Huissiers montent à bord d’un vol Ryanair après un refus d’indemnisation pour retard

Huissiers montent à bord d'un vol Ryanair après un refus d'indemnisation pour retard

Des huissiers ont procédé à l’immobilisation d’un avion de Ryanair après que la compagnie ait refusé de verser une indemnité à une passagère suite à un retard de vol.

Les autorités autrichiennes ont agi après que la compagnie aérienne a ignoré une décision de justice condamnant Ryanair à verser 890 euros (742 livres) à une femme dont le vol a été retardé il y a deux ans.

Un huissier est monté à bord de l’appareil, à destination de Londres, alors qu’il était stationné à l’aéroport de Linz, lundi. Il a apposé un avis de saisie sur la cabine, la compagnie n’ayant pas pu régler la dette.

Cet avis, souvent appelé « autocollant coucou », permet à la justice d’exercer un contrôle légal sur l’avion, qui peut continuer à opérer sous certaines conditions. Si la dette n’est pas réglée dans un délai imparti, le tribunal peut ordonner la vente aux enchères de l’appareil, un Boeing 737.

Le litige a débuté en 2024, lorsqu’un vol de Linz vers l’île espagnole de Majorque a subi un retard de 13 heures. Une passagère, contrainte de payer un vol alternatif, a demandé le remboursement de ses frais ainsi qu’une indemnisation conformément à la réglementation aérienne.

Ryanair n’ayant pas payé, la passagère a porté son cas devant le tribunal, qui a ordonné à la compagnie de lui verser la somme réclamée, ainsi que des intérêts et des frais juridiques. Face à l’inaction de Ryanair, elle a demandé aux autorités autrichiennes d’agir.

Un porte-parole de l’aéroport de Linz a déclaré : « Nous avons été informés qu’une réclamation concernant Ryanair était en cours au tribunal et qu’un huissier avait été mandaté par le tribunal de district de Traun pour procéder à un acte officiel. Nous avons accompagné l’huissier à l’avion, où il a rempli ses obligations. »

L’huissier a demandé à l’équipage de remettre les 890 euros, mais comme Ryanair propose des vols sans espèces, ils n’ont pas pu se conformer, entraînant l’apposition de l’avis de saisie sur le mur de la cabine. Le vol a ensuite décollé pour Londres.

Un avocat représentant la passagère a déclaré aux médias qu’elle avait l’intention de poursuivre les démarches judiciaires jusqu’à ce que la dette soit réglée.

Ryanair a nié que l’avion ait été saisi, tout en refusant de commenter sur la mise en place de l’avis ou sur le paiement de la dette.

Les groupes de défense des droits des passagers critiquent les compagnies aériennes low-cost pour leur incapacité à indemniser les voyageurs dont les vols sont annulés ou retardés. Selon la réglementation de la Commission européenne, les passagers ont droit à 600 euros chacun en cas de retard de trois heures ou plus.

Récemment, un article a rapporté que Ryanair avait également refusé d’indemniser un passager dont l’avion avait été dérouté, affirmant qu’il était arrivé à destination sur un vol fantôme. Cependant, après que le journal ait pris contact, la compagnie a remboursé le coût du vol et a proposé de couvrir les frais d’hôtel et de transport.

Les litiges concernant des indemnités impayées entraînent rarement la saisie d’un avion. La plupart du temps, les demandeurs abandonnent ou les compagnies s’acquittent des paiements avant toute action d’exécution. En revanche, les autorités françaises ont saisi un avion de Ryanair transportant 149 passagers en 2018 après un long conflit sur des subventions illégales, ce qui a conduit Ryanair à régler une facture de 525 000 euros.

Points importants à retenir

  • Le refus de Ryanair de verser une compensation a conduit à l’intervention des huissiers en Autriche.
  • Un vol retardé de 13 heures a déclenché une série de réclamations légales.
  • L’« autocollant coucou » permet à la justice de garder un contrôle sur l’avion jusqu’à paiement de la dette.
  • Les droits des passagers en Europe stipulent une indemnisation en cas de retards importants.
  • Les conflits sur les indemnisations peuvent mener à des mesures judiciaires, mais souvent, les compagnies finissent par payer.

En tant que voyageuse, je me demande combien de fois nous sommes confrontés à de telles situations sans savoir comment agir. Chaque retard ou annulation peut devenir un véritable parcours du combattant, pas juste pour obtenir compensation, mais pour défendre nos droits. Cela soulève la question : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour faire valoir nos intérêts face aux géants de l’industrie du transport ? Une réflexion qui s’applique à toutes nos expériences de voyage, n’est-ce pas?



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