Il est grand temps de l’admettre : le débat sur le fait de savoir si “Die Hard” est un film de Noël est totalement épuisant. Évidemment, c’est le cas. Laissons tomber cette discussion (mais pas si durement que ça). Cependant, une nouvelle controverse a émergé. Mon nouveau film préféré à Noël ? “Nosferatu” de Robert Eggers.
Écoutez bien, ce film est sorti le jour de Noël et je l’ai vu dans une salle comble ce jour-là, avec une scène où apparaît un sapin de Noël. Ça fait de lui un film de Noël, n’est-ce pas ? De plus, “Nosferatu” est un chef-d’œuvre qui va bien au-delà d’une simple ambiance festive.
Je ne dirais pas que je m’attendais à aimer “Nosferatu” en particulier, mais il était logique que cela arrive. J’adore “Dracula” et ses adaptations, le “Nosferatu” de 1922, ainsi que le “Nosferatu” de 1979, que je considère comme supérieur. J’apprécie également les récits de vampires et l’horreur gothique en général. J’ai aussi un faible pour “The Witch” de Robert Eggers et pour Willem Dafoe.
Ceci dit, j’essaie généralement d’aborder les nouveaux films avec des attentes minimales, donc j’appréhendais un peu ce film, étant donné mes grandes espérances. Heureusement, ces craintes se sont dissipées. Le film est brillant, débordant de l’attention aux détails habituelle d’Eggers et offrant une adaptation fantastique de l’histoire célèbre.
Pour ceux qui ne sont pas familiarisés, Nosferatu comme concept a vu le jour avec le film muet allemand de F. W. Murnau, “Nosferatu: A Symphony of Horror” en 1922. Ce film a été une adaptation non autorisée du roman “Dracula” de Bram Stoker publié en 1897. Malgré un plagiat manifeste qui a conduit la veuve de Stoker à poursuivre, “Nosferatu” est devenu un chef-d’œuvre populaire et influent au cinéma.
En 1979, le réalisateur Werner Herzog a réalisé un remake intitulé “Nosferatu the Vampyre”. Bien que ce soit mon favori des trois films, j’apprécie en réalité chacun d’eux.
Maintenant, entrons dans le vif du sujet concernant la version d’Eggers. “Nosferatu” de 2024 est avant tout un remake des deux films mentionnés précédemment. Cela place le film dans une position délicate, car Eggers ne peut pas trop s’éloigner des autres films sous peine de paraître infidèle, tout en devant également ne pas être trop proche des œuvres précédentes pour éviter la redondance. Eggers navigue parfaitement entre ces deux options.
“Nosferatu” n’est pas ma version préférée de “Dracula”, ni même la plus impressionnante sur le plan technique (bien qu’elle soit très proche), mais c’est de loin le film le plus efficace que j’ai vu pour capturer l’ambiance et le ton de “Dracula”. C’est un film d’horreur efficace, certes, mais c’est aussi une tragédie sombre. C’est ce qui le rend si spécial à mes yeux. Tandis que d’autres adaptations penchent vers l’horreur ou le burlesque, le dernier travail d’Eggers se concentre sur le chagrin sous-jacent au roman original.
Il serait impensable de rédiger cette critique sans évoquer Comte Orlok. Après des années passées dans des boîtes de céréales et des gags de “Scooby-Doo”, ce film redonne à ce personnage sa terreur d’antan. Bill Skarsgård l’incarne à la perfection, disparaissant totalement dans ce rôle comme aucun autre acteur avant lui. La manière dont la voix d’Orlok est intégrée à la bande sonore du film est tout simplement incroyable.
Notre point de vue
Dans un monde où l’on cherche constamment à redéfinir les classiques, la réinvention d’une œuvre mythique comme “Nosferatu” ne peut que susciter l’intérêt. Ce film, tout en respectant les bases de l’original, propose une profonde réflexion sur la souffrance humaine et le mal. À travers cette nouvelle version, Eggers parvient à capturer non seulement la peur intrinsèque liée aux vampires, mais également la mélancolie qui habite le personnage principal. Cela nous rappelle l’importance de la sensibilité et de la nuance dans les adaptations modernes, permettant aux nouveaux publics de découvrir des récits intemporels sous un jour différent.




