Les destinations du sud de l’Europe profitent des conflits au Moyen-Orient

Les destinations du sud de l'Europe profitent des conflits au Moyen-Orient

Rafael González Ensesa, originaire de Madrid, se considère « donostiarra d’adoption ». Depuis deux ans, il dirige l’unique hôtel cinq étoiles de San Sebastián, le María Cristina, qu’il décrit comme « une véritable perle de la ville ». « C’est un symbole et un emblème de l’hôtellerie européenne », souligne-t-il.

– Quel bilan faites-vous de cette période ?

– Ces deux dernières années ont été fantastiques. La ville m’a très bien accueilli, et c’est un vrai bonheur d’y vivre. Je ne peux que dire des merveilles de cette expérience et je me considère chanceux de travailler ici.

– L’hôtel a-t-il beaucoup changé depuis votre arrivée ?

– Absolument. Nous avons lancé des projets ambitieux qui portaient leurs fruits comme l’inauguration d’une salle de sport toute neuve il y a trois mois. Nous avons entièrement rénové le salon Zubia, très utilisé pour divers événements, et un restaurant deux étoiles Michelin, l’Amelia, ouvrira bientôt. C’est une grande aventure pour le María Cristina, une vraie cerise sur le gâteau. Nous sommes impatients que la ville et nos clients en profitent, peu importe d’où ils viennent.

– Quel type de touristes séjourne dans cet hôtel ?

– Principalement des Américains, surtout depuis qu’un vol direct entre Bilbao et New York a été inaugure l’année dernière.

– Qu’est-ce que les clients américains recherchent ?

– Ce sont des personnes qui ont déjà visité Madrid ou Barcelone et qui cherchent des villes de plus petite taille où ils peuvent découvrir l’endroit en moins de temps.

– Quels sont les attraits touristiques de Donostia pour ces personnes ?

– Tout d’abord, la gastronomie, car peu d’endroits au monde offrent une telle expérience culinaire. Ensuite, il y a les plages. Se promener à La Concha jusqu’à Ondarreta est un véritable enchantement.

– Comment San Sebastián pourrait-elle s’améliorer ?

– Les connexions aériennes sont essentielles pour nous, hôteliers. Je suis un fervent défenseur de l’aéroport de Hondarribia et il est crucial de le développer avec de nouvelles liaisons. L’expérience de voyage change complètement selon que l’on arrive à Bilbao ou à Donostia. Nous avons maintenant une connexion vers Londres, ce qui est essentiel pour le marché britannique. Quand on me critique l’aéroport de Hondarribia, je rappelle à quel point il est précieux.

– Les clients américains reviennent-ils ?

– Nous avons un taux de retour élevé, car ils repartent émerveillés. C’est ce qui me rend le plus heureux. Je dis toujours à mon équipe que nous devons être des ambassadeurs de la ville et de la région, en mettant en avant tout ce qu’elle a à offrir.

– Quel est l’état actuel du tourisme en raison de l’instabilité géopolitique ?

– C’est un sujet que nous observons quotidiennement. Les personnes voyageant vers le Moyen-Orient ont diminué, tout comme celles se rendant en Asie, souvent obligées de passer par Dubaï ou Doha. Cela a poussé certains à choisir des destinations en Europe du Sud comme l’Espagne, l’Italie ou le Portugal.

– Quels sont les retours du marché asiatique ?

– Nous constatons un intérêt croissant, notamment du Japon. Les similitudes gastronomiques soulignent cet attrait.

– Et par rapport aux clients américains ?

– C’est un monde complètement différent. Il est essentiel de bien comprendre les nationalités et le profil des clients pour répondre à leurs attentes spécifiques.

– Y a-t-il beaucoup de Donostiarras dans l’hôtel ?

– Ils viennent plus qu’auparavant. Nous espérons en attirer encore davantage.

– Le brunch est-il un de vos plus grands atouts ?

– Oui, cela a été une grande initiative. Nous l’avons maintenant tous les dimanches, pour attirer non seulement les touristes, mais aussi les habitants et renforcer le lien du María Cristina avec la ville.

– Les habitants se sentent-ils expropriés dans leurs propres quartiers ?

– On peut comprendre ce sentiment, car la ville a évolué par rapport à il y a 15 ou 20 ans. Il faut cependant attirer des clients qui apportent une valeur ajoutée, car le tourisme est un moteur économique pour Donostia.

– Comment se présente l’été ?

– Les prévisions sont très positives. L’année passée a été exceptionnelle, et celle-ci s’annonce également prometteuse. La période autrefois considérée comme basse s’est réduite, et nous espérons faire disparaître complètement cette saison faible.

– Les réservations s’effectuent-elles longtemps à l’avance ?

– Les Américains réservaient autrefois plusieurs mois à l’avance, mais la pandémie a bouleversé cette dynamique. Maintenant, il y a ceux qui réservent longtemps à l’avance et ceux qui se décident à la dernière minute.

– Les logements touristiques nuisent-ils aux hôtels ?

– Les profils des clients sont différents. Nos clients ne choisissent généralement pas les logements touristiques.

– Quand vous voyagez, où aimez-vous séjourner ?

– Je préfère les hôtels, car j’apprends énormément et c’est ma passion.

– Quel est votre opinion sur la taxe de séjour ?

– Ce n’est pas à moi d’en juger, mais j’espère que cela sera bénéfique pour la ville.

– Quels défis vous attendent pour l’avenir ?

– Mon objectif est de rester à la pointe. Le luxe réside dans l’anticipation et la personnalisation du service, tout en maintenant l’essence de l’hôtel au cours de ses presque 114 ans d’histoire.

Points importants à retenir

  • Rafael González Ensesa joue un rôle clé dans l’évolution du María Cristina à San Sebastián.
  • L’importance des connexions aériennes pour le tourisme local est soulignée.
  • La gastronomie et les paysages sont des attractions majeures pour les visiteurs.
  • Le brunch du María Cristina s’ouvre aux habitants pour renforcer le lien avec la ville.
  • L’impact de la pandémie a modifié les habitudes de réservation des voyageurs.

En tant que voyageuse, je sens qu’un lieu ne se limite pas à sa beauté ou à ses attractions, mais à l’authenticité de ses habitants et à la richesse de ses échanges. La découverte d’une ville, c’est aussi celle de son âme, de ses traditions, et c’est cette essence qui transforme un simple séjour en une expérience inoubliable. La dynamique entre le local et le visiteur doit donc être pensée pour un avenir où chaque partie trouve son harmonie.



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