La scène aérienne européenne est en émoi. La compagnie aérienne portugaise TAP Airways envisage de rejoindre l’une des grandes alliances aériennes du Vieux Continent. La date limite pour soumettre des lettres d’intérêt est prévue pour ce samedi et Air France-KLM a déjà manifesté son intérêt pour la privatisation de TAP. D’autres acteurs majeurs, à savoir Lufthansa et International Airlines Group (IAG), montrent également un intérêt pour intégrer les activités de TAP à leurs réseaux. Bien que la concurrence soit féroce, toutes les histoires de fusions et d’acquisitions n’ont pas nécessairement entraîné une hausse significative de la valeur des entreprises sur le marché européen. Par exemple, la valeur boursière combinée d’Iberia et de British Airways est aujourd’hui huit fois supérieure à celle d’Air France-KLM.
Les conditions d’achat de TAP sont strictes, ce qui ne permet pas à toutes les compagnies aériennes de se porter acquéreurs. Un potentiel acheteur doit générer un chiffre d’affaires d’au moins 5 milliards d’euros par an sur l’une des trois dernières années. Cela ouvre la voie à Lufthansa, qui détient déjà une part dans la compagnie italienne ITA Airways. Même Turkish Airlines a récemment fait mouvement en investissant dans Air Europa.
Le marché anticipe une bataille entre IAG et Air France-KLM. La compagnie française a été la première à soumettre une offre concrète. Cependant, IAG détient un avantage stratégique pour élargir ses liaisons vers l’Amérique du Sud avec TAP, potentiellement en utilisant Lisbonne comme nouvelle base. “TAP représente un tournant majeur dans l’aviation européenne. IAG a une liaison moins développée vers le Brésil que Air France ou Lufthansa, ce qui en fait selon nous le candidat le plus probable pour cette acquisition”, analyse Alex Irving, analyste chez Bernstein.
Les principales évaluations et multiples de valorisation sont favorables à l’alliance hispano-britannique, alors qu’Air France-KLM subit une pression de la part des investisseurs. Bien que les compagnies aériennes européennes subissent toutes une chute de leur valeur ces dernières semaines, due aux craintes d’une baisse de la demande touristique aux États-Unis, IAG capitalise environ 19,6 milliards d’euros, tandis qu’Air France-KLM trouve difficilement une valorisation au-delà de 2,5 milliards d’euros. Les deux montrent donc une différence en termes de valeur boursière de 7,9 fois.
L’alliance hispano-britannique affiche un taux de remplissage de près de 88,6 %, tout comme son homologue franco-néerlandaise. Chacune possède une flotte d’environ 600 avions. Néanmoins, la taille n’est pas l’unique critère de comparaison. Les analystes privilégient d’autres indicateurs financiers, tels que le revenu par kilomètre par siège disponible (RASK).
A la fin des neuf premiers mois de l’année, Air France a enregistré un RASK de 8,8 euros, contre 8,3 euros pour IAG. Selon les prévisions de marché, collectées par FactSet, le RASK d’Air France devrait rester supérieur à celui d’IAG d’ici 2026, bien que l’écart se resserre. Un facteur de charge similaire et une capacité de sièges stables complètent l’analyse. Néanmoins, il est évident qu’Air France doit surmonter des défis financiers, ce qui justifie les recommandations de maintien pour IAG par les experts, contrairement à des conseils neutres en faveur de TAP.
Les récents rapports d’UBS, Deutsche Post, JP Morgan et Bernstein ne sont pas très positifs à l’égard d’Air France-KLM, en raison de la pression exercée par la hausse de ses coûts, qui impacte les marges. L’augmentation des redevances à l’aéroport d’Amsterdam Schiphol est un exemple récent illustrant ces difficultés, la compagnie y étant particulièrement exposée. Les experts conseillent donc un maintien de la position d’investissement.
Le marché observe de près, car Air France-KLM fait face à une pression accrue pour respecter ses objectifs de rentabilité. La concurrence pour acquérir TAP, couplée à sa participation dans SAS et sa dette élevée, complique son équilibre financier. Actuellement, le marché anticipe un ratio de dette nette sur bénéfice d’exploitation d’IAG inférieur à 1 d’ici 2026, alors qu’Air France-KLM risque de dépasser les 1,6 fois.
Les analystes sont généralement plus optimistes sur IAG, notant que sa capacité à générer des marges opérationnelles convainc le milieu. “Nous pensons que les prévisions actuelles pour 2025 sont trop conservatrices en ce qui concerne le bénéfice opérationnel, surtout grâce aux prix pouvant augmenter en raison de la demande de loisirs. Nous croyons en un potentiel d’amélioration malgré l’augmentation continue des coûts d’exploitation”, déclare Harry J. Gowers, analyste chez JP Morgan, qui recommande désormais d’acheter.
Points importants à retenir
- TAP Airlines est en quête d’un acheteur dans un marché aérien en pleine restructuration.
- Air France-KLM et IAG sont en tête de la course pour acquérir la compagnie portugaise.
- Des exigences de chiffre d’affaires strictes limitent le nombre de candidats potentiels.
- La valorisation boursière d’IAG est substantiellement supérieure à celle d’Air France-KLM.
- Les taux de remplissage des deux groupes sont similaires, bien que leur structure de coûts diffère significativement.
En tant que voyageuse passionnée, je trouve fascinant de voir comment le paysage aérien évolue. La lutte pour le contrôle de TAP évoque des interrogations sur l’avenir de l’aviation en Europe. Alors que ces grandes entreprises s’affrontent, il est essentiel de se rappeler que derrière ces chiffres et stratégies, se trouvent des histoires humaines, des rêves d’exploration, et peut-être de futures destinations encore inexplorées. Que nous réserve l’avenir aérien de l’Europe ?





