Le procès de M. Q. E., accusée d’avoir détourné 100 000 euros en espèces et plusieurs bijoux du chef d’entreprise F. J. C. après son décès, a été interrompu ce mardi après environ quatre heures et demie d’audience. La séance, qui s’est déroulée dans la salle n°5 de la Section Pénale du Tribunal de Première Instance de Saragosse, n’a pas permis de présenter toutes les preuves prévues et se poursuivra le 19 octobre. La femme fait face à des peines pouvant aller jusqu’à trois ans et demi de prison pour des faits remontant à l’automne 2023.
Ce dossier a été ouvert après que la famille ait signalé la disparition de 100 000 euros et de plusieurs bijoux que, selon l’accusation, F. J. C. avait cachés en haut d’une armoire dans sa villa située dans le quartier de Montecanal. M. Q. E., qui avait accès à la maison et avait assisté l’entrepreneur durant sa maladie, a été identifiée par un témoin comme étant présente dans le domicile le jour des funérailles, alors que la famille se rassemblait dans un établissement après l’enterrement. L’accusation soutient qu’elle est entrée sans sac et en est ressortie avec un sac blanc, tandis que la défense conteste l’existence de preuves directes prouvant ce qu’il contenait ou liant la disparition de l’argent et des bijoux à son actrice.
Un des points particulièrement mis en avant lors de l’audience ce mardi a été l’origine de ces 100 000 euros. Pendant l’instruction, un membre de la famille a précisé qu’il s’agissait des « économies d’une vie » du chef d’entreprise en faillite. Cependant, l’accusation a évoqué durant le procès qu’il s’agissait d’argent non déclaré provenant de la vente en espèces de deux biens immobiliers que le défunt aurait encaissé. Cela constitue une explication plus précise sur l’origine du montant, dont l’existence et la disparition ont été remises en question tout au long de la procédure par la défense, représentée par l’avocate Carmen Sánchez Herrero.
LA DÉFENSE MANTIENT QU’IL Y AVAIT UNE RELATION SENTIMENTALE
Cette affaire s’est considérablement complexifiée ces derniers mois. Au début de l’année précédente, la défense avait demandé l’archivage du dossier, estimant qu’il existait un vide probatoire, tandis que l’enquête a continué pendant plusieurs mois avec de nouveaux témoignages, échanges de conversations WhatsApp et documents apportés par les parties. En juin 2025, le tribunal a donc acté qu’il y avait “des indices raisonnables de criminalité suffisants” pour poursuivre la procédure par voie accélérée, une décision qui ne porte pas sur la culpabilité de la prévenue mais qui a permis de faire avancer le dossier vers le procès, prévu pour ce mardi.
La défense a avancé plusieurs arguments, affirmant qu’il n’existait pas de preuve directe du vol, que d’autres personnes avaient eu accès au domicile après le décès et que la relation entre M. Q. E. et F. J. C. avait également été sentimentale, ce qui expliquerait à la fois la confiance et sa présence régulière dans la villa. De plus, elle a demandé une mesure considérée comme clé : la géolocalisation du téléphone de l’accusée durant les heures suivant les funérailles. Cette requête a été rejetée, et la question a ensuite été portée devant la Cour provinciale de Saragosse, qui a indiqué en octobre 2025 que “des bases suffisantes pour célébrer le procès” étaient présentes, précisant que ce serait lors de l’audience que les différentes versions et les preuves devraient être examinées.
Parmi les témoins ayant déposé mardi se trouve également Carmen Herrarte, cousine du défunt, ancienne conseillère municipale de Saragosse et actuellement directrice générale des PME, des travailleurs indépendants, du commerce intérieur et de la consommation au Gouvernement d’Aragon. Sa présence dans cette affaire découle d’un point spécifique, puisque c’est la défense qui, durant l’instruction, a soulevé la possibilité que F. J. C. ait pu utiliser l’argent avant son décès ou le transmettre à autrui. Le tribunal a alors décidé de la citer comme témoin et elle a témoigné en juin 2025. L’accusation l’a également incluse parmi les témoins proposés pour le procès.
PEINES JUSQU’À TROIS ANS ET DEMI DE PRISON
Les accusations présentent des requêtes différentes, la procureure exigeant deux ans et trois mois de prison pour un délit de vol aggravé et affirmant qu’il y a abus de confiance, en plus de demander 100 000 euros pour les héritiers et le montant correspondant aux bijoux disparus, qui pourrait atteindre 140 000 euros. L’accusation particulière, quant à elle, demande une peine allant jusqu’à trois ans et demi de réclusion, en sollicitant douze mois pour le délit de vol et deux ans et six mois supplémentaires pour vol aggravé, ainsi que la même somme en tant que responsabilité civile et la valeur des objets disparus.
Le dossier a été soumis à la cour de jugement au début de cette année. Avant le procès, des demandes ont été rejetées, y compris la géolocalisation du téléphone demandée par la défense et l’évaluation des bijoux, le téléphone et l’ordinateur, requis par l’accusation, jugées inappropriées à ce stade par le tribunal. Une audience de conciliation avait été envisagée, mais la défense a communiqué qu’il n’existait aucune possibilité d’accord, fixant ainsi le jugement au 22 septembre. Les auditions ont commencé ce mardi mais n’ont pu se terminer, et ce sera le 19 octobre lors de la seconde partie de l’audience que les actes restants devront être complétés, avant que le tribunal puisse décider si les faits reprochés à M. Q. E. ont été établis, elle témoignera également ce jour-là.
Points importants à retenir
- Le procès de M. Q. E. a été interrompu après quatre heures et demie d’audience et se poursuivra le 19 octobre.
- L’accusée est suspectée d’avoir détourné des fonds et des bijoux d’un ancien chef d’entreprise après son décès.
- L’origine des 100 000 euros en question reste contestée, certaines sources évoquant des ventes immobilières non déclarées.
- La défense souligne l’absence de preuves directes et l’existence d’une relation sentimentale avec la victime.
- Les peines demandées varient, allant de deux ans et trois mois à trois ans et demi de prison.
En tant qu’observatrice de cette affaire, je suis frappée par la complexité des relations humaines mêlées à des enjeux financiers. Cette situation met en lumière non seulement des dynamiques familiales délicates, mais aussi les questions éthiques et morales qui émergent lors de litiges successoraux. Quel impact cela a-t-il sur les groupes de proches ? Sommes-nous prêts à défendre nos intérêts au détriment des liens qui nous unissent ? Une réflexion qui, j’en suis certaine, vous interpelle tout autant.




