PortAventura World : bien plus qu’un parc d’attractions
PortAventura World ne se limite pas à être un parc d’attractions. Après plus de 30 ans d’existence, cet endroit est devenu un véritable pôle touristique qui regroupe trois parcs, des hôtels et un centre de conventions. En pleine saison, il dispose d’une immense cuisine capable de servir jusqu’à 20 000 repas par jour.
Les chiffres sont impressionnants : plus de 8 millions de repas par an, environ 5 millions de kilos d’aliments et 106 points de restauration qui vont des restaurants avec service à table aux buffets, cafés et bars à la piscine. En haute saison, près de 1 700 personnes travaillent dans la restauration, dont 600 à 700 uniquement en cuisine. Cet effectif imposant requiert une planification rigoureuse, une coordination efficace et une rapidité d’exécution, tout en offrant une diversité suffisante pour satisfaire des millions de visiteurs aux besoins variés.
“L’offre est déterminée par le client”
Qui décide ce que tant de personnes mangent ? Pour Jaume Solé, chef exécutif de la restauration de PortAventura World, la réponse est simple : « C’est le client qui décide ». Des enquêtes, des ventes et le retour d’information reçu quotidiennement permettent d’identifier ce qui fonctionne et ce qui doit être ajusté.
Les menus ne restent pas figés toute la saison. Bien qu’il existe une structure stable, des tendances et des propositions adaptées aux saisons telles qu’Halloween ou Noël sont régulièrement ajoutées. Les besoins alimentaires évoluent également : « Il y a quelques années, il était impensable d’entendre parler de produits véganes ou de la maladie cœliaque », se souvient Solé. Actuellement, l’offre comprend des options végétariennes, véganes, sans gluten et halal, ainsi que des protocoles spécifiques pour les allergies et intolérances.
Des clients de plus en plus exigeants
Le niveau d’exigence des clients a considérablement augmenté. « La société devient de plus en plus consciente des enjeux culinaires », explique-t-il. Il y a trente ans, des émissions comme ‘MasterChef’ n’existaient pas, et les chefs ne jouissaient pas d’une telle notoriété. Aujourd’hui, le consommateur connaît, compare et se fait entendre.
Solé a été témoin de cette évolution tout au long de sa carrière. Diplômé de l’École hôtelière de Cambrils et formé par Ferran Adrià à El Bulli, il s’est imaginé que rejoindre PortAventura serait synonyme de préparer des plats simples. Or, il a découvert un lieu où l’on cuisine réellement, et ce, à chaque instant.
Répondre à un tel volume impose une réflexion différente : il ne suffit pas qu’un plat soit bon, il doit être bon à chaque fois, que la cuisine serve 100 ou 400 personnes. « A tous, nous aimons faire des prouesses, mais il faut aussi se confronter à la réalité », résume-t-il.
La sécurité alimentaire avant tout
Dans cette immense cuisine, environ 250 tonnes de préparations de base sont produites chaque année, puis distribuées dans l’ensemble du complexe. Il ne s’agit pas de plats terminés, mais de bases comme une sauce boloñesa que l’on prépare en interne pour en contrôler la qualité. Une même base de poulet peut se décliner en plusieurs recettes selon la région.
La sécurité alimentaire prime sur tout le reste. Cela influence même des choix simples, comme le degré de cuisson d’un hamburger, qui est servi bien cuit pour minimiser les risques.
Des plats qui traversent les modes
Trente ans d’expérience permettent d’identifier les plats qui survivent aux tendances. Parmi eux, le chili con carne du Mexique, qui fait partie du menu depuis le début et dont la recette est régulièrement réclamée par ses fidèles. Le brownie fait maison fait également partie des incontournables.

Parmi les restaurants emblématiques du parc, La Cantina, situé dans la zone mexicaine, peut accueillir environ 900 personnes et sert environ 400 000 repas par an. Contrairement à l’idée reçue que dans un parc d’attractions on ne mange que des hamburgers, PortAventura propose également du riz au Racó de Mar, des poke bowls au Bora Bora et une variété de plats de poisson et de légumes. « La diversité de l’offre reflète celle de notre clientèle », résume Solé.
Achat local et durabilité en perspective
En 2025, 84,7 % des achats de PortAventura ont été réalisés auprès de fournisseurs nationaux, dont 58 % en Catalogne, certains partenaires du parc depuis trois décennies. Parmi ces produits figurent des huiles DOP de Siurana ou le vermouth Miró.

Solé, originaire de la région, est particulièrement fier de faire découvrir la cuisine locale, en particulier le romesco. « C’est une façon de promouvoir notre territoire et de faire connaître nos traditions culinaires. » Ce condiment peut accompagner des légumes ou être intégré dans d’autres plats selon le menu.
Gérer les volumes et éviter le gaspillage
La taille de cette cuisine pose des défis impressionnants. Solé se souvient d’une saison où la quantité de frites consommées pourrait remplir l’ancien Camp Nou. Gérer cette quantité demande une rigueur particulière en matière de prévisions. Chaque point de vente commande en fonction des ventes et des stocks et reçoit des produits quotidiennement. La cuisine centrale aide à ajuster les quantités, et les surplus peuvent être redistribués. De plus, un partenariat avec la Banque Alimentaire permet de donner des produits, tandis que d’autres surplus sont utilisés par les pompiers de Tivissa.
Selon Solé, refaire un pas en avant vers plus de durabilité, des fournisseurs engagés et des produits locaux est l’avenir. La gastronomie, dit-il, a toujours fait partie intégrante de l’expérience à PortAventura. Le véritable défi demeure de servir 8 millions de repas par an tout en préservant la simplicité d’un bon plat partagé.
Points importants à retenir
- PortAventura World allie divertissement et gastronomie avec une vaste offre alimentaire.
- Les avis des clients influencent fortement les choix culinaires proposés.
- Des options variées sont désormais mises à disposition pour répondre aux besoins alimentaires diversifiés.
- La sécurité alimentaire est la priorité numéro un dans la préparation des repas.
- Préserver la culture locale à travers la cuisine implique des ingrédients de qualité supérieure.
- Le gaspillage alimentaire est activement minimisé par des pratiques rigoureuses de gestion.
En tant que voyageuse, je ressens toujours cet éveil des sens lorsque je découvre une cuisine authentique. PortAventura World réussit à allier l’esprit d’aventure avec la richesse de la culture culinaire. Il est inspirant de constater comment un lieu peut défendre des traditions tout en s’adaptant aux évolutions contemporaines. Cela me pousse à réfléchir sur le rôle essentiel de la gastronomie dans notre société et sur la manière dont chaque plat peut raconter une histoire unique.





