Albert Steng (69 ans) et Klaus Scheffler (71 ans) ont récemment vécu une aventure mémorable. Durant 42 jours, du 24 juin au 19 août, ils ont navigué sur la Danube, parcourant environ 2410 kilomètres, depuis Kapfelberg près de Regensburg jusqu’à Sulina dans le delta du Danube. Ironiquement, leur voyage de retour s’est avéré être une aventure encore plus grande, mais sans leur bateau.
« J’ai rêvé pendant près de 30 ans de réaliser cette traversée de la Danube », confie Steng. Pendant longtemps, il a cherché un compagnon de voyage, repoussant son projet à plusieurs reprises. Cependant, en prenant sa retraite, il a décidé de concrétiser son rêve. Son ami Klaus Scheffler fut tout aussi enthousiaste à l’idée de se joindre à lui.
Les deux hommes ont navigué sur la Danube sous des températures dépassant les 30 degrés. Leur objectif : la confluence de la Danube et de la mer Noire, le fameux delta. (Photo : privé)
Un bateau à un euro
La recherche d’un bateau adéquat ne tarda pas à porter ses fruits. Lors d’une rencontre avec une association de sports nautiques à Lindau-Zech, Steng et Scheffler découvrirent qu’un vieux voilier devait être détruit. Ils l’achetèrent alors, pour la modique somme d’un euro.
Cependant, ce n’était pas sans travail. « Il a fallu le rénover, mais dans l’ensemble, il était en bon état », explique Steng. Ils ont aménagé deux couchages à l’intérieur, installé un nouveau réservoir d’essence et rangé tout ce dont ils avaient besoin pour cette longue aventure.
Le plus gros investissement fut le moteur. Ils en trouvèrent un chez un ami de Steng pour 800 euros. Le bateau était prêt à prendre le large depuis Kapfelberg le 24 juin.
« La porte vers le ciel »
Au cours de leur voyage, ils ont découvert divers sites touristiques, mais furent particulièrement fascinés par les écluses. Au total, ils ont franchi 18 écluses, garantissant que les différents niveaux d’eau de la Danube soient équilibrés, permettant ainsi aux navires de naviguer en toute sécurité malgré les déclivités.
Ils ont eu une vue imprenable sur l’abbaye de Melk à l’écluse de Melk en Autriche. (Photo : privé)
Parmi les écluses notables, celle de Melk (Autriche) et le Grand Canal du Danube (Serbie) se démarquent. La première a nécessité une longue attente, mais une fois ouverte, elle révéla une vue majestueuse. Quant au Grand Canal, il est le plus grand système d’écluses de la Danube, mesurant 310 mètres de long. C’est une section impressionnante du fleuve, selon Steng.
Des attentes décevantes en haute saison
Après 42 jours de voyage, ils atteignirent finalement le delta du Danube à Sulina. Cependant, leur arrivée ne correspondait pas tout à fait à leurs attentes. En pleine haute saison, ils ont rencontré de nombreux bateaux dans la région. Malgré cela, ils affirment qu’ils referaient ce voyage sans hésiter, même si le trajet n’a pas été exempt de défis.
La chaleur fut la principale contrainte, les températures atteignant 37 degrés au début de leur voyage. Cela les a parfois obligés à chercher un endroit frais pour dormir, loin de leur bateau.
Retour terrestre
Dès le début, ils convinrent de ne pas revenir en bateau, craignant que leur embarcation ne puisse supporter le trajet retour en raison de la force des courants et des vagues souvent violentes.
Sur place, ils ont même vendu leur bateau, un homme s’étant manifesté immédiatement après leur arrivée, concluant ainsi une transaction rapide.
Le chemin de retour fut tout aussi aventureux, avec d’abord un taxi à Tulcea, puis un train vers Constanța, et enfin un taxi jusqu’à Varna en Bulgarie. Leur séjour de quatre jours à Varna s’est vite mué en une expérience festive, bien au-delà de leurs attentes.
Points importants à retenir
- Albert Steng et Klaus Scheffler ont navigué 2410 km sur la Danube.
- Ils ont acquis leur bateau pour un euro et travaillé à sa rénovation.
- Ils ont traversé 18 écluses pendant leur voyage.
- Les températures élevées ont nécessité des adaptations lors de leur navigation.
- Ils ont décidé de ne pas revenir en bateau en raison des conditions maritimes.
- Leur retour a été ponctué de surprises et d’événements festifs.
En réfléchissant à cette aventure, je me prends à rêver de mes propres voyages. Chaque départ est une promesse d’exploration, mais il est essentiel de rester flexible et curieux. La beauté d’un itinéraire peut résider dans ses imprévus et ses découvertes inattendues. Quelles histoires puis-je encore écrire en explorant le monde ? Ce voyage a certainement éveillé en moi l’envie de découvrir toujours plus.





