Bruxelles bloque la participation d’une entreprise chinoise à l’extension du métro de Lisbonne

Bruxelles bloque la participation d'une entreprise chinoise à l’extension du métro de Lisbonne

La Commission européenne a donné son accord pour la passation du marché visant à l’extension du métro de Lisbonne. Bruxelles avait détecté la participation du constructeur de trains chinois CRRC Tangshan dans l’un des consortiums candidats, soulevant des préoccupations quant à d’éventuelles aides de l’État chinois. Cela plaçait ce consortium dans une situation injustement avantageuse, pour le moins en contradiction avec les principes de la compétition équitable, selon le point de vue du gouvernement communautaire. Finalement, le groupe d’entreprises Mota-Engil s’est engagé à substituer son partenaire asiatique par un fournisseur polonais, PESA, permettant ainsi la poursuite du processus d’attribution.

Ce décret européen sur les aides étrangères est en vigueur depuis presque trois ans, avec pour objectif de prévenir que des entreprises bénéficiant de financements publics, sans respecter les normes européennes et internationales, n’exercent une influence déloyale sur le marché unique. L’application de ce règlement touche divers secteurs, allant des acquisitions d’entreprises à la participation à des appels d’offres publics. Bien que la nationalité ne soit pas une condition d’application, il apparaît clairement que l’intention principale est de contenir les entreprises chinoises ayant reçu des soutiens financiers ou des avantages divers, notamment réglementaires.

Les subventions publiques qui altèrent le marché constituent l’une des préoccupations européennes à l’égard du régime chinois, tout comme la surcapacité dans plusieurs secteurs, tels que l’acier, les panneaux solaires ou les voitures électriques. Cela a également mené à des tensions et plusieurs actions de la part de l’Union, telles qu’une enquête sur les véhicules électriques entre 2023 et 2024, révélant que la Chine soutient ses fabricants “depuis la mine jusqu’au port”, aboutissant à des droits de douane supplémentaires sur ces importations.

Cependant, bien que cela représente un affrontement notable, il ne s’est pas appuyé sur le règlement concernant les aides étrangères, mais plutôt sur les règles de l’Organisation mondiale du commerce. Néanmoins, d’autres affaires, comme celle d’un appel d’offres en Bulgarie en 2024 pour la fourniture et l’entretien d’une vingtaine de trains, ont été traitées selon cette nouvelle réglementation, mettant en cause le constructeur chinois CRRC Qingdao Sifang Locomotive qui a finalement décidé de ne pas participer.

Dans le cas du métro de Lisbonne, le consortium Mota-Engil n’est pas contraint de retirer son offre, mais doit changer son fournisseur de trains. En se basant sur une analyse préliminaire, la Commission a ouvert une enquête approfondie le 5 novembre, soulevant des soupçons quant à des subventions reçues par CRRC Tangshan, remettant donc en question la validité de l’offre du consortium. Ces soupçons ont été confirmés, amenant Bruxelles à exiger des modifications dans la proposition initiale, là encore principalement par le biais d’un nouveau partenariat.

A présent, le processus d’attribution peut se poursuivre, et il revient au Métropolitano de Lisboa de désigner l’offre gagnante tout en assurant le respect des exigences requises. Néanmoins, la Commission souligne qu’elle veillera à ce que le consortium respectent les engagements pris.

Contrairement à la situation bulgare où aucun accord n’a été conclu suite au retrait de CRRC Qingdao Sifang Locomotive, cette fois-ci, un engagement a été validé par la Commission, qui a accepté les cautions fournies par le consortium Mota-Engil. Cela illustre l’un des résultats possibles dans le cadre du règlement européen qui prévoit également la possibilité d’interdire une opération d’entreprise ou la participation à un marché public.

Points importants à retenir

  • La Commission européenne surveille attentivement les aides publiques pour prévenir les distorsions de concurrence.
  • Le changement de fournisseur de trains a permis au consortium de poursuivre son offre pour le métro de Lisbonne.
  • Les réglementations sur les subventions étrangères ciblent particulièrement les entreprises chinoises.
  • Le cadre européen offre des possibilités de sanctions pour les pratiques déloyales.
  • Les enquêtes menées par l’UE peuvent influencer des décisions sur de grands projets d’infrastructure.

En tant que citoyenne engagée et voyageuse, je me rends compte à quel point ces enjeux liés aux aides publiques et à la concurrence internationale façonnent notre quotidien. Chaque projet, surtout ceux ayant un impact sur nos infrastructures, mérite une attention particulière afin d’assurer un équilibre juste et équitable. C’est un débat essentiel qui nous concerne tous, et je m’interroge : jusqu’où serons-nous prêts à aller pour préserver nos standards et garantir une concurrence loyale sur le marché européen ?



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