Kristy Gammon, résidente de Nouvelle-Écosse, voyageait régulièrement aux États-Unis depuis le Canada, profitant de séjours de ski à Lake Placid dans l’État de New York et assistant aux matchs de baseball des Orioles à Baltimore, une passion de son mari. Cependant, ces escapades appartiennent désormais au passé. Cette année, elle a même évité de passer par les États-Unis en se rendant en Ontario, un détour pour un trajet qui, autrement, dure 18 heures.
Depuis l’investiture de Donald Trump, cette sexagénaire, comme beaucoup de ses amis canadiens, a décidé de cesser de visiter les États-Unis en signe de protestation contre les politiques qu’ils jugent inacceptables et les mesures commerciales prises à l’encontre du Canada.
« Il y a tant de choses qui nous horrifient sur la façon dont cette administration agit sur le plan international, son comportement envers ses propres citoyens, et la manière dont elle traite ses alliés et voisins, notamment le Canada », souligne Mme Gammon.
Ce choix de ne plus se rendre chez leurs voisins du sud n’est pas un cas isolé, mais s’inscrit dans une tendance en pleine expansion.
Octobre a marqué le dixième mois consécutif de baisse du nombre de Canadiens voyageant vers les États-Unis. Selon des données publiées cette semaine par l’office des statistiques du Canada, le voyage aérien vers les États-Unis a chuté de près de 24 %, tandis que le transport routier a enregistré une baisse de plus de 30 % par rapport à l’année précédente.
Globalement, les États-Unis ont constaté une baisse de 3,2 % des dépenses internationales dans le pays, principalement due à la diminution du nombre de visiteurs canadiens, d’après l’Association américaine du voyage.
Alors que les relations entre les deux pays restent tendues, en grande partie à cause des nouveaux droits de douane instaurés par Trump, il semble que les Canadiens soient déterminés à faire la nique à leurs voisins du sud.
Points importants à retenir
- Les Canadiens ont réduit significativement leurs voyages aux États-Unis au cours des derniers mois.
- Une grande partie de cette décision est motivée par des désaccords politiques et des changements de politique commerciale.
- Les données indiquent une baisse remarquable du transport aérien et routier vers les États-Unis.
- L’impact des visiteurs canadiens sur l’économie américaine démontre la forte interdépendance entre les deux pays.
En tant que voyageuse, cette période de tensions me pousse à réfléchir sur la nature des échanges entre nos deux nations. Voyager, c’est aussi établir des ponts et partager des cultures. La fermeture des frontières mentales et physiques peut avoir des conséquences bien plus profondes. Peut-être est-il temps d’explorer d’autres horizons, de découvrir des destinations qui nous attendent, tout en n’oubliant pas nos voisins et les leçons que nous pouvons tirer de nos expériences partagées.





