La combinaison de l’ivresse, des cabines exiguës et d’un stress croissant parmi les passagers entraîne une augmentation significative des incidents de violence à bord des avions. Les experts en voyages constatent que ces comportements perturbateurs sont bien plus fréquents qu’avant la pandémie.
Helen Cleaver a vécu ces risques lors d’un vol de Stansted à Ibiza. Dans une déclaration à Which?, elle raconte qu’un groupe de fêtards ivres est devenu violent avant l’atterrissage, ce qui a entraîné une bagarre, une personne se faisant mordre à l’oreille, et les policiers espagnols intervenant à l’arrivée.
Selon Cleaver, ces hommes étaient déjà en état d’ébriété à leur arrivée dans l’avion et ont continué à recevoir de l’alcool pendant le vol. Des données de l’Autorité de l’aviation civile (CAA) révèlent que les compagnies aériennes ont signalé 390 cas graves d’intoxication, de violence ou de comportement indécent en 2019. En 2023, ce chiffre a grimpé à 1 245 et est resté au-dessus de 1 000 en 2024. Ces statistiques ne concernent que les cas les plus graves, comme les agressions sur le personnel ou les passagers maintenus à l’écart lors de détournements d’appareils, laissant supposer que le problème est encore plus vaste.
À l’échelle mondiale, l’Association internationale du transport aérien (IATA) a enregistré un incident perturbateur par tranche de 395 vols en 2024.

Les experts en voyages affirment que l’ivresse, l’exiguïté des cabines et le stress croissant des passagers alimentent une forte augmentation de la violence en avion.
Les membres d’équipage du cabines avancent que l’alcool est le principal déclencheur, certains anciens stewards suggérant même une interdiction totale des boissons alcoolisées pour prévenir la majorité des incidents. Néanmoins, ils soulignent que les compagnies et les aéroports bénéficient grandement des ventes d’alcool, ce qui rendra cette interdiction peu probable.
En matière d’application de cette règle, tant les passagers que les anciens membres d’équipage déplorent son incohérence. Cleaver a noté que l’équipage de cabine continuait de servir de l’alcool à des passagers visiblement ivres, un membre du personnel lui disant : “Ils peuvent devenir agressifs si nous ne le faisons pas.”
D’autres voyageurs ont décrit des groupes ivres se comportant de manière agressive dans les zones d’embarquement, sans intervention. L’alcool n’est pas le seul facteur déclencheur ; dans le contexte confiné d’un avion, des irritations mineures peuvent facilement survenir. De plus en plus de passagers signalent des tensions dues à la surpopulation et à la fatigue, avec des disputes fréquentes concernant les sièges inclinables, les accoudoirs, l’espace personnel et les enfants.
Des études établissent également un lien entre les incidents violents et les longs retards, les zones d’embarquement bondées et les vols de nuit, tandis que la réduction de l’espace des sièges exacerbe la frustration. En effet, l’espacement des sièges a diminué, passant d’environ 34 pouces en 1975 à environ 30 pouces aujourd’hui, ce qui fait que les passagers sont plus susceptibles de réagir de manière négative face à cette “ressource menacée”.

Les disputes autour des sièges inclinables, des accoudoirs et l’espace personnel sont de plus en plus fréquentes.
Les données de la CAA montrent que les incidents de “violence aérienne” atteignent leur pic en mai et juin, particulièrement en raison des enterrements de vie de jeunes hommes et femmes, bien qu’août soit le mois le plus chargé pour les voyages. Les périodes à plus haut risque sont les jeudis après-midi et les vendredis, et les vols de vacances représentent plus de 60 % des incidents perturbateurs tout en ne représentant que 35 % des vols au départ du Royaume-Uni.
Les aéroports signalent que des campagnes de sensibilisation et une application plus stricte des règles commencent à porter leurs fruits, avec une légère baisse des incidents en 2024 après un record inquiétant. Les compagnies aériennes assurent respecter des politiques de tolérance zéro, comme le précise Airlines UK, qui adopte une position ferme à cet égard.
Bien qu’easyJet déclare que son personnel peut refuser l’embarquement ou ne pas servir d’alcool, une compagnie comme Ryanair met en cause la consommation excessive d’alcool dans les terminaux des aéroports plutôt que dans l’avion, bien que les deux compagnies continuent de proposer des promotions sur les boissons.
Points importants à retenir
- Incidents de violence à bord en forte hausse par rapport à la pré-pandémie.
- Alcool souvent en cause, avec des alertes sur la consommation excessive avant et pendant les vols.
- Facteurs tels que l’espace restreint et le stress contribuent à l’augmentation des tensions.
- Sécuriser les passagers à bord pose des défis aux compagnies aériennes et aux équipes au sol.
- Les aéroports et compagnies aériennes sont appelés à renforcer les contrôles sur la consommation d’alcool.
En tant que femme voyageuse, je me sens interpellée par cette problématique. Voyager devrait être une source de plaisir, mais la montée de l’incivilité à bord des avions transforme parfois cette expérience en un véritable parcours du combattant. Est-il temps de repenser notre rapport à l’alcool en voyage, tant pour notre sécurité que pour celle des autres ? Quelles solutions pourraient être envisagées pour garantir des voyages tranquilles, où chacun peut profiter calmement de son expérience de vol ?




