Publié le 25 février 2026 à 13h21
Une nouvelle étude examine l’efficacité du bicarbonate de soude de Maurten dans des conditions d’altitude et en tire des résultats globalement positifs.
Voici quelques affirmations que les scientifiques du sport jugent généralement valides :
- Lors d’un exercice intense, lorsque les muscles manquent d’oxygène, le métabolisme cherche à produire de l’énergie, ce qui rend les cellules musculaires plus acides.
- Cette acidité croissante contribue (de différentes manières encore débattues) à la fatigue musculaire.
- La consommation de bicarbonate de soude, qui est une base, aide à contrer cette acidité et à réduire la fatigue musculaire associée.
- À haute altitude, la diminution du niveau d’oxygène dans l’air signifie que les muscles deviennent acides plus rapidement, rendant l’exercice plus difficile.
Ces premières affirmations constituent les fondements de l’intérêt croissant pour le bicarbonate de soude, qui s’est imposé comme un complément de choix pour de nombreux athlètes d’endurance. Une étude récente, dirigée par Eli Spencer Shannon de l’université Edge Hill au Royaume-Uni et publiée dans le European Journal of Applied Physiology, met à l’épreuve cette hypothèse. Les résultats sont convaincants, mais avec une nuance.
Le Bicarbonate de Soude : Un Historique
Les bénéfices potentiels de performance associés au bicarbonate de soude, ou bicarbonate de sodium, sont compris et étudiés depuis près d’un demi-siècle, mais ses effets secondaires parfois imprévisibles – nausées, ballonnements, voire diarrhée – en avaient limité l’utilisation. En 2023, la société suédoise Maurten a lancé une formulation encapsulée dans des minitablettes, suspendues dans un hydrogel spécial, permettant une ingestion plus douce, minimisant ainsi les problèmes digestifs. Ces minitablettes traversent l’estomac sans être altérées, puis libèrent le bicarbonate dans l’intestin, où il peut être absorbé dans le sang. Quelques études ont montré que cette version de Maurten minimisait les désagréments gastro-intestinaux et améliorait la performance en endurance, renforçant ainsi plusieurs témoignages d’athlètes de haut niveau qui lui font confiance.
La théorie selon laquelle le bicarbonate de soude pourrait être particulièrement utile à des altitudes élevées ne sort pas de nulle part. Plusieurs recherches ont été menées à ce sujet, avec des résultats variés, souvent sur des exercices de courte durée. Cependant, un fait marquant de l’utilisation moderne du bicarbonate de soude est qu’il est adopté pour des efforts beaucoup plus longs. Des sportifs comme Kilian Jornet, célèbre ultramarathonien de montagne, en font l’éloge, tout comme certaines équipes du Tour de France. La étude de Shannon est particulièrement intéressante, car elle teste des cyclistes lors d’un essai au chrono de 40 km, soit un véritable test d’endurance.
Les Résultats de l’Étude
Shannon et ses collègues ont recruté 14 cyclistes entraînés pour réaliser trois essais de 40 km : un d’apprentissage, un avec le bicarbonate de Maurten, et un placebo identique fourni par Maurten. Tous les essais ont été effectués dans une chambre d’altitude simulant les niveaux d’oxygène à 1850 mètres d’altitude.
Les résultats montrent que le temps moyen avec le bicarbonate de soude était de 63:29, soit 1,2 % plus rapide qu’avec le placebo (64:15), une différence statistiquement significative. Pratiquement tous les participants ont obtenu des performances égales ou meilleures avec le bicarbonate, ce qui est remarquable compte tenu des risques d’effets secondaires gastro-intestinaux qui entouraient cet ingrédient. Les évaluations des symptômes gastrointestinales ont révélé peu d’incidences dans les deux groupes, sans différences significatives.
Il est important de noter que l’avantage du bicarbonate est constant tout au long de l’essai, sans se limiter uniquement à la phase finale. Une hypothèse est que cette substance pourrait aider lors de sprints et montées, mais ici, son efficacité semble uniforme sur l’ensemble de l’heure.
Cependant, faut-il conclure que le bicarbonate de soude est le nouvel élixir anti-altitude, surpassant d’autres suppléments comme les cétones ? Pas si vite. L’étude antérieure de Shannon avait révélé une amélioration de 1,4 % à altitude normale, suggérant que le bicarbonate fonctionne légèrement moins bien en altitude qu’au niveau de la mer.
Bien que les deux études ne soient pas identiques, il ressort de cette recherche que le bicarbonate de soude n’est pas seulement utile pour des efforts de courte distance, mais aussi pour des exercices d’une heure. De plus, sa nouvelle forme en suspension hydrogel semble éviter les désagréments digestifs d’antan. Ces éléments alimentent le débat dans le monde de l’endurance, et le cas en faveur du bicarbonate de soude se renforce encore.
Points importants à retenir
- Le bicarbonate de soude est reconnu pour sa capacité à diminuer l’acidité musculaire pendant l’effort.
- Il offre des bénéfices significatifs pour les athlètes d’endurance, notamment en haute altitude.
- La version encapsulée de Maurten réduit les effets secondaires digestifs habituels liés à son utilisation.
- Les études montrent une amélioration de performance sur des efforts longs, comme un chrono de 40 km.
- Il reste néanmoins des incertitudes sur son efficacité comparée à d’autres suppléments en altitude.
En conclusion, ces résultats ouvrent des perspectives intéressantes pour les athlètes, mais également pour nous, observateurs de l’évolution des pratiques dans le milieu sportif. Le bicarbonate de soude n’est pas qu’un simple complément ; il soulève des questions sur la manière dont nous envisageons l’amélioration de la performance et le bien-être des athlètes face à des défis toujours plus grands. Je suis curieuse de voir comment ces découvertes influenceront les stratégies d’entraînement et nutrition des futurs champions.





