Aéroports européens en péril : les pénuries de carburant mettent en danger les vols

Aéroports européens en péril : les pénuries de carburant mettent en danger les vols

Les aéroports de petite taille en Europe pourraient ne pas survivre à une pénurie de carburant pour avions, provoquée par la crise au Moyen-Orient, qui entraînerait des annulations massives de liaisons, avertit le syndicat de l’industrie aéronautique.

Bien que les compagnies aériennes affirment qu’il n’y a actuellement aucun problème d’approvisionnement dans un délai normal de quatre à six semaines, la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, ainsi que la fermeture effective du détroit d’Hormuz, a doublé le prix du carburant, incitant certaines compagnies à annuler des vols.

Le Conseil des aéroports d’Europe a déclaré que les aéroports régionaux sont les plus vulnérables et risquent de faire face à une “menace existentielle” si les compagnies réduisent leur capacité et augmentent leurs tarifs. La demande sur leurs liaisons est généralement plus sensible aux prix, comme l’a montré Lufthansa qui a annulé 20 000 vols d’été opérés par sa filiale régionale, CityLine.

Olivier Jankovec, le directeur général d’ACI Europe, a ajouté que les petits aéroports n’avaient pas encore récupéré depuis la pandémie de Covid, avec un trafic toujours 30 % inférieur aux niveaux de 2019, tandis que les plus grands aéroports ont connu un rebond.

Il a déclaré : “Les niveaux actuels des prix du carburant et la perspective d’une nouvelle crise du coût de la vie signifient que de nombreux aéroports régionaux de notre continent vont probablement faire face à un choc d’offre et de demande. Pour eux, il ne s’agit rien de moins qu’une menace existentielle.”

La situation pourrait être aggravée par la pleine mise en œuvre du système d’entrée-sortie de l’UE, qui exige que tous les non-citoyens concernés soumettent désormais des informations biométriques à leur arrivée à la frontière. Le Conseil a réitéré ses appels à permettre la suspension du système si de longues files d’attente se formaient.

Cette alerte des aéroports a coïncidé avec les déclarations du directeur général de l’IATA, Willie Walsh, qui a affirmé que la crise actuelle ne freinait pas encore la demande de voyages. Il a précisé que toute pénurie de carburant toucherait d’abord l’Asie puis l’Europe, et que le rationnement “pourrait entraîner certaines annulations de vols”.

Les groupes aériens ont plaidé pour des mesures telles que l’assouplissement des créneaux horaires, accordé au Royaume-Uni, permettant d’annuler plus facilement des vols sans risquer de perdre les droits d’opérer depuis un aéroport bondé à l’avenir.

József Váradi, le directeur général de Wizz Air, la plus grande compagnie aérienne d’Europe centrale et orientale, a souligné que les exigences concernant les créneaux horaires protègent les intérêts des compagnies historiques comme Lufthansa et British Airways, plutôt que l’ensemble des compagnies aériennes.

Il a qualifié le conflit de “guerre absurde” et a exprimé ses doutes quant à la nécessité ou l’efficacité d’une intervention gouvernementale pour gérer l’approvisionnement en carburant, en ajoutant : “Peut-être que Donald Trump devrait rentrer chez lui s’il veut jouer un rôle constructif.”

Váradi a également déclaré ne pas s’attendre à des pénuries de carburant, car la hausse des prix du kérosène “offre de nombreuses possibilités de créativité”. Les navires-citernes se dirigent actuellement vers les États-Unis.

Il a noté que les réservations d’été sont maintenues, mais que les compagnies aériennes européennes pourraient faire face à un moment de vérité cet automne : “Les compagnies aériennes font faillite deux fois par an, en septembre et février. Celles avec des positions de liquidités faibles subiront une pression immense en septembre.”

Points importants à retenir

  • Les petites compagnies aériennes et les aéroports régionaux se trouvent dans une situation précaire.
  • La hausse des prix du carburant et les annulations de vols pourraient avoir des conséquences graves.
  • Une grande partie de la demande aérienne est influencée par les tarifs, rendant les voyages plus sensibles aux augmentations de prix.
  • Le système d’entrée-sortie de l’UE pourrait aggraver les files d’attente aux frontières.
  • La crise actuelle ne freine pas encore la demande, mais des fluctuations pourraient survenir.

Voyager aujourd’hui implique de naviguer à travers des incertitudes économiques et politiques. En tant que femme voyageuse, je me questionne sur l’avenir de ces petites liaisons aériennes qui souvent font le pont entre différentes cultures. Comment les décisions prises aujourd’hui façonneront-elles nos voyages de demain ? La réalité du secteur aérien nous pousse à réfléchir sur la nécessité d’un équilibre entre le développement économique et la durabilité de nos liaisons. C’est un défi collectif, et il est essentiel de rester informé et engagé.



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