Le problème chronique de congestion à l’entrée de Barcelone, exacerbé depuis janvier en raison de la crise de Rodalies, a conduit à l’élaboration d’un plan municipal visant à analyser et reformuler les cinq grands accès à la ville. La première étape est la création d’une réplique numérique de la mobilité urbaine et métropolitaine pour chacun de ces corridors.
La ville de Barcelone a clairement affirmé que la métropole ne doit pas devenir une autoroute et continue d’avancer dans ses efforts pour humaniser ses grandes artères. Par exemple, l’entrée par la Gran Via a été transformée en plaza des Glòries, tandis que la Meridiana est peu à peu apaisée et que les deux réseaux de tramway seront reliés par la Diagonal, qui se muera en boulevard. Cette dynamique modifie la capacité d’absorption du trafic, tout comme la quantité de personnes qui entrent et sortent chaque jour de la ville.
Bien que la problématique touche également les zones environnantes, le conseil municipal a commencé à prendre des mesures pour ses accès, avec l’objectif de transférer jusqu’à 250 000 trajets quotidiens en voiture vers des modes de transport collectifs. “Nous avons la responsabilité et l’objectif de construire une ville pensée pour les personnes, garantissant le droit à la mobilité pour tous, qu’ils soient habitants ou visiteurs,” défend Laia Bonet, première adjointe à l’Urbanisme, la Mobilité et le Logement.
Les démarches ont déjà été lancées pour analyser le premier couloir d’accès, celui de Meridiana, où se croisent la C-17, la C-33 et la C-58. À travers la création d’un jumeau numérique, l’objectif est d’étudier en détail chaque pixel du trafic : les points de congestion à différents moments de la journée, l’interaction entre les voies et les modes de transport. À partir de ces données, des simulations de changements structurels seront menées pour évaluer leur impact.
Dans un délai de moins de six mois, la municipalité envisage de solliciter la création de jumeaux numériques pour analyser d’autres entrées cruciales : les Gran Via Nord, Gran Via Sud et la Diagonal. De plus, un examen minutieux du comportement de la Ronda Litoral sera effectué, cette dernière étant à l’origine d’embouteillages quotidiens qui affectent l’ensemble des accès à la ville. L’accès ferroviaire au port de Barcelone devrait, à terme, alléger le volume de poids lourds, offrant ainsi plus d’espace pour les bus.
Les jumeaux numériques et les analyses se baseront sur les récentes données de flux de mobilité de l’Ajuntament de Barcelone, collectées via des capteurs, caméras vidéo, données de téléphonie mobile et rapports des opérateurs logistiques sur les flux de marchandises, ainsi que l’Enquête sur la Mobilité en Jour Ouvré (EMEF).
L’étude de l’entrée de la Meridiana depuis le Vallès évaluera comment les transformations et les variations de voies entre Fabra i Puig et le pont de Sarajevo influent sur la capacité de la route. Jusqu’à 20 scénarios simulés selon les jours et horaires, y compris les flux de voitures, de taxis, de poids lourds et de livraison de marchandises, seront envisagés.
Chaque entrée à la ville mettra l’accent sur la création de doubles voies de bus : à droite, pour les transports urbains avec plus d’arrêts, et à gauche, pour les transports interurbains, plus directs. Au lieu de pénétrer profondément dans la ville, ces derniers doivent finir leur parcours dans les mesures attendues sur la place d’Espagne, le corridor Fabra i Puig – Sagrera et la Diagonal, garantissant un meilleur échange avec le réseau de Rodalies, le métro, les bus urbains et le tramway.
À la suite de la fin des concessions historiques des bus interurbains, la Generalitat est en train de redessiner la carte de la mobilité en Catalogne. “En tant que mairie, nous voulons avoir une vision claire de la mobilité qui doit entrer à Barcelone. Nous devons être en mesure de proposer des solutions et d’œuvrer ensemble avec toutes les administrations,” souligne Bonet.
L’analyse des couloirs nous permettra également de déterminer s’il est nécessaire d’accroître les lignes de bus vers certains municipalités pour répondre à une demande particulièrement importante, de renforcer certains liens entre les systèmes de transport ou d’avancer les heures de pointe des lignes ferroviaires.
D’ici mi-2027, les conclusions des études de tous les corridors seront attendues, fournissant des éclairages sur leur interaction. Toutefois, l’analyse ne s’arrêtera pas là. Les jumeaux numériques permettront d’introduire de nouvelles variations et de réaliser de nouvelles simulations, reflétant ainsi l’évolution continue de la mobilité dans la ville.
Points importants à retenir
- La création d’une réplique numérique pour étudier la mobilité des accès à Barcelone.
- L’objectif de transférer 250 000 trajets quotidiens en voiture vers des modes collectifs.
- Des jumeaux numériques seront développés pour plusieurs grands corridors de la ville.
- Un accent particulier sera mis sur la création de doubles voies de bus pour améliorer le transport public.
- Le projet devrait être prêt pour des conclusions d’ici mi-2027, en continuant d’évoluer régulièrement.
La question de la mobilité urbaine me passionne profondément. En tant que voyageuse engagée, je me demande quelle sera l’impact de ces transformations sur le rythme de vie des Barcelonais et des visiteurs. Est-ce que cette approche ambitieuse en matière de transport pourra réellement concilier fluidité et humanisation de l’espace urbain ? J’attends avec impatience de voir comment ces innovations métamorphoseront l’expérience de chacun et favoriseront une ville encore plus accueillante pour tous.





