Ostervilm : Enchères d’une île près de Rügen à Hambourg !

Ostervilm : Enchères d'une île près de Rügen à Hambourg !

C’est un vestige du passé : l’ancienne station militaire de la RDA à Ostervilm, située au sud-est de l’île de Rügen, en plein milieu de la mer Baltique, est mise en vente. L’aspect de la plateforme de 250 mètres carrés, qui se dresse dans le Greifswalder Bodden, est à la fois fascinant et inquiétant. Ses portes et fenêtres sont enfoncées, les planchers en bois s’effondrent et le bâtiment est envahi par le vert-de-gris et les déjections d’oiseaux. Entre les débris, des éléments métalliques rouillés témoignent du passage du temps. Cette île est véritablement un vestige d’une époque révolue.

Selon la Norddeutsche Grundstücksauktionen AG, cette station servait à la Volksmarine de la RDA comme station de démagnétisation. Les navires militaires y étaient traités pour éviter d’être détectés par les mines maritimes à détonation magnétique.

« Complètement isolée du continent »

« L’île n’est accessible que par voie maritime », précise Hanna Scheibeler, chargée de projet à la maison d’enchères. « En fait, nous sommes complètement coupés du continent. » Cette île artificielle a été construite en 1954 sur environ 600 pilotis, dans une profondeur d’eau d’environ dix mètres. La plateforme accueillait un logement et une salle de bain, décrits comme « spartiate mais fonctionnelle » dans le catalogue.

Après la chute de la RDA, l’île a rapidement sombré dans l’abandon malgré des propriétaires successifs. Les experts la décrivent maintenant comme « en très mauvais état ». La nature, le guano d’oiseaux et le vandalisme ont fortement dégradé l’édifice. Des fissures sont visibles, des pièces métalliques rouillées, et les fenêtres sont brisées. Des algues poussent sur les murs.

Prix de départ : 39 000 euros

Le prix de départ pour l’île est fixé à 39 000 euros. En plus de l’achat, les acheteurs peuvent également acquérir une sculpture du célèbre artiste Gerhard Benz, une cloche en céramique de plus d’une tonne qu’il a réalisée pour le festival “River Art” à Belgrade en 1995. Plusieurs intéressés ont déjà des projets pour la future utilisation de l’île : un casino, un lieu de mariage ou un bar éloigné pourraient voir le jour. Selon Scheibeler, « la créativité n’a pas de limites ici ».

Témoignage : « C’était spartiate »

Burkhard Lenz, originaire de Putbus à Rügen, a passé des décennies sur des navires de passagers dont les parcours comprenaient la station militaire. Il se souvient avoir connu de nombreux marins qui y ont travaillé à l’époque de la RDA.

« On jouait au football ensemble à Putbus », se souvient-il. « Le lien était donc assez fort, comme avec n’importe quel autre habitant ici à Lauterbach. » Chaque jour, au moins un train de bateaux gris traversait vers l’île, où les soldats restaient quelques jours ou revenaient simplement pour démagnétiser de nombreux navires, explique-t-il.

Les conditions de vie étaient rudimentaires. « Ce n’était pas grand-chose », dit Lenz, qui a mesuré l’île avec un ami au milieu des années 1990. « Il n’y avait pas d’électricité, et l’eau potable était apportée par camions. On avait juste ce qu’il fallait pour cuisiner, un radio, mais c’était vraiment spartiate. »

« Je peux imaginer que c’était très ennuyeux »

Les installations n’étaient pas conçues pour de longs séjours. En général, les soldats retournaient sur le continent le soir, sauf s’ils restaient plusieurs jours en mission. « Je peux imaginer que ça devait être ennuyeux », lâche Lenz. Peut-être qu’ils pêchaient ou jouaient aux cartes pendant les heures creuses, suppose-t-il.

Avec son ami, Lenz avait envisagé de réutiliser l’île après la chute du mur. À l’époque, il y avait une certaine euphorie et beaucoup de projets, mais ils ont finalement abandonné après plusieurs discussions avec des spécialistes.

Le prochain acquéreur devra être conscient des défis qui l’attendent, indique Lenz. Selon lui, les possibilités sont plus nombreuses qu’au début des années 1990. Réaliser le rêve d’une île pourrait devenir une réalité – du moins sur le papier.

Points importants à retenir

  • L’île d’Ostervilm avait une fonction militaire de démagnétisation pour les navires de la RDA.
  • Construit en 1954, le complexe est désormais en ruine, impacté par le temps et le vandalisme.
  • Le prix de vente minimum est de 39 000 euros, avec la possibilité d’acheter une sculpture emblématique.
  • Des projets variés émergent quant à la réutilisation potentielle de l’île (casino, lieu de mariage, bar).
  • Des témoignages évoquent des conditions de vie austères pour les soldats stationnés là-bas.

Un lieu chargé d’histoire et de mystère, cette île semble être à la croisée des chemins entre le passé et un avenir incertain. L’idée de léguer une nouvelle vie à cet endroit résonne en moi. Que deviendrait cette île si elle pouvait parler ? Quels récits pourrait-elle partager ? En tant que voyageuse, je ne peux m’empêcher d’imaginer les histoires qu’elle recèle et la place qu’elle occuperait dans nos histoires de demain.



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