Marges du Duero et du Golmayo : à la découverte de la cueva de Zampoña

Marges du Duero et du Golmayo : à la découverte de la cueva de Zampoña

Les rives du Duero et du Golmayo

Avant d’attaquer notre expédition, nous faisons un détour par la chapelle de San Saturio, située à quelques pas du parking. Érigé au XVIIe siècle en l’honneur du saint patron de la ville, cet édifice est l’un des attraits principaux de la province. Il est dit que Saturio s’installa dans l’une des grottes situées au-dessus du sanctuaire pour fuir la ville. Après trente ans d’ermitage, il observa un jour un homme nommé Prudencio tentant de traverser le fleuve à la nage. Le saint lui conseilla de renoncer à cette action dangereuse. Contre toute attente, Prudencio réussit à rejoindre l’autre rive, complètement sec. Étonné, il gravit la montagne pour demander la bénédiction du saint et solliciter de rester à ses côtés dans cette demeure atypique.

Après avoir admiré la chapelle, nous retournons sur nos pas pour gagner le viaduc de Soria. Prenant un sentier à droite, nous accédons à une passerelle de pierres, sous laquelle nous traversons prudemment le Golmayo. Après avoir laissé le Duero à notre gauche, nous poursuivons notre chemin jusqu’à la caverne de Zampoña, un des lieux les plus mystérieux de la région.

Légende Tragique

D’après les habitants, Juan Zampoña se rendit un jour avec ses amis à la recherche d’un trésor. Sans hésitation, il pénétra dans la grotte, tombant dans un gouffre où il se retrouva piégé. Ses compagnons allèrent chercher de l’aide, mais tous leurs efforts furent vains. Pendant deux jours, ils lui envoyèrent des provisions dans une panier attaché à une corde pour qu’il ne meure pas de faim. Cependant, au troisième jour, ses appels à l’aide s’éteignirent, et on le crut mort. Depuis, il se murmure que “celui qui entre dans cette grotte, ni vivant ni mort ne ressort, Juan Zampoña ici entra et ni vivant ni mort ne sortit”.

En quittant cette cavité lugubre, nous poursuivons notre chemin vers la célèbre courbe de Ballesta évoquée par Antonio Machado dans son poème, ‘Campos de Soria’. Évoquant cet écrivain talentueux, nous atteignons le belvédère de Valhondo. De là, nous contemplons le Duero dans toute sa magnificence ainsi que la grotte de la Sequilla. Après un moment d’arrêt à cet endroit, nous observons de nombreux vautours planant dans les airs.

Dernière Étape

Après ces instants de calme, nous reprenons notre aventure pour atteindre les derniers mètres. En tournant à droite, nous arrivons aux maisons de Valhondo, complètement en ruines. Rapidement, nous nous dirigeons vers Maltoso, où se trouve une source que les agriculteurs utilisent pour irriguer leurs champs. Tous ces endroits visités font partie de l’histoire de Soria, car ils figurent dans l’œuvre ‘Santero de San Saturio’ de l’historien Juan Antonio Gaya Nuño, qui retrace minutieusement la vie de la société sorienne en 1951.

Après avoir atteint ce point, nous revenons le long des rives du Duero, complétant une boucle de 7,97 kilomètres. Avant de regagner le parking où nous avons laissé notre véhicule, nous devons traverser à nouveau le Golmayo. Ce ruisseau de douze kilomètres prend sa source dans l’aquifère de la cascade La Toba. Ayant traversé une dernière fois le fleuve, nous mettons un point final à cette randonnée. Tout au long de ces kilomètres, nous avons découvert plusieurs légendes de la ville et visité certains des lieux les plus célèbres de la littérature de Soria et espagnole, inspirant des auteurs tels que Gustavo Adolfo Bécquer, Antonio Machado et Juan Antonio Gaya Nuño.

Points importants à retenir

  • La randonnée propose une immersion dans la nature et les légendes locales de Soria.
  • La chapelle de San Saturio, lieu emblématique, est un incontournable de la visite.
  • La région est riche en histoires tragiques, comme celle de Juan Zampoña, qui captivent les visiteurs.
  • Les paysages offrent de superbes panoramas, notamment au belvédère de Valhondo.
  • La boucle de 7,97 kilomètres est accessible et permet de découvrir la culture et l’histoire de la province.

En tant qu’amoureuse de la nature et de la culture, cette randonnée m’a profondément marquée. Elle nous rappelle que chaque sentier a une histoire à raconter et que ces légendes anciennes trament notre perception des lieux. Voyager, c’est aussi explorer ces récits qui enrichissent notre vécu. Mais que devons-nous conserver en mémoire de cette aventure ? Quels autres trésors se cachent dans des régions que nous n’avons pas encore explorées ? La route est longue, et chaque découverte est une invitation à l’évasion.



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