Une équipe de chercheurs slovènes et mexicains a récemment découvert une ancienne ville maya dissimulée dans la jungle de la péninsule du Yucatán. Ces ruines, datant de la période classique tardive entre 600 et 900 après J.C., ont été nommées Minanbé, un terme maya signifiant “Il n’y a pas de chemin”, en raison de leur emplacement isolé au sein de la réserve de biosphère de Calakmul dans l’État mexicain de Campeche.
Le groupe dirigé par l’archéologue slovène Ivan Šprajc a mis au jour un temple pyramidal, des autels, des structures de type palais, des places, des canaux d’eau, ainsi qu’une pierre gravée représentant une scène de décapitation. Grâce à une technologie de scan laser aérien (LiDAR), ils estiment avoir découvert une ville s’étendant sur environ 15 hectares. À titre de comparaison, la métropole maya de Calakmul occupe une superficie de 3000 hectares.
Šprajc a souligné que, contrairement à d’autres sites visités, l’accès à Minanbé était particulièrement difficile ; cependant, ils ont été agréablement surpris de constater qu’il n’y avait aucune trace de pillage. La majorité des ruines de Minanbé remontent à la période classique tardive des Mayas, selon les informations fournies par l’institut culturel mexicain INAH.
À cette époque, la région était sous l’influence de Calakmul, qui contrôlait également temporairement la métropole voisine de Tikal au Guatemala. Le temple pyramidal de Minanbé, encore culminant à 13 mètres de hauteur, présente des caractéristiques du style Rio-Bec, comprenant un mur finement travaillé, des plaques lisses sur la façade, une escale abrupte et des éléments décoratifs en haut.
Les chercheurs espèrent déterminer si Minanbé correspond à un site mentionné dans d’anciennes sources mayas. Un texte hiéroglyphique gravé sur un autel représente un dirigeant à plumes, un pectoral et des ornements autour du cou et des bras, ainsi qu’une date de “longue comptabilité” qui pourrait correspondre au tournant du 7ème siècle, période où Calakmul atteignait son apogée. Il est possible que Minanbé, à l’instar de nombreuses autres villes mayas, ait été un principauté dépendante, chargée de soutenir les grands centres.
D’après les estimations, la population du Yucatán durant la période classique tardive se chiffrerait entre 9 et 11 millions d’habitants. Vers 700 après J.C., Tikal a réussi à se libérer de l’emprise de Calakmul, commençant à conquérir ses vassaux. Le rôle de Minanbé dans ces luttes de pouvoir demeure incertain. Les archéologues ont également découvert sur une série de monuments, dont une stèle, une figurine brandissant une sorte de couteau ou hache, représentant une décapitation, datée de 849 après J.C.
Selon l’épigraphe du projet, Octavio Esparza Olguín, il est raisonnable de penser que l’ensemble des monuments ou au moins une partie d’entre eux a été érigé à cette période, juste avant l’abandon des villes environnantes. Une stèle à Tikal atteste de la chute de sa dynastie en 869, alors que des facteurs tels que l’épuisement des ressources, la famine et les conflits contribuaient à la chute de la civilisation maya classique tardive. Ivan Šprajc suggère que la série de monuments de Minanbé pourrait également faire allusion à l’émergence de nouveaux groupes venant du nord, ce qui nécessite encore des recherches additionnelles.
Points importants à retenir
- La découverte de Minanbé met en lumière l’importance archéologique des ruines mayas encore non explorées.
- Le site pourrait fournir des informations cruciales sur les dynamiques de pouvoir entre les différentes cités mayas.
- L’absence de preuves de pillage souligne la valeur historique préservée du site.
- Les technologies avancées comme le LiDAR transforment les méthodes archéologiques traditionnelles.
- Minanbé pourrait représenter une dépendance de Calakmul, témoignant des réseaux complexes de la société maya.
En tant que voyageuse passionnée par les civilisations anciennes, je me trouve fascinée par toutes ces découvertes qui ponctuent notre histoire. Chaque ruine raconte une histoire, chaque artéfact soulève des questions sur nos ancêtres et la manière dont ils ont navigué les défis de leur époque. Cette aventure dans la jungle du Yucatán me rappelle l’importance de préserver notre patrimoine culturel et de continuer à explorer ces lieux chargés d’histoire, car chaque découverte peut offrir un aperçu précieux sur le monde qui nous entoure.





