent parfois avoir des conséquences néfastes, comme l’indiquent les spécialistes de la santé.
Une province atlantique a déjà observé une augmentation d’une affection rare et potentiellement mortelle, causée par un surmenage physique, connue sous le nom de rhabdomyolyse.
Ce syndrome se manifeste par une dégradation rapide des muscles pouvant être induite par des exercices extrêmes, comme l’explique le Dr. Ryan Henneberry, médecin en médecine sportive à Halifax.
“Cela peut se produire, notamment chez une personne qui s’est récemment remise à un entraînement intense, comme le High-Intensity Interval Training ou le cyclisme en salle qui sont très en vogue actuellement,” précise-t-il.
Cette condition est causée par la libération de toxines dans le sang après la dégradation des cellules endommagées, ce qui peut engendrer de graves problèmes, y compris une insuffisance rénale.
“Les symptômes incluent souvent une urine de couleur thé, plus foncée ou brune, et cela s’accompagne généralement d’une faiblesse musculaire ou de douleurs,” explique Henneberry.
Les services de santé de Terre-Neuve-et-Labrador ont révélé le mois dernier avoir confirmé environ 20 cas dans la région orientale de la province sur une période de six mois. Selon le Dr. Richard Barter, chef de médecine d’urgence de l’autorité dans cette zone urbaine, les médecins s’attendent normalement à observer quelques cas par an.
“Un médecin a signalé avoir vu sept cas au cours des cinq derniers mois,” indique Barter.
La majorité de ces cas concernent des femmes âgées de 19 à 30 ans, et les autorités de santé soupçonnent que les réseaux sociaux pourraient jouer un rôle.
“Il y a actuellement une culture de la pratique d’activités extrêmes,” affirme Barter. “Nous suspectons qu’il y a beaucoup de publications sur les réseaux sociaux concernant les performances dans les séances d’entraînement, le nombre de répétitions effectuées, ou la fréquence cardiaque atteinte… cela engendre une sorte de compétition amicale.”
En revanche, en Nouvelle-Écosse, les autorités de santé n’ont pas constaté d’augmentation significative des cas de rhabdomyolyse. Les autorités du Nouveau-Brunswick n’ont pas fourni de données jusqu’à la date limite.
Laura Perry, entraîneuse personnelle et propriétaire de East Coast Barbell à Dartmouth, N.S., souligne qu’éviter la rhabdo exige une approche progressive de l’exercice.
“Il ne faut pas passer de zéro à cent dès le premier jour. On commence petit et on apprend à bouger notre corps de manière efficace et sécurisée,” déclare Perry.
“S’entraîner six jours par semaine n’est pas deux fois mieux que s’entraîner trois jours par semaine. Ce n’est pas ainsi que cela fonctionne. L’essentiel est de choisir une routine que vous pouvez suivre de manière cohérente, en laissant le temps pour récupérer.”
D’autres affirment que la bienveillance envers soi-même peut également jouer un rôle. Bien que la pression des réseaux sociaux pousse certains à des séances d’entraînement intenses, il est crucial de réfléchir aux impacts.
“Il s’agit souvent de reconnaître que ces messages sont véhiculés par de grands secteurs industriels parfois lucratifs,” souligne Eva Pila, professeure assistante à l’École de kinésiologie de l’Université Western. “Nous devons adopter des méthodes plus bienveillantes et empathiques dans notre rapport à nous-mêmes.”
Points importants à retenir
- La rhabdomyolyse est une condition sérieuse engendrée par un effort physique excessif.
- Les symptômes incluent une urine foncée et des douleurs musculaires.
- La majorité des cas observés concernent des jeunes femmes entre 19 et 30 ans.
- La pression sociale et les tendances sur les réseaux peuvent encourager des pratiques d’entraînement extrêmes.
- Il est conseillé de commencer les activités physiques par des exercices progressifs et adaptés.
En tant que citoyenne connectée, je ne peux m’empêcher de réfléchir à la manière dont notre rapport à l’exercice physique est façonné par nos interactions sur les réseaux sociaux. Sommes-nous en train de perdre de vue notre bien-être au profit d’une image idéalisée du fitness? Il est important de remettre en question cette dynamique et de privilégier notre santé et notre bien-être, loin des pressions extérieures.





