Le National Trust fait face à une vive opposition de la part des résidents et des organisations patrimoniales concernant un projet visant à transformer un parc des Cotswolds en habitat humide expérimental.
Pour un coût de 200 000 £, ce plan controversé modifierait de manière significative le paysage géorgien du domaine de Sherborne.
Selon les propositions, de nouvelles zones inondées et du bois mort seraient aménagés à la place de deux lacs ornementaux actuellement présents. Cependant, les détracteurs soutiennent que cette refonte radicale équivaut à une destruction de la campagne tant appréciée qui caractérise la vallée depuis des siècles.
Plusieurs instances officielles, parmi lesquelles le Gardens Trust, le Gloucestershire Garden and Landscape Trust, ainsi que le conseil paroissial de Sherborne et l’agent senior de biodiversité du Cotswold District Council, se sont unies pour exprimer leur opposition. Elles estiment que la vision du trust représente une trahison fondamentale de son mandat de préservation.
Les changements proposés remplaceraient le cadre pastoral traditionnel par ce que les planificateurs décrivent comme une “réinvention” du paysage historique. Des résidents de longue date ont exprimé leur profond malaise face à ce qu’ils qualifient de dégradation systématique sous la gestion du National Trust.
Dawn Tremaine, 91 ans, dont la famille a géré le domaine pendant trois générations avant que le National Trust ne prenne le contrôle, a déclaré que ce déclin la mettait “mal à l’aise”. Sa fille Annabel, 57 ans, a ressenti la “beauté singulière du Broadwater lorsqu’il était correctement entretenu” et a dénoncé la “disgrâce et le travestissement” d’un manque de soins durant des décennies.
La présidente du conseil paroissial, Yvonne Blankley, s’interroge sur la façon dont une organisation dédiée à la protection du patrimoine peut “chercher activement à le changer pour toujours”. Malgré plusieurs lettres adressées à la directrice générale Hilary McGrady, elle n’a jamais reçu de réponse personnelle.
Luke Etheridge, agent senior de biodiversité du Cotswold District Council, a recommandé de refuser la demande, l’estimant insuffisante pour démontrer des gains de biodiversité réalisables. Les organisations patrimoniales soutiennent que le trust traite à tort la zone comme un marais naturel, ignorant son statut de parc historique conçu. Elles exhument des propositions urgentes en faveur d’un plan de restauration qui conserve la signification des lacs tout en s’attaquant à la siltation par un entretien continu.
Bruce Fletcher, représentant 30 propriétaires de Sherborne House, a averti que la demande “risque d’installer une dégradation à long terme plutôt que de la renverser”. Il a ajouté que la dégradation du patrimoine inclut des bâtiments en mauvais état, des murs de pierre en ruine et l’enclos de l’Old Park qui est en décomposition.
Alistair Hett, 81 ans, un vendeur agricole à la retraite, a lamenté : “Quand je suis arrivé ici, l’eau était claire et pleine d’oiseaux, de cygnes et de canards. C’était merveilleux, et maintenant il n’y a plus rien, tout est mort. Ce qui nous manque, c’est la faune.”
Le National Trust défend son approche, une porte-parole précisant que leur stratégie globale garantirait un avenir durable pour Sherborne Brook, en commençant par le creusement de fossés pour réduire l’accumulation de sédiments due aux fortes pluies.
Elle a souligné que la prochaine phase vise à ralentir l’écoulement de l’eau dans ce paysage, favorisant ainsi les habitats d’espèces telles que les rats d’eau et les loutres, tout en participant à une meilleure résilience en période de sécheresse. Simultanément, les plans respecteraient l’importance historique du paysage en maintenant des zones d’eau visible et en sauvegardant le ruisseau pour les générations à venir.
Points importants à retenir
- Le National Trust est soumis à des critiques pour son projet de transformation du domaine de Sherborne.
- Des organisations locales et des habitants expriment leur crainte d’une dégradation du patrimoine.
- Des zones marécageuses remplaceraient actuellement des lacs ornementaux, un changement jugé inacceptable par de nombreux résidents.
- Des figures importantes de la communauté soulignent l’importance de maintenir l’intégrité historique tout en abordant les enjeux environnementaux.
- Le National Trust affirme que son plan est essentiel pour un avenir durable de la biodiversité dans la région.
En tant que voyageuse passionnée, je ne peux m’empêcher de ressentir une profonde tristesse face à cette situation. J’ai toujours cru que la préservation de notre patrimoine était une responsabilité collective, un héritage à protéger pour les générations futures. Nous vivons une époque où la tension entre conservation et innovation est palpable. Bien que le changement puisse parfois être nécessaire, il est crucial de le faire avec sagesse et respect pour nos paysages historiques. Que faisons-nous des lieux où la nature et l’histoire s’entrelacent si délicatement ? La réponse à cette question pourrait déterminer le caractère même de nos paysages culturels.





