Bien que l’arrivée de touristes soit souvent perçue comme une opportunité de richesse pour une localité, tout le monde ne partage pas cet avis. C’est le cas de Vlkolínec, un petit village de 17 habitants en Slovaquie, qui, depuis son inscription au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, reçoit en moyenne 100 000 visiteurs par an. Cette situation a suscité le mécontentement des résidents, qui réclament le retrait de ce titre.
Ce village pittoresque fait partie de la ville de Ružomberok et a été reconnu par l’UNESCO en 1993 grâce à l’excellent état de conservation de ses maisons de style traditionnel carpatique. D’après l’organisation, ce lieu dispose de “45 bâtiments en très bon état”, représentant ainsi le plus bel ensemble de ce type dans la région.
De nombreux touristes souhaitent donc inclure ce village dans leur itinéraire à travers la Slovaquie. Le flux de visiteurs a toutefois causé d’importantes nuisances pour ses habitants, qui constatent avec regret que, depuis que leur village est devenu une destination touristique, leur tranquillité a disparu. Ce phénomène n’est pas isolé et fait écho à des manifestations similaires observées dans d’autres pays, comme en Espagne en 2025.
Les habitants de Vlkolínec réclament le retrait de la liste de l’UNESCO
Anton Sabucha, résident de 68 ans, confie à un journal : “Nous ne vivons plus dans un village, mais dans une attraction touristique“. En effet, la quantité massive de visiteurs perturbe non seulement la vie quotidienne des habitants, mais transforme également le village pour satisfaire les attentes des touristes. Certaines activités proposées s’éloignent ainsi des traditions qui font la richesse de Vlkolínec.
Cette situation entraîne également une perte de l’intimité des habitants, avec de nombreux visiteurs se rapprochant excessivement des maisons. Pour y remédier, certains mettent en place des panneaux indiquant “Interdit d’entrer”, “Propriété privée” ou “Interdit de photographier”. Pourtant, malgré ces efforts, la préservation de l’authenticité de la localité est menacée, poussant plusieurs habitants, dont M. Sabucha, à demander le retrait du statut UNESCO.
Les raisons de cette demande sont multiples, y compris le manque d’infrastructures pour gérer une telle affluence. Peter Gries, 63 ans, souligne que ni la route d’accès, ni les espaces de stationnement ou les toilettes publiques ne sont adaptés pour accueillir autant de visiteurs, ce qui conduit certains à utiliser les jardins privés des résidents.
Compensation annuelle pour les résidents
Du côté des autorités locales, le département culture et tourisme de Ružomberok dément les accusations. L’administrateur du village est à la recherche de solutions pour accueillir les touristes tout en préservant la satisfaction des habitants. Parmi les mesures envisagées se trouvent la restauration de certains bâtiments emblématiques, telle que l’église ou l’école, ainsi que l’amélioration des infrastructures telles que les sanitaires et les parkings.
En guise de compensation, chaque résident reçoit 400 euros par an. Cependant, beaucoup jugent cette somme dérisoire face aux désagréments causés, d’autant plus que les retombées économiques des touristes sont significatives. Malgré les critiques, selon certaines sources, la commission slovaque de l’UNESCO n’a pas été informée des plaintes des habitants.
Pour que leur demande soit prise en compte, il serait nécessaire que le pays déclare à l’organisation qu’il ne répond plus aux critères requis. Cela engagerait un processus d’évaluation, qui mènerait à un examen de l’état de conservation, puis à une éventuelle décision du comité concernant le retrait du village de la liste.
Points importants à retenir
- La tranquillité des habitants de Vlkolínec est fortement perturbée par le flux massif de touristes.
- Les résidents expriment le besoin de préserver leur style de vie traditionnel face aux transformations imposées par le tourisme.
- Le manque d’infrastructures adaptées complique la gestion des visiteurs.
- Un montant de compensation est versé aux résidents, souvent jugé insuffisant.
- Une demande de retrait de la liste UNESCO nécessite une déclaration formelle du pays concerné.
En tant que voyageuse, cette situation me pousse à réfléchir sur l’équilibre entre le développement touristique et le respect des communautés locales. Chaque destination a ses merveilles à offrir, mais il est essentiel de ne pas sacrifier l’âme des lieux au profit de la simple industrie touristique. La voix des habitants mérite d’être entendue dans la quête d’un tourisme durable et éthique. Qu’en pensez-vous ?





