Crisis à Ceuta : les hackers ‘Jabaroot’ dévoilent des milliers de noms de l’intelligence marocaine

Crisis à Ceuta : les hackers 'Jabaroot' dévoilent des milliers de noms de l'intelligence marocaine
Militaires espagnols escortent des migrants revenant au Maroc depuis l'enclave espagnole de Ceuta.
Des militaires espagnols escortent des migrants revenus au Maroc depuis Ceuta, le samedi 1er août 2026. (Photo AP/Antonio Sempere)

Le groupe de hackers Jabaroot a tenu sa promesse en révélant des informations sensibles concernant l’Espagne. Ce lundi, ils ont divulgué les noms, numéros d’identification et fonctions de plus de 70 000 agents des services de sécurité marocains. Ils affirment que ces données attestent d’un plan officiel marocaine pour déplacer des migrants vers l’Europe, en particulier vers l’Espagne.

Jabaroot a mis la pression sur le gouvernement marocain pour qu’il présente des excuses officielles et suspende les élections législatives de septembre. Devant l’inaction des autorités, le groupe est passé à l’acte.

Dans leur communiqué, ils soulignent que les données publiées incluent des informations sur des missions de renseignement menées en Europe, notamment des activités d’espionnage et des actes de corruption. Les listes publiées comptent 70 380 noms et précisent des identifications telles que le numéro d’identité national et le numéro de fonctionnaire.

Ces données ont été analysées par le Centre National de Renseignement (CNI) espagnol, qui a reconnu que certains agents mentionnés font déjà l’objet d’enquêtes, bien que le volume des informations filtrées complique la vérification complète des noms.

La DGST, dirigée par Abdellatif Hammouchi, est ciblée par Jabaroot, qui l’accuse d’être responsable de la crise migratoire. Le groupe a publié des messages sur ses canaux, prédisant que Hammouchi serait le bouc émissaire de cette affaire.

Outre Hammouchi, le collectif suspecte des personnalités influentes, dont un conseiller royal, d’être derrière cette opération. Ils insinuent qu’une entente a pu exister entre d’autres États sur le déroulement de cette crise, tout en affirmant que le roi n’était pas informé de ces manigances.

Bien que Jabaroot n’ait pas encore prouvé toutes ses affirmations, son histoire de fuites credibles renforce sa légitimité, avec des révélations antérieures s’étant avérées justes.

Le palais royal a tenté de contrer ces fuites en remplaçant des officiers, mais cela n’a pas mis un terme à l’activité du groupe de hackers.

Le 24 août, Jabaroot a annoncé sa volonté de révéler davantage d’informations, en évoquant des documents relatifs à des affaires de surveillance de dirigeants, dont le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez. Le groupe interpelle les autorités sur l’intérêt de ces données, sans toutefois fournir de preuves concrètes à ce stade.

Points importants à retenir

  • Le groupe Jabaroot a divulgué des informations sur 70 000 agents marocains, affirmant l’existence d’un plan de migration vers l’Europe.
  • Une pression croissante a été exercée sur le gouvernement marocain pour obtenir des excuses officielles.
  • Les informations filtrées incluent des activités de renseignement et de corruption présumées.
  • Le CNI espagnol se penche sur les données, certaines identités étant déjà investiguées.
  • Les fuites de Jabaroot pourraient avoir des ramifications politiques au Maroc et en Espagne.

Avec ces révélations, on ne peut que s’interroger sur la portée de telles actions. Ce cas illustre non seulement les tensions entre l’Europe et le Maroc mais soulève également la question de la sécurité des informations dans un monde où le cyberespace devient un champ de bataille à part entière. Comment les gouvernements vont-ils réagir face à cette escalade ? La réponse pourrait bien redéfinir les frontières entre cybersécurité et politique internationale.



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